Emploi : inquiétudes pour la "génération confinement"

Emploi : inquiétudes pour la "génération confinement"©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 27 mai 2020 à 16h06

L'Organisation internationale du Travail (OIT) redoute des conséquences négatives pendant au moins dix ans sur le travail des jeunes.

L'Organisation internationale du Travail (OIT) a mis en garde mercredi contre les effets de l'épidémie de nouveau coronavirus sur l'emploi des jeunes. Elle redoute en effet des conséquences négatives pendant au moins dix ans pour ce qu'elle nomme une "génération confinement". Selon l'OIT, plus d'un jeune actif sur six dans le monde, âgé de moins de 24 ans, a perdu son emploi depuis le début de l'épidémie.

Guy Ryder, le directeur général de l'OIT, s'est dit "extrêmement préoccupé" par la situation des jeunes touchés de manière disproportionnée par la crise. "Les jeunes vont simplement être laissés pour compte, et en grand nombre", a-t-il déclaré, lors d'une conférence de presse à Genève à l'occasion de la quatrième édition du baromètre de l'organisation consacré à la pandémie.

Des séquelles pendant 10 ans ?

"Le danger est que ce choc initial pour les jeunes dure une décennie ou plus. Il affectera leurs perspectives (d'emploi) (...) tout au long de leur vie professionnelle", a-t-il ajouté. L'organisation a notamment pointé du doigt les problèmes rencontrés aux Etats-Unis et au Brésil.

En France, quelque 10% des étudiants ont perdu leur emploi en raison de l'épidémie, qui a provoqué la mise à l'arrêt d'une grande partie de l'activité économique. "Plus généralement, 20% d'étudiants sont en situation de précarité et 40% touchent des aides de l'Etat", a souligné la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal dans un entretien au 'Parisien'.

135 millions d'emplois perdus au T1

L'OIT a par ailleurs revu en hausse de sept millions, à 135 millions, le nombre d'emplois perdus au premier trimestre dans le monde par rapport à sa précédente estimation. L'estimation des pertes d'emploi entre avril et juin est restée inchangée, avec 305 millions d'équivalents temps plein, les Amériques devant être la région la plus touchée.

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