Dette: les créanciers rejettent l'offre de l'Argentine, qui refuse de la modifier

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"Non paiement de la dette, rupture avec le FMI", peut-on lire sur cette affiche dans les rues de Buenos Aires, le 22 mai 2020
"Non paiement de la dette, rupture avec le FMI", peut-on lire sur cette affiche dans les rues de Buenos Aires, le 22 mai 2020
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© AFP, JUAN MABROMATA

AFP, publié le mardi 21 juillet 2020 à 09h20

Les créanciers de l'Argentine ont rejeté la dernière offre du gouvernement afin de restructurer 66 milliards de dollars de la dette du pays et ont présenté une contre-proposition. "Impossible" de changer cette offre, a rétorqué Buenos Aires.

"L'offre de l'Argentine n'est pas suffisante par rapport à ce que les groupes de créanciers peuvent accepter", indique le texte rendu public lundi, à quelques semaines de la date limite du 4 août fixée par Buenos Aires aux détenteurs d'obligations pour accepter ou non sa proposition.

Les créanciers n'ont pas dévoilé la teneur de leur contre-proposition.

Les trois groupes (Exchange Bondholders, Ad Hoc et Argentina Creditor Committee) se sont dits confiants dans le fait qu'une "solution de consensus" pourrait être trouvée afin d'assurer une "viabilité économique future pour le peuple argentin".

Ces créanciers assurent représenter un tiers des détenteurs d'obligations émis sous législation étrangère et qui font l'objet de la restructuration en cours.

Ce pourcentage leur permet d'exercer un droit de veto sur l'offre du gouvernement du président Alberto Fernandez (centre gauche), selon les experts.

La réaction n'a pas tardé: M. Fernandez a estimé lundi "impossible de changer" la dernière offre de l'Argentine, qui représente déjà "un effort très, très grand".

"Le fait de proposer une meilleure offre mettrait déjà en péril l'avenir. Ce que je cherche, c'est que l'Argentine résolve un problème de telle sorte qu'elle n'ait pas à continuer à discuter avec les créanciers", a déclaré M. Fernandez à la télévision publique argentine.

L'Argentine souhaite régler la question de sa dette mais la balle est désormais "dans le camp des créanciers", avait estimé mercredi dernier le ministre de l'Economie Martin Guzman dans une interview.

"Dans l'offre que nous avons faite, nous avons atteint la limite de ce que l'Argentine peut faire pour prendre soin de l'économie argentine et en même temps chercher un accord avec nos créanciers", avait-il ajouté.

- "L'effort maximal" - 

"Une proposition a été faite (en avril). Nous avons vu que nous étions loin des aspirations (des créanciers), nous l'avons révisée et nous avons fait l'effort maximal, et l'offre actuelle est la dernière. J'espère qu'ils le comprennent", avait pour sa part déclaré le 14 juillet M. Fernandez.

"Nous essayons de nous rapprocher des créanciers. Nous avons déjà fait l'effort ultime", avait insisté le président.

Le gouvernement argentin a présenté le 7 juillet sa nouvelle offre de restructuration. Les discussions sur la restructuration, lancées le 20 avril, ont déjà été prolongées plusieurs fois. Elles devaient en principe s'achever le 24 juillet. Mais la limite a été repoussée au 4 août.

Cette offre s'élève à 53,5 dollars de recouvrement pour chaque tranche de 100 dollars de la valeur nominale des obligations. L'offre initiale était de 39 dollars et avait été rejetée par la majorité des créanciers. En outre, le délai de grâce est ramené de trois à un an.

Au lendemain de la présentation du gouvernement argentin, deux des trois groupes de créanciers s'étaient déclarés insatisfaits, mais avaient dit voir dans la nouvelle offre "la base d'un accord constructif".

"Nous sommes prêts à discuter de certaines modifications de l'offre qui permettent une restructuration consensuelle", avaient déclaré ces deux groupes, Ad Hoc et Exchange Bondholders, qui détiennent quelque 21 milliards de dollars de la dette argentine émise sous législation étrangère.

L'Argentine, troisième économie d'Amérique latine, a manqué le 22 avril une échéance de 500 millions de dollars liée à sa dette, avant d'entrer un mois plus tard officiellement en défaut de paiement. Malgré ce défaut, les négociations ont continué.

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