Du rififi dans la truffe: la répression des fraudes sévit

Du rififi dans la truffe: la répression des fraudes sévit
Une truffe sauvage, Tuber brumale, découverte dans une serre sur le toit d'un hôtel parisien. Photo créditée du service de presse du Muséum national d'Histoire naturelle le 22 décembre 2017

AFP, publié le mardi 15 mai 2018 à 18h08

Une enquête de la répression des fraudes sur l'étiquetage des produits à base de truffes a révélé des étiquetages incomplets, des dénominations de vente trompeuses et une entente sur les prix.

"Quarante-deux produits ont été prélevés pour être analysés dans le cadre de cette enquête, visant des produits contenant des truffes, du jus de truffe ou de l'arôme de truffe. Les analyses ont mis en évidence des défauts d'étiquetage dans plus de la moitié des cas", indique la DGCCRF (direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes) mardi dans un communiqué.

Le prix du kilo de truffe s'établit entre 500 et 1.200 euros. Le chiffre d'affaires de la filière est estimé à 24 millions d'euros.

Sur ces 42 produits, 16 ne respectaient pas les règles d'étiquetage du décret relatif aux truffes, 5 n'informaient pas correctement le consommateur sur la nature de la truffe utilisée et 3 étaient déficitaires en truffe par rapport à la quantité annoncée, relève la DGCCRF.

Les enquêteurs ont adressé vingt-neuf avertissements, 6 procès-verbaux, et 17 injonctions à des opérateurs utilisant des mentions abusives du terme "truffé" ou "truffe" dans la dénomination de vente, et lorsque le pourcentage et/ou le nom usuel des truffes faisaient défaut.

La DGCCRF note également "qu'un indice d'entente entre trufficulteurs sur les prix a été relevé sur un marché et a donné suite à un avertissement".

La répression des fraudes indique qu'au delà de la volonté de certains opérateurs de frauder, deux facteurs expliquent ce taux d'infraction élevé (57%): la non prise en compte du changement d'un article intervenu en 2016 précisant les obligations d'étiquetages, et des surfaces plantées qui "restent encore nettement insuffisantes au regard de la demande".

Face à ces fraudes, "la reconnaissance de la qualité des truffes produites en France passe nécessairement par une meilleure identification du produit", assure la DGCCRF.

"Les trufficulteurs ont décidé de s'organiser, ils entreprennent une réflexion qui pourrait les conduire à élaborer un label ou une marque qui donnerait au consommateur l'assurance de distinguer ce produit de haute qualité de ses concurrents (truffes de moindre qualité ou ersatz de truffe)", poursuit-elle.

Toutes variétés confondues, le volume de la production française représentait, en 2016, 36 tonnes de truffes, produites principalement dans trois départements du Sud-est (Drôme, Vaucluse et Alpes de Haute-Provence).

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