Emmanuel Macron dit "non" au retour de la taxe carbone

Emmanuel Macron dit "non" au retour de la taxe carbone©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 13 février 2019 à 19h13

Alors qu'un groupe de parlementaires appelle à rétablir a taxe carbone, le président de la République a fait savoir mercredi que "ce n'est pas par une hausse de la fiscalité qu'on répondra à la colère" .

A l'origine du mouvement de colère des "Gilets jaunes", la question de la taxe carbone a pourtant fait son retour ces derniers jours parmi les députés et même au sein du gouvernement. Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a ainsi estimé que "c'est le moment ou jamais d'en débattre", tandis que la secrétaire d'Etat rattachée au même ministère a décrit dimanche dernier la taxe carbone comme un "outil efficace".

Mercredi cependant, à l'occasion du Conseil des ministres, le président de la République a fermé la porte sur le sujet, en estimant que "ce n'est pas par une hausse de la fiscalité qu'on répondra à la colère", a déclaré Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement.

La solution, "c'est plutôt moins d'impôt que plus d'impôt"

"Le président de la République l'a rappelé : sa conviction c'est que nous ne sortirons pas d'une crise qui a commencé par un impôt supplémentaire, en en créant un nouveau", a insisté Benjamin Griveaux, pour qui la solution, "c'est plutôt moins d'impôt que plus d'impôt à l'issue de ce débat".

Selon le porte-parole, la question posée par le grand débat est davantage celle de "l'accompagnement" des Français que celle de la hausse des taxes.

Mercredi, 86 députés issus des groupes LREM, Modem, UDI, PS et Libertés et Territoires, ont publié une tribune dans 'Le Figaro" pour appeler à "rétablir la taxe" sur les carburants, à condition de "débattre de ses modalités". Emmenés par Matthieu Orphelin, un député proche de Nicolas Hulot qui a quitté le groupe LREM la semaine dernière, ces députés ont appelé à la mise en place d'une "fiscalité carbone juste socialement".

Un outil efficace pour répondre à l'urgence climatique ?

Cette dernière est "un outil efficace pour faire évoluer les décisions d'investissement, favoriser les comportements vertueux, donner un avantage aux véhicules ou aux chaudières qui consomment peu ou pas d'énergies fossiles et répondre à l'urgence climatique", ont-ils encore estimé. Ils ont toutefois appelé à préserver les ménages modestes des effets de ces hausses et à en consacrer le produit à la transition énergétique.

La hausse de la taxe carbone avait été l'élément déclencheur, en novembre, du mouvement des "Gilets jaunes", qui s'est ensuite étendu à d'autres sujet touchant au pouvoir d'achat puis à des revendications plus politiques. Le gouvernement avait ainsi prévu d'augmenter cette taxe de 2,9 centimes par litre d'essence et de 6,5 centimes par litre de gazole, à partir du 1er janvier.

Taxe annulée, soutien de 10 MdsE au pouvoir d'achat, et grand débat national

Face à la mobilisation des "Gilets jaunes," le gouvernement avait dans un premier temps défendu cette taxe, en annonçant des mesures d'accompagnement social, qui n'avaient pas convaincu les manifestants, alors soutenus par une grande majorité des Français.

Face aux blocages sur les routes et à des manifestations de rue violentes, l'exécutif a finalement annulé l'augmentation prévue courant décembre, près d'un mois après la première manifestation des "Gilets jaunes", le 17 novembre.

Le 10 décembre, Emmanuel Macron a annoncé une série de mesures de soutien au pouvoir d'achat (hausse de la prime d'activité, exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires, hausse de la CSG annulée pour davantage de retraités...) d'un montant total supérieur à 10 milliards d'euros, ainsi que l'organisation du "grand débat national", qui se déroule actuellement partout en France jusqu'à la mi-mars.

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