Edouard Philippe a démissionné, vers un remaniement

Edouard Philippe a démissionné, vers un remaniement
11 décembre 2019

Boursier.com, publié le vendredi 03 juillet 2020 à 10h10

Un nouveau Premier ministre sera nommé dans les prochaines heures, a indiqué vendredi l'Elysée après la démission.

Le Premier ministre Edouard Philippe a présenté sa démission vendredi, au lendemain de l'annonce par Emmanuel Macron d'un remaniement de l'exécutif en vue de l'élection présidentielle de 2022.

"Edouard Philippe a remis ce jour la démission du gouvernement au président de la République, qui l'a acceptée. Il assure, avec les membres du gouvernement, le traitement des affaires courantes jusqu'à la nomination du nouveau gouvernement", déclare la présidence dans un communiqué.

Un nouveau Premier ministre sera nommé dans les prochaines heures, a indiqué vendredi l'Elysée après la démission d'Edouard Philippe. En vertu de la Constitution, le président de la République peut reconduire le maire du Havre ou choisir de le remplacer.

Une cote de popularité en hausse

Edouard Philippe, dont la cote de popularité au niveau national s'est envolée pendant l'épidémie de coronavirus, a remporté dimanche la mairie du Havre (Seine-Maritime), ville qu'il a dirigée de 2010 à 2017 avant d'être nommé à Matignon.

Dans une interview accordée jeudi à la presse régionale, Emmanuel Macron a déclaré qu'il allait s'entourer d'une "nouvelle équipe" gouvernementale pour les deux dernières années de son quinquennat, sans préciser s'il maintiendrait Edouard Philippe à la tête de l'exécutif.

Le chef de l'Etat a aussi dit s'attendre à une conjoncture économique "très dure" à la rentrée, en raison de la crise provoquée par le Covid-19, et a assuré qu'il privilégierait le dialogue social, tout en poursuivant sur la voie des réformes...

"Dessiner un nouveau chemin" pour la France

"La rentrée sera très dure, il faut nous y préparer. Il nous faut donc dessiner un nouveau chemin", a déclaré Emmanue Macron. "Le nouveau chemin, ce sont de nouveaux objectifs d'indépendance, de reconstruction, de réconciliation, et de nouvelles méthodes. Derrière, il y aura une nouvelle équipe", a-t-il ajouté.

A la question de savoir si sa relation avec Edouard Philippe est de "l'histoire ancienne", Emmanuel Macron a répondu : "Au contraire", dans une première transcription de cet entretien, mais cette version a ensuite été modifiée, et le terme "au contraire" a été retiré. Restant évasif sur ses intentions, il a salué le "travail remarquable" de son Premier ministre, et a vanté leur "relation de confiance qui est, d'un certain point de vue, unique à l'échelle de la 5e République".

Evoquant son bilan, le chef de l'Etat a affirmé : "Je crois que le cap sur lequel je me suis engagé en 2017 reste vrai". Mais il a reconnu que "j'ai ma part de maladresse". "J'ai parfois considéré qu'il fallait aller vite sur certaines réformes." Ce qui l'a amené selon lui à brusquer parfois. "J'ai parfois donné le sentiment de vouloir faire les réformes contre les gens."

Des incitations à l'emploi des jeunes

Son nouveau chemin, le chef de l'Etat "le voit autour de la reconstruction économique, sociale, environnementale et culturelle du pays. Elle commence par le Ségur de la santé, elle se poursuivra par un chantier sur le grand âge, puis sur l'accompagnement de notre jeunesse, qui a le plus souffert de la crise. C'est à elle que nous avons demandé le plus de sacrifices."

Emmanuel Macron promet notamment d'aller "beaucoup plus loin" sur la question de l'emploi des jeunes avec "des incitations financières à l'embauche et un ensemble de mesures pour ne laisser aucun jeune sans solution".

Une réforme des retraites "transformée" ?

Interrogé sur la réforme des retraites, le chef de l'Etat a considéré qu'il ne devait pas y avoir "d'abandon", tout en se disant "ouvert à ce qu'elle soit transformée". Mais "le débat autour de la durée du nombre d'années de cotisations continue à se poser. Nous devons être honnêtes avec nous-mêmes", a-t-il estimé.

"Je demanderai au gouvernement de réengager rapidement une concertation en profondeur, dans un dialogue de responsabilité. Il faut que tout cela soit mis sur la table. Je suis ouvert à ce que soit transformée", a-t-il poursuivi.

A la question de savoir si la réforme peut passer par une augmentation de la durée de cotisation, Emmanuel Macron a assuré que "cette réforme ne peut pas être reprise de manière inchangée à la sortie de crise, mais la question du nombre d'années pendant lesquelles nous cotisons demeure posée".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.