Economie : l'Insee prudemment optimiste pour la croissance en 2021

Economie : l'Insee prudemment optimiste pour la croissance en 2021©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 15 décembre 2020 à 19h10

Le PIB de la France devrait rebondir de 3% au 1er trimestre 2021, puis progresser de 2% au 2e trimestre. Malgré les incertitudes sur l'évolution de la situation sanitaire, l'acquis de croissance serait déjà de 6% à la fin juin, selon l'Insee.

Après une chute du PIB estimée à 9% en 2020, l'économie française devrait se redresser progressivement en 2021, à un rythme qui dépendra du niveau des incertitudes liées à la situation sanitaire. Selon la dernière note de conjoncture de l'Insee, publiée mardi soir, le produit intérieur brut (PIB) de la France devrait ainsi rebondir de 3% au premier trimestre 2021, puis progresser de 2% au deuxième trimestre.

Le rythme de la reprise dépendra bien sûr de l'évolution des restrictions sanitaires, mais les économistes de l'Insee sont prudemment optimistes, et estiment que le PIB du deuxième trimestre 2021 devrait se situer à "seulement" 3 points en dessous de son niveau de la fin 2019, avant la crise du Covid.

Pas à l'abri d'une bonne nouvelle en 2021 ?

Dans cette hypothèse, l'acquis de croissance pour 2021, c'est-à-dire la croissance annuelle si le PIB stagnait à partir de la fin juin, serait déjà de 6%. Or, il est probable que la disponibilité des vaccins anti-Covid 19 à partir du printemps prochain permettra de lever progressivement les mesures sanitaires et d'envisager une poursuite de l'amélioration conjoncturelle.

Si la croissance se confirmait au 2e semestre, elle pourrait donc être supérieure à 6% sur l'ensemble de l'année 2021. Elle dépasserait ainsi les prévisions faites lundi par la Banque de France, qui estimait la hausse du PIB à 5% l'année prochaine, mais aussi celles de Bercy, qui table sur un rebond de la croissance de 6% l'an prochain.

Année difficile encore en vue pour l'hébergement-restauration

L'Insee souligne cependant que le "risque d'un nouvel emballement épidémique" va continuer de peser sur les secteurs "les plus susceptibles d'être bridés" par de nouvelles restrictions... Ainsi, le secteur de l'hébergement-restauration devrait toujours afficher fin juin prochain un niveau d'activité inférieur de 10 points à ce qu'il était avant la crise du Covid.

En outre, la deuxième vague et le confinement de novembre devraient entraîner la suppression de quelque 300.000 emplois au dernier trimestre 2020, ce qui est susceptible de peser sur la reprise.

Le pouvoir d'achat a résisté en 2020 grâce aux aides du gouvernement

Malgré les effets dévastateurs sur certains secteurs (transports, hôtellerie, restauration, tourisme...), l'Insee note qu'en moyenne, le pouvoir d'achat des Français a bien résisté cette année, notamment grâce à l'amortisseur des mesures de soutien des finances publiques.

L'Insee s'attend ainsi à un recul du pouvoir d'achat de seulement 0,9% par unité de consommation alors que l'activité globale devrait chuter dix fois plus, de 9% en 2020. Les Français les plus aisés, empêchés de consommer plusieurs mois cette année, ont épargné pendant cette crise.

200 MdsE de surcroît d'épargne attendu sur 2 ans !

La Banque de France a estimé que les ménages mettraient de côté 130 milliards d'euros en 2020, puis encore 70 Mds$ en 2021 face aux craintes sanitaires et aux mesures de restrictions, soit un surcroît d'épargne de 200 MdsE en deux ans.

Cette réserve de croissance significative permet d'envisager des révisions à la hausse des prévisions de croissance dans les prochains mois, à condition que la situation sanitaire évolue dans la bonne direction.

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