Emmanuel Macron attendu de pied ferme par le monde agricole

Emmanuel Macron attendu de pied ferme par le monde agricole©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 25 janvier 2018 à 14h04

Une semaine avant la présentation du projet de loi issu des états généraux de l'alimentation, Emmanuel a présenté ses voeux ce jeudi, depuis l'Auvergne, au monde agricole. Le chef de l'Etat insiste ici sur le rôle clé de la filière qui reste sous haute tension, l'importance de maintenir les emplois et de permettre une rémunération en adéquation avec le travail rendu.

Emmanuel Macron a rendu visite pour l'occasion au groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) des Violettes, à Aurières, à une vingtaine de kilomètres de Clermont-Ferrand et prononcera dans l'après-midi un discours depuis Saint-Genès-Champanelle...

Juste prix

Premier producteur en Europe malgré les crises successives et le mal être persistant de nombreux agriculteurs, Emmanuel Macron avait estimé lors de son discours au marché de Rungis du mois d'octobre dernier que les agriculteurs ne doivent plus dépendre des aides "en nous assurant qu'ils soient rémunérés au juste prix de leur travail", le but étant de permettre "à chacune et chacun d'avoir accès à une alimentation saine, durable, sûre".

Pour y parvenir, le chef de l'Etat mise entre autres sur l'inversion de la construction des prix en partant du coût de revient de l'agriculteur, le relèvement limité et sous conditions du seuil de revente à perte et un encadrement des promotions, afin de rééquilibrer les relations commerciales entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs... Il s'est également fixé comme objectif 50% de produits "bio", locaux ou écologiques dans la restauration collective d'ici la fin du quinquennat...

"Les choses ne fonctionnent pas du tout", estime pour sa part le secrétaire général adjoint de la FNSEA, Patrick Bénézit, dans une interview accordée à "La Montagne" ... "En janvier, la situation a même empiré avec des promotions démultipliées. La preuve est malheureusement faite qu'une loi extrêmement contraignante est indispensable pour que nous puissions espérer un retour de valeur vers les producteurs."

Points de friction

Parmi les autres points de friction, celui du glyphosate renouvelé pour 5 ans contre l'avis du gouvernement français et au grand soulagement de certains agriculteurs, n'a pas fini de faire couler de l'encre.

Par ailleurs, le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, avait brillé par son absence fin 2017 à l'occasion de la séance de clôture des Etats généraux de l'alimentation, lui qui avait insisté il y a quelques mois sur l'importance de ce rendez-vous : Or, pour le ministre, les conclusions ne sont "pas à la hauteur"...

Le compte n'y est pas

Dans un entretien accordé au Monde, Nicolas Hulot avait estimé que "le compte n'y est pas"... "Ce n'était pas pour moi le temps de conclure" ce grand rendez-vous de la filière agroalimentaire... "Ce n'est pas un psychodrame, je considère que les conclusions ne sont pas à la hauteur de la qualité du travail extraordinaire et des propositions qui ont été faites dans les ateliers. Je ne vais donc pas aller faire le beau ou aller dire dans un micro que le compte n'y est pas".

Lancés le 20 juillet dernier, ces  Etats généraux de l'alimentation réunissaient producteurs, industriels, distributeurs, associations de consommateurs et ONG environnementales, afin de revaloriser la situation des agriculteurs, de freiner la guerre des prix dans la distribution et de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs...

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