Donald Trump sanctionne la Chine, mais préserve l'accord commercial

Donald Trump sanctionne la Chine, mais préserve l'accord commercial
Guerre commerciale Etats-Unis Chine

Boursier.com, publié le dimanche 31 mai 2020 à 20h05

Le président américain a lancé la procédure visant à priver Hong Kong de son statut économique spécial, en raison de sa reprise en main politique par la Chine. Mais l'accord commercial signé en janvier entre Washington et Pékin reste en place.

Coronavirus, Hong Kong, technologies sensibles... Face à la multiplication des sujets de tension entre les Etats-Unis et la Chine, Donald Trump a annoncé vendredi soir des mesures de rétorsion contre Pékin, sans aller jusqu'à remettre en cause le vaste accord commercial signé entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales en janvier dernier.

Les marchés financiers ont été soulagés d'apprendre que cet accord dit de "Phase 1" reste d'actualité. Sa remise en cause aurait relancé la guerre commerciale entre Washington et Pékin, menaçant la reprise économique mondiale tant espérée après la pandémie de coronavirus. A Wall Street, l'indice Dow Jones a fini stable vendredi et a bondi de 3,7% sur la semaine, tandis que le Nasdaq a pris 1,29% (et +1,7% sur la semaine).

Hong Kong sera privé de son statut commercial préférentiel

Lors d'une conférence de presse depuis la Maison Blanche, Donald Trump a qualifié de "tragédie pour le peuple de Hong Kong, pour la Chine, et pour le monde entier" la reprise en main de Hong Kong par Pékin, qui a imposé jeudi une loi de sécurité nationale restreignant les libertés civiques dans ce territoire censé être autonome.

Donald Trump a annoncé qu'il allait entamer la procédure visant à priver Hong Kong de son statut économique spécial, en raison de la perte de son autonomie vis-à-vis de la Chine. "Je demande à mon administration de lancer le processus de fin des exemptions qui permettaient à Hong Kong d'avoir un traitement différent et spécial. Cela affectera la totalité des accords (avec Hong Kong), de notre traité d'extradition au contrôle des exportations des technologies à double usage et plus, avec peu d'exceptions", a précisé vendredi Donald Trump.

Ce statut préférentiel permet actuellement à Hong Kong d'être exempté des droits de douane imposés à la Chine continentale, mais aussi aux entreprises de Hong Kong d'avoir accès à des technologies sensibles américaines, dont les groupes de Chine continentale sont privés. Mercredi, le secrétaire d'Etat Mike Pompeo avait estimé que Hong Kong ne disposait plus de l'autonomie nécessaire pour bénéficier d'un traitement spécifique de la part des Etats-Unis en matière commerciale.

Etudiants et entreprises chinoises cotées à Wall Street dans le collimateur

Le président américain a aussi indiqué qu'il ferait restreindre l'accès au sol américain à "certains ressortissants chinois", notamment des étudiants. Il a aussi demandé à son administration d'enquêter sur les activités des sociétés chinoises cotées à Wall Street (elles sont environ 150). Cette déclaration intervient alors que le Congrès américain est en passe d'adopter un loi restreignant les possibilités de cotation et de levée de fonds des sociétés chinoises sur les marchés américains.

Le Sénat américain a voté le 20 mai un texte qui forcerait les entreprises chinoises à prouver qu'elles ne sont pas sous le contrôle de l'Etat et à respecter les règles comptables américaines, sous peine d'être retirées de la cote. Le texte doit encore être soumis à la chambre des représentants, dominée par les démocrates, mais qui devrait néanmoins l'approuver, selon des sources parlementaires. L'action du Congrès a été accélérée par un scandale comptable dévoilé en avril par Luckin Coffee, surnommé le Starbucks chinois".

Relations rompues avec l'OMS

Par ailleurs, Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis allaient rompre toute relation avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), en accusant la Chine d'avoir pris "le contrôle total" de cette organisation onusienne. A la mi-avril, Washington avait déjà suspendu sa contribution financière à l'OMS en l'accusant d'être trop proche de la Chine et d'avoir encouragé la "désinformation" chinoise au sujet du coronavirus.

Le président américain a déploré que l'OMS n'ait pas procédé aux réformes qu'il avait demandées au début du mois. "Parce qu'ils ont échoué à faire les réformes nécessaires et requises, nous allons mettre fin aujourd'hui à notre relation avec l'Organisation mondiale de la Santé et rediriger ces fonds vers d'autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent", a-t-il déclaré devant la presse. Il a souligné que la Chine contribuait à l'OMS à hauteur de 40 millions de dollars par an, tandis que les Etats-Unis lui apportaient 450 M$ par an.

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