Ecoles : une réouverture le 11 mai qui passe mal

Ecoles : une réouverture le 11 mai qui passe mal
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Boursier.com, publié le lundi 04 mai 2020 à 16h24

L'association des maires d'Ile-de-France demande de reporter la date. Devant le Sénat, Edouard Philippe a réaffirmé sa décision ce lundi.

Une distance d'un mètre entre les tables, pas de jeux pendant la récréation, des repas pris dans les classes, des salles désinfectées régulièrement... Les règles à respecter pour le déconfinement, qui doit démarrer progressivement le 11 mai, sont très lourdes pour les écoles, mais Edouard Philippe a justifié la décision du gouvernement lundi devant le Sénat.

"La fermeture des écoles est une catastrophe pour les plus vulnérables des enfants et des adolescents", a estimé le Premier ministre. "La réouverture des écoles nous semble donc une priorité, sociale et républicaine, qu'il faut concilier avec nos impératifs sanitaires".

"Là où elle peut avoir lieu, elle doit avoir lieu, si possible pour ceux des enfants qui en ont le plus besoin", a-t-il poursuivi. "Ne disons pas d'emblée que parce que cela ne serait pas possible partout, cela ne devrait avoir lieu nulle part. Chaque retour à l'école sera une bonne nouvelle".

Des établissements fermés depuis le 16 mars

Les établissements scolaires (crèches, écoles, collèges et lycées) sont fermés depuis le 16 mars en France en raison de l'épidémie de coronavirus qui a fait selon le dernier bilan 24.895 morts en France depuis le 1er mars.

L'association des maires d'Ile-de-France a demandé dimanche "solennellement" au président de la République Emmanuel Macron de reporter la date de réouverture des écoles à une date ultérieure au 11 mai. "Monsieur le Président de la République, en Île-de-France, l'Etat ne peut pas se désengager de sa responsabilité dans la réouverture des écoles le 11 mai ; et ce calendrier est, dans la plupart de nos communes, intenable et irréaliste", écrit-elle dans une lettre ouverte diffusée dimanche sur le site internet de La Tribune.

"Calendrier à marche forcée"

"La préparation du déconfinement se fait dans un calendrier à marche forcée, alors que nous n'avons pas encore toutes les informations pour préparer la population, et que les directives sont mouvantes", ajoutent les 316 maires signataires, parmi lesquels Anne Hidalgo, la maire de Paris.

"La souplesse et l'adaptation aux conditions locales sont nécessaires, et les maires souhaitent bien évidemment être associés à cette concertation (...) Mais le désengagement de l'Etat de ses responsabilités en matière éducative et sanitaire, en pleine crise et alors que l'état d'urgence va être prorogé, est inimaginable".

Peur de la responsabilité juridique

L'association des maires d'Ile-de-France demande ainsi, outre le report de la date de réouverture des écoles, de "ne pas faire reposer sur les maires la responsabilité juridique, politique et morale de la réouverture des écoles, mais de les associer dans une concertation avec le Préfet de département".

Plusieurs syndicats de l'enseignement avaient déjà dénoncé ces derniers jours une date de réouverture arbitraire, la principale organisation du primaire SNUipp-FSU regrettant qu'elle n'ait été validée par aucune autorité médicale. La publication dimanche par le ministère de l'Education nationale de la version définitive du protocole sanitaire, qui concerne notamment les entreprises et les établissements, a achevé de les inquiéter.

Règles à respecter

Le ministère recommande le port du masque pour les personnels mais ne le rend obligatoire que dans les situations où les règles de distanciation risquent de ne pas être respectées, comme pour les personnels intervenant auprès des plus jeunes ou d'élèves à besoins éducatifs particuliers. Pour les élèves, le port du masque est à proscrire dans les écoles maternelles et recommandé pour les élèves de primaire, précise le ministère.

Les salles de classe doivent par ailleurs être organisées de manière à respecter une distance d'au moins un mètre entre les tables, soit un espace de 4 mètres carrés autour de chaque élève. Ainsi, une salle de 50 mètres carrés doit permettre d'accueillir 16 personnes.

Exigences "intenables" ?

Les écoles doivent être nettoyées quotidiennement et un nettoyage approfondi des tables, chaises, équipements et matériels en contact avec des groupes d'élèves différents doit être réalisé entre chaque groupe, si possible à l'aide de lingettes désinfectantes.

Dans un communiqué diffusé dimanche soir, le syndicat Sud dénonce des "exigences intenables à mille lieues des préoccupations pédagogiques" et réclame une réouverture des établissements en septembre.

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