Economie : Jerome Powell se veut (un peu) plus rassurant

Economie : Jerome Powell se veut (un peu) plus rassurant©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 18 mai 2020 à 08h02

"Je pense qu'on verra l'économie se redresser progressivement au cours du second semestre de cette année" a déclaré le patron de la Fed...

Dans un entretien retransmis durant l'émission "60 minutes" sur la chaîne CBS, le patron de la Réserve Fédérale, Jerome Powell, a souligné la nuit dernière que les questions sanitaires restaient "centrales" pour le succès de la réouverture de l'économie américaine, appelant la population à s'entraider, en respectant la distanciation sociale, alors que les mesures de confinement sont progressivement assouplies... "Si nous sommes prudents sur la manière dont nous rouvrons l'économie afin que la population poursuive les mesures de distanciation sociale et que nous faisons ce que nous pouvons pour éviter une autre vague d'épidémie (...) alors le rétablissement pourra débuter assez vite", a-t-il expliqué...

Le chemin sera long, mais...

"Le chemin sera long dans tous les cas", a poursuivi le patron de la Fed, prévenant que les inscriptions au chômage devraient se poursuivre en juin et que certains secteurs d'activité, comme le tourisme et le divertissement, pourraient continuer de faire face à des pressions jusqu'à ce qu'un vaccin contre le coronavirus soit trouvé.

Les dégâts économiques provoqués par la crise sanitaire ont déjà été importants : Powell estime ainsi que le taux de chômage pourrait culminer à 25% avant de commercer à baisser, et que le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis pourrait se contracter de 20% en rythme annualisé sur la période avril-juin. Toutefois le patron de la Fed estime qu'une chute prolongée de cette magnitude restait "peu probable"...
"En supposant qu'il n'y aura pas de deuxième vague du coronavirus, je pense qu'on verra l'économie se redresser progressivement au cours du second semestre de cette année. Pour que l'économie retrouve pleinement son rythme de croisière, il faudra que les gens reprennent totalement confiance et il faudra peut-être attendre pour cela l'arrivée d'un vaccin", a-t-il poursuivi...

Lors d'une téléconférence organisée par le Peterson Institute for International Economics, Jerome Powell avait averti la semaine dernière que l'économie américaine pourrait connaître une "période prolongée" de croissance faible et avait promis que la banque centrale prendrait de nouvelles mesures de soutien si nécessaire tout en excluant le recours à des taux d'intérêt négatifs...

Chiffres en berne

Sur le terrain, le commerce mondial de biens est en train de se contracter à son rythme le plus rapide depuis la crise financière en 2009 en raison de la pandémie de coronavirus, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

Le trafic mondial de marchandises a ainsi reculé de 3% au premier trimestre par rapport aux trois derniers mois de 2019, puis encore de 26,9% au deuxième trimestre, selon la Cnuced. Sur un an, cela se traduit par des baisses de 3,3% et de 29% respectivement...

Quelle reprise ?

"Il y a eu des chutes de magnitude similaire en 2009 durant la crise financière mondiale, même si le déclin n'était pas aussi prononcé qu'en 2020. A cette époque, le commerce mondial avait rebondi aussi rapidement, parallèlement à la reprise économique mondiale", a dit Steve MacFeely, responsable du département statistiques de la Cnuced.

"En ce moment, la forme de la reprise n'est pas encore claire, cela dépendra de la rapidité avec laquelle les économies retrouveront une croissance positive et avec laquelle leur demande pour les biens échangés augmentera à nouveau", a-t-il ajouté...

La Cnuced a précisé que ses estimations pour le premier trimestre n'avaient cessé d'empirer depuis le 24 mars, lorsqu'elle prévoyait encore une modeste croissance des échanges d'environ 1% en valeur...

Le Japon en récession

Au Japon, l'économie a plongé en récession pour la première fois depuis quatre ans et demi, selon les données officielles publiées ce lundi par Tokyo, et pourrait connaître son plus important trou d'air depuis la 2ème guerre mondiale, alors que la crise sanitaire liée au coronavirus affecte entreprises et consommateurs. D'après les statistiques gouvernementales préliminaires, le produit intérieur brut du Japon s'est contracté au premier trimestre de 3,4% en rythme annualisé, après un déclin de 7,3% en lecture définitive sur la période octobre-décembre. Les économistes anticipaient en moyenne une contraction de 4,5% sur la période allant de janvier à mars. Il s'agit de la première récession de l'économie nippone depuis la seconde moitié de l'année 2015.

D'un trimestre sur l'autre, le PIB a reculé de 0,9% au premier trimestre, alors que le consensus ressortait à -1,2%. La consommation privée, qui représente plus de la moitié de l'économie locale, a reculé de 0,7% au premier trimestre.
Les données communiquées ce lundi montrent aussi que les dépenses en capital ont reculé de 0,5% sur la période janvier-mars, contre un consensus de -1,5%, marquant un déclin pour un deuxième trimestre consécutif. Au final, la demande intérieure a retiré 0,7 point de pourcentage à la croissance, alors que la demande extérieure a effacé 0,2 point de pourcentage.

Les analystes s'attendent à ce que l'économie japonaise se contracte de 22% au deuxième trimestre, ce qui serait un plus bas historique.
Le gouvernement a déjà annoncé un ensemble budgétaire record de 1.100 milliards de dollars, et la Banque du Japon a renforcé en avril dernier son soutien monétaire pour le deuxième mois consécutif. Shinzo Abe a promis de dévoiler d'ici la fin du mois un second budget additionnel pour l'exercice fiscal actuel débuté en avril, avec de nouvelles dépenses pour compenser les dégâts économiques de la crise sanitaire...

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