Elections professionnelles chez Air France après 4 ans de turbulences

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Le siège d'Air France-KLM à l'aéroport de Roissy, le 6 août 2018
Le siège d'Air France-KLM à l'aéroport de Roissy, le 6 août 2018
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© AFP, JOEL SAGET

AFP, publié le dimanche 17 février 2019 à 10h27

Les 45.000 salariés d'Air France sont appelés à voter à partir de lundi pour leurs représentants et à dresser le bilan de quatre années houleuses marquées par des négociations salariales difficiles, plusieurs grèves et le départ de deux patrons.

Pour la première fois, ces élections professionnelles se feront à travers un vote électronique, qui sera clos le 11 mars à 14H00. 

Plusieurs syndicats s'en inquiètent, à l'instar de la CGT-Air France, dont le co-secrétaire général Vincent Salles redoute que le vote électronique soit "préjudiciable à la participation". Cette dernière s'était élevée à 70% lors des dernières élections en 2015. Si le quorum (50% de suffrages valablement exprimés) n'est pas atteint, un second tour commencera le 25 avril.

Les syndicats de la compagnie font campagne sur leur bilan, après une année 2018 d'âpres négociations sur les salaires qui avaient débouché sur 15 jours de grève du personnel entre février et mai, coûtant 335 millions d'euros à la compagnie. 

Désavoué lors d'une consultation organisée par la direction, le patron d'Air France-KLM Jean-Marc Janaillac avait quitté l'entreprise en mai, deux ans seulement après avoir succédé à Alexandre de Juniac.

Tout droit venu d'Air Canada, Benjamin Smith a pris les commandes du groupe en septembre et s'est vite employé à résoudre le conflit social au sein de la compagnie française. En octobre, après des années de gel des grilles salariales, un accord inter-catégoriel a été signé pour tout le personnel d'Air France, comprenant une hausse générale de 2% pour 2018 et 2% pour 2019. 

Des accords catégoriels ont ensuite été conclus avec les personnels au sol et les hôtesses et stewards.

Christophe Malloggi, de FO, "espère que les salariés soutiendront les syndicats qui ont su dire non aux premières mesures d'augmentations salariales", jugées insuffisantes et ensuite améliorées par la direction.

A la CGT, Vincent Salles exhorte les salariés à choisir un "syndicat de lutte" qui a refusé de signer l'accord final sur la hausse générale des salaires.

- Les CSE, grande nouveauté -

Ces élections professionnelles ont lieu "dans un contexte particulier, après de grands mouvements de grève", souligne Marc Saladin, de l'Unsa Aérien, qui espère voir son syndicat "progresser au global et arriver dans les établissements où il n'était pas présent".

Le vote permettra de constituer des comités sociaux et économiques (CSE) -7 en tout-, créés par les ordonnances réformant le droit du travail pour remplacer les anciens comités d'entreprises (CE).

En 2015, toutes catégories confondues, la CFE-CGC alliée à l'Unac (18%) avait détrôné la CGT (14%), reléguée en quatrième position derrière FO alliée au SNPNC (16%) et derrière l'Unsa Aérien (15%). La CFDT était arrivée 5e avec 13%.

La CGT avait toutefois conservé le plus grand nombre de sièges au sein des CE.

Cette fois, "notre ambition, pour être dans la continuité, est d'être présents physiquement dans les différents CSE" pour "être encore plus près du terrain", a expliqué à l'AFP Bernard Garbiso, secrétaire général de la CFE-CGC.

- Accord pour les pilotes -

Dans le collège des hôtesses et stewards, le SNPNC et l'Unsa avaient ensemble atteint 46% lors des dernières élections, contre 22% pour l'Unac et 9% pour le SNGAF.

Chez les personnels au sol, qui constituent le gros des effectifs, la CFDT était devenue la première force syndicale (20,3%) devant la CGT (19,7%) et la CFE-CGC (18,7%).

Parmi les pilotes enfin, le syndicat majoritaire SNPL (65%) avait cédé un peu de terrain face au Spaf (21%) et le syndicat contestataire Alter avait manqué de peu la représentativité (9,85%). 

Le SNPL Air France a organisé, avec une équipe renouvelée, un référendum auprès des 4.000 pilotes de la compagnie sur un projet d'accord avec la direction. Il porte notamment sur l'équilibre entre Air France et KLM, la productivité et une augmentation salariale catégorielle d'environ 4%, a indiqué à l'AFP Guillaume Schmid, son vice-président.

Le Spaf a appelé les pilotes à voter contre, estimant qu'"il manque des choses dans l'accord", selon son président Grégoire Aplincourt.

Le résultat de cette consultation doit être connu mardi, à la veille de la publication par Air France-KLM de son bilan financier 2018.

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