Emploi : le gouvernement "tarde à passer à la 2ème phase", pour Laurent Berger

Emploi : le gouvernement "tarde à passer à la 2ème phase", pour Laurent Berger
Laurent Berger CFDT

Boursier.com, publié le vendredi 22 mai 2020 à 14h55

Dans une interview accordée aux 'Echos', le secrétaire général de la CFDT estime qu'il va falloir "redoubler d'efforts quand les dégâts vont être de plus en plus perceptibles".

Une envolée des destructions d'emploi, une forte hausse du nombre de chômeurs, des sites industriels menacés chez de grands groupes comme Renault... La crise liée à la pandémie de coronavirus fragilise le marché du travail en France, et le gouvernement "tarde à passer à la deuxième phase", pour Laurent Berger.

Dans une interview accordée aux 'Echos', le secrétaire général de la CFDT estime qu'il y a eu "un dialogue pour trouver des solutions d'urgence pendant le confinement. Mais on tarde à passer à la deuxième phase, alors qu'il va falloir redoubler d'efforts quand les dégâts vont être de plus en plus perceptibles".

"Activer tous les leviers"

"Il faut activer tous les leviers offensifs comme défensifs. Etre défensif en continuant l'activité partielle dans les entreprises qui en ont besoin, en renforçant l'accompagnement de ceux qui perdent leur emploi, en imposant des conditions au soutien des entreprises et des branches pour qu'elles mettent tous les acteurs autour de la table afin de trouver des solutions. Etre offensif aussi, en menant par exemple des chantiers créateurs d'emplois comme la rénovation thermique des logements", estime le patron du syndicat.

"Pas besoin" selon Laurent Berger "de bricoler le Code du travail, les règles des plans sociaux. L'enjeu, c'est de contraindre les acteurs au dialogue sur le terrain, pour que chacun prenne ses responsabilités. Et pour cela, il faut un pilotage fort du côté de l'Etat pour lancer la mobilisation".

Dégâts en vue

Côté gouvernement, Bruno Le Maire a affirmé vendredi sur Europe 1 qu'il y aurait en France "des faillites et des licenciements dans les mois qui viennent". Alors que les organisations patronales et syndicales réclament le maintien du chômage partiel jusqu'à l'été, il a répété que "ce n'est pas une situation normale que l'État prenne en charge 100% des salaires".

Le dispositif est en vigueur jusqu'au 31 mai et doit ensuite évoluer graduellement, avec une baisse du taux de prise en charge par l'Etat.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.