EDF prévient que les négociations Paris-Bruxelles sur sa réorganisation pourraient ne pas aboutir

Chargement en cours
Près de la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace, le 6 décembre 2019
Près de la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace, le 6 décembre 2019
1/2
© AFP, SEBASTIEN BOZON
A lire aussi

AFP, publié le mercredi 12 mai 2021 à 10h27

Les discussions entre la France et Bruxelles sur la réorganisation d'EDF pourraient ne pas aboutir, a prévenu mercredi le géant français de l'énergie, alors que Paris a durci sa position et continue de juger "non négociable" le maintien d'un groupe intégré.

Les discussions entre la France et Bruxelles sur la réorganisation d'EDF pourraient ne pas aboutir, a prévenu mercredi le géant français de l'énergie, alors que Paris a durci sa position et continue de juger "non négociable" le maintien d'un groupe intégré.

Cette déclaration mercredi d'EDF, détenu à 84% par l'Etat français, intervient deux jours après une rencontre entre le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager.

Initialement baptisé "Hercule", ce projet désormais renommé "Grand EDF" vise à réorganiser le groupe en trois entités pour lui donner plus de moyens et lui permettre de se développer dans les renouvelables, tout en assurant de lourds investissements dans le nucléaire.

Un point d'achoppement majeur entre Bruxelles et Paris reste le degré de relation entre ces futures entités.

Le gouvernement français insiste sur le fait qu'EDF doit rester intégré, avec une stratégie unique et des flux financiers entre les différentes activités, tandis que la Commission exige des "murailles de Chine" et donc une mise en concurrence de ces activités.

Mardi déjà, Bercy avait indiqué que ces négociations "restaient difficiles. Il y a des avancées, mais notre ligne rouge est claire et n'est pas négociable, c'est le maintien d'un groupe intégré", avait précisé le ministère à des journalistes.

Evoquant mercredi ces discussions, EDF a indiqué qu'"il n'y a pas de certitude quant à leur calendrier ni quant à leur aboutissement", dans un communiqué à l'occasion de la publication de ses résultats trimestriels.

Mercredi matin vers 10H (08H GMT), le titre EDF prenait 1,51%, à 11,42 euros dans un marché stable.

"A ce jour, rien n'a été encore finalisé", a précisé le directeur financier du groupe Xavier Girre, lors d'une conférence téléphonique avec les analystes.

"Il y a trois points-clés: le prix de l'Arenh (dispositif par lequel EDF vend une partie de son électricité nucléaire à ses concurrents, NDLR), la base légale (du futur groupe) et l'organisation. Les discussions se poursuivent, elles restent difficiles. Il n'y a pas de certitude concernant le calendrier et l'issue des discussions. Je ne suis pas en mesure d'en dire plus aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Avec sa nouvelle mouture "Grand EDF", le gouvernement français a en effet durci sa position vis-à-vis de Bruxelles, considérant désormais caduc le projet "Hercule" qui n'offrait pas de garanties suffisantes pour assurer l'intégrité du groupe.

- Les syndicats reçus début juin par Le Maire -

Une intégrité notamment demandée par les syndicats du groupe, farouchement opposés à la réorganisation, et qui assimilaient le projet "Hercule" à un démantèlement d'EDF.

Bruno Le Maire recevra "au début du mois de juin" les syndicats du groupe, a indiqué Bercy mardi.

"Le projet du +Grand EDF+ est un projet stratégique pour la nation française, qui permet de garantir le financement de cet actif stratégique qu'est le nucléaire, et le développement rapide et massif d'EDF sur les énergies renouvelables", avait rappelé le ministère.

L'objectif est de "disposer d'une énergie décarbonée, à un tarif stable, en volume suffisant. Nous voulons tout simplement conforter cet actif dans les décennies à venir, nous voulons bâtir un grand EDF pour le 21e siècle", met en avant Bercy.

Pour le premier trimestre 2021, EDF a fait état mercredi d'un chiffre d'affaires de 21,94 milliards d'euros, en progression de 6,2% en données organiques, légèrement supérieur aux prévisions de l'agence Bloomberg qui tablait sur 21,85 milliards d'euros.

Ce chiffre d'affaires "est soutenu par l'évolution positive des indexations tarifaires en France et par de meilleures conditions de prix de l'électricité et du gaz. Les ventes bénéficient par ailleurs d'un effet climat favorable", relève EDF dans son communiqué.

Le groupe a par ailleurs réitéré ses objectifs pour 2021, dont un Ebitda (excédent brut d'exploitation) supérieur à 17 milliards d'euros.

En 2020, le groupe avait vu son bénéfice net reculer sous l'effet de la crise sanitaire, dégageant 650 millions d'euros de bénéfice net (en baisse de 87%) pour 69 milliards d'euros de chiffre d'affaires (-3,2%).

Vos réactions doivent respecter nos CGU.