Edouard Philippe assume le vol à 350.000 euros entre Tokyo et Paris

Edouard Philippe assume le vol à 350.000 euros entre Tokyo et Paris©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 20 décembre 2017 à 15h47

Le Premier ministre a déclaré mercredi "assumer complètement" le choix controversé d'avoir affrété pour 350.000 euros un avion privé afin de gagner en temps et en confort pour son retour à Paris après une visite officielle en Nouvelle-Calédonie. Invité de RTL, Edouard Philippe a néanmoins admis qu'il comprenait la "surprise" et les "interrogations" des Français alors qu'Emmanuel Macron a fait de la transparence et de la réduction du train de vie de l'Etat l'un des axes de son mandat.

L'association anticorruption Anticor rappelle dans un communiqué que le Premier ministre a émis en mai dernier une circulaire "relative à une méthode de travail gouvernemental exemplaire". Elle "demande l'application de cette circulaire, surtout par celui qui l'a signée. Le président de la République serait dans son rôle en exigeant la même chose."

Des sommes "impressionnantes"

"Je reconnais que les sommes, dès qu'on parle des déplacements du Premier ministre ou du président, sont toujours impressionnantes", a souligné Edouard Philippe sur RTL, avant de longuement justifier un choix, révélé par l'AFP, présenté comme finalement économe.

Venu en vol commercial de Paris à Tokyo, puis de Tokyo à Nouméa sur un A340 de l'armée de l'air "qui n'est pas conçu pour des vols long courrier", Edouard Philippe a effectué un vol retour Nouméa-Tokyo sur ce même appareil avant de monter à Tokyo avec sa délégation dans un A340 d'un confort nettement supérieur loué à une entreprise privée.

L'avion s'est posé le 6 décembre à l'aéroport d'Orly à 07h30 alors que l'A340 de l'armée s'est posé deux heures plus tard à Roissy "quasiment à vide", selon l'AFP. "On était un peu plus de 50 dans la délégation, il y avait des ministres, des conseillers, un certain nombre d'officiers de sécurité qui assurent la protection du Premier ministre et des ministres qui étaient présents", a précisé Edouard Philippe pour justifier le montant de la location. "Ça coûte redoutablement cher et j'en suis parfaitement conscient."

Limiter les frais

"On savait qu'il n'y avait pas de vol commercial à l'heure où on allait rentrer et on savait qu'il fallait rentrer pour un élément impératif qui est que le président de la République, lui, partait le mercredi matin en Algérie", a-t-il expliqué, rappelant que la règle veut que si possible le Premier ministre ou le président de la République soit sur le territoire national.

Le Premier ministre a assuré qu'il s'efforçait depuis sa nomination à Matignon "de limiter au maximum les frais". "Le voyage de Nouvelle-Calédonie (...) a coûté beaucoup plus cher que ces 350.000 euros, mais il a coûté nettement moins cher, 30% moins cher, que le voyage identique de mon prédécesseur (Manuel Valls-NDLR) en Nouvelle-Calédonie" en 2016, a-t-il fait valoir.

Mais l'entourage de l'ancien Premier ministre s'est défendu auprès de Reuters, en indiquant que cette visite de trois jours en Nouvelle-Calédonie, en avril-mai 2016, n'était qu'une étape d'une tournée dans le Pacifique Sud qui l'avait mené également en Nouvelle-Zélande et en Australie, et que les coûts n'étaient donc pas comparables.

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