Edouard Philippe veut rassurer la filière viticole

Edouard Philippe veut rassurer la filière viticole©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 16 février 2018 à 10h28

Edouard Philippe accorde une "place particulière" au vin dans la culture et l'agriculture française... De quoi tenter de rassurer la filière nationale actuellement sous tension après les déclarations de la ministre de la Santé et des solidarités Agnès Buzyn sur France 2  : "L'industrie du vin laisse croire aujourd'hui que le vin est différent des autres alcools... En termes de santé publique, c'est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka ou du whisky", avait expliqué début février la ministre en se prononçant pour un durcissement du message actuel de santé publique.

Lors des questions au gouvernement, la sénatrice de la Gironde Nathalie Delattre a dénoncé cette semaine la tentation du gouvernement d'évoluer "d'une politique de prévention des risques vers une politique de prévention de toute consommation d'alcool".

Avec modération

Le Premier ministre Edouard Philippe a donc voulu délivrer un message d'apaisement, assurant que "tout le monde ici accepte qu'il faille boire le vin avec modération". "Comme le président de la République, comme vous manifestement, comme des millions de Français, j'aime le vin", a-t-il dit... "D'où tirez-vous que ce gouvernement aurait pris des mesures défavorables aux viticulteurs et à la culture du vin ?", s'est-il interrogé.

"Nous allons regarder le problème en face, et nous allons à la fois respecter cette place particulière à laquelle nous sommes tous attachés, du vin dans la culture et dans l'agriculture française, mais nous n'allons pas faire semblant qu'il n'y aurait pas de problème de santé publique", a-t-il poursuivi... "Il y aurait quelque chose de profondément irresponsable à ne pas voir les deux faces de la même pièce."

Plan de prévention

L'organe de représentation de la filière viticole, "Vin & Société", travaille en parallèle à la demande du chef de l'Etat à l'élaboration d'un plan de prévention d'ici la fin du printemps, tandis que le secteur affiche des résultats plutôt flatteurs : le chiffre d'affaires des exportations de vins et spiritueux a en effet bondi de 8,5% en 2017 pour atteindre 12,9 milliards d'euros.

"Cette performance consolide la place du secteur au rang de second excédent commercial de la France (11,5 milliards euros)", s'est dernièrement félicité la Fédération des exportateurs de vins & spiritueux de France (FEVS). En volume, les exportations ont repris des couleurs et flirtent avec les 200 millions de caisses (+5%).

145 millions de caisses

Du côté des vins, le chiffre d'affaires à l'exportation a grimpé de 10% pour atteindre 8,7 milliards d'euros, et toutes les régions en profitent. Avec 145 millions de caisses, les volumes exportés retrouvent les chemins de la croissance (+6%).

Les spiritueux franchissent eux pour la première fois le seuil des 4 milliards d'euros (+6%), tirés par les expéditions de Cognac - supérieures à 3 milliards d'euros (+11%). Les volumes de spiritueux exportés progressent de 2,4% à 52 millions de caisses.

Les Etats-Unis sont les premiers clients

"Cette très belle performance s'inscrit dans un contexte économique mondial porteur, en dépit de la poursuite de l'appréciation de l'euro et des incertitudes géopolitiques qui ont marqué l'année 2017", a analysé la Fédération.

Les Etats-Unis restent les premiers destinataires des vins et spiritueux français, avec un rythme de croissance élevé (+10%) et une enveloppe dépassant les trois milliards d'euros. La progression est même de 50% au cours des trois dernières années. La Chine poursuit sa croissance, avec un chiffre d'affaires supérieur à 1,2 milliard d'euros, en hausse de 25% (1,7 milliard d'euro avec Hong-Kong). "Cette dynamique confirme l'orientation du marché chinois vers un mix produits plus équilibré, également porté par l'essor des classes moyennes et l'urbanisation de la population", a encore expliqué la FEVS.

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