Emmanuel Macron veut mettre la France dans le trio de tête mondial du quantique

Chargement en cours
Le président Emmanuel Macron s'exprime devant le centre de nanosciences et de nanotechnologies du plateau de Saclay, le 21 janvier 2021
Le président Emmanuel Macron s'exprime devant le centre de nanosciences et de nanotechnologies du plateau de Saclay, le 21 janvier 2021
1/2
© AFP, Yoan VALAT, POOL

AFP, publié le jeudi 21 janvier 2021 à 14h33

Le président de la République Emmanuel Macron a présenté jeudi sur le plateau de Saclay un plan d'investissement national de 1,8 milliard d'euros dans le quantique, qui doit mettre la France dans "les trois premiers mondiaux" de ces technologies appelées à transformer l'informatique et l'industrie.

"Avec cet engagement public-privé de 1,8 milliard d'euros" sur 5 ans, "dont un milliard d'euros venant directement de l'Etat", la France se dote de la "clef pour être au moins parmi les trois premiers mondiaux", sans exclure même "une ambition plus forte", a indiqué le chef de l'Etat après une visite au Centre de nanosciences et de nanotechnologies du plateau de Saclay, l'un des hauts lieux de la recherche française.

Les technologies quantiques exploitent les propriétés surprenantes de la matière à l'échelle de l'infiniment petit (atome, ion, photon, électron...). 

Elles devraient permettre à terme de construire des ordinateurs aux capacités de calcul ridiculisant celles des plus puissants super-calculateurs actuels.

Elles promettent aussi de nombreuses utilisations industrielles, comme des capteurs beaucoup plus sensibles qu'aujourd'hui ou des moyens de communications inviolables.

Encore balbutiantes, elles commencent à sortir des laboratoires de recherche sous formes de prototypes, mais il faudra probablement encore attendre plusieurs années pour voir des applications commerciales viables.

Selon l'Elysée, le plan quantique annoncé par le président fait passer les crédits publics pour le quantique "de 60 millions d'euros par an à 200 millions par an", ce qui placerait la France au troisième rang mondial, derrière la Chine et les Etats-Unis.

Grâce à ces efforts, la France a une chance de devenir "le premier Etat à se doter d'un prototype complet d'ordinateur quantique généraliste", ce qui serait "un exploit scientifique majeur", a indiqué Emmanuel Macron. 

- Garder talents et technologies -

Outre les 1,05 milliards d'euros de l'Etat, l'enveloppe annoncée jeudi regroupe des crédits européens (200 millions d'euros) et les prévisions du secteur privé (550 millions). 

Dans le détail, le plan français prévoit de consacrer une enveloppe de près de 800 millions d'euros aux seuls ordinateurs, qu'il s'agisse des premières machines (simulateurs et machines partiellement quantiques, 350 millions d'euros) ou de celles qui apparaîtront à plus long terme (ordinateurs quantiques à part entière, 430 millions d'euros). 

Les autres enveloppes seront consacrées aux capteurs (250 millions d'euros), à la cryptographie post-quantique (150 millions d'euros), aux communications quantiques (320 millions d'euros) et aux technologies annexes qui permettent de construire les équipements quantiques (cryogénie par exemple, 300 millions d'euros).

Selon l'Elysée, les crédits publics annoncés viendront pour moitié du Programme d'investissement d'avenir, et pour moitié des différents établissement de recherche impliqués dans le quantique (Inria, CNRS, CEA...)

Le plan quantique doit notamment permettre de financer "une centaine de bourses de thèse et une cinquantaine de contrats post-doctoraux", auxquels pourront venir s'ajouter "une dizaine de Bourses +Jeune Talent+ par an" pour faire venir en France des chercheurs prometteurs.

"Nous avons besoin de garder nos talents, et de garder aussi certaines technologies pour ne pas dépendre en particulier des deux grandes puissances internationales (NDLR Chine et USA) qui nous concurrencent", a indiqué Emmanuel Macron jeudi matin.

Garder "la maîtrise complète de cette chaîne de valeur, c'est absolument clef pour garder une recherche libre en permanence, et pour notre souveraineté en matière de savoir-faire et d'applications industrielles", a-t-il ajouté.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.