Emploi : les lourdes conséquences du coronavirus dans le monde...

Emploi : les lourdes conséquences du coronavirus dans le monde...
bureau, travail, compétences professionnelles

Orange avec Boursier.com, publié le jeudi 03 juin 2021 à 05h08

Par rapport à 2019, on estime que 108 millions de travailleurs supplémentaires sont extrêmement ou modérément pauvres, selon le rapport annuel de l'l'Organisation internationale du travail (OIT).

Par rapport à 2019, on estime que 108 millions de travailleurs supplémentaires sont extrêmement ou modérément pauvres, selon le rapport annuel de l'l'Organisation internationale du travail (OIT).

La crise sanitaire a sans surprise causé de lourds dégâts dans le monde du travail. Par rapport à 2019, le nombre total d'emplois a chuté de 114 millions l'an dernier, en raison de l'entrée de travailleurs dans le chômage ou de leur sortie de la vie active. "S'il n'y avait pas eu de pandémie, le monde aurait créé environ 30 millions d'emplois en 2020", écrit l'Organisation internationale du travail (OIT) dans son rapport annuel.

Elle estime que 8,8% du total des heures de travail ont été perdues en 2020, soit l'équivalent des heures travaillées en un an par 255 millions de travailleurs à plein temps...

Augmentation de la pauvreté

Les pertes totales d'heures ont provoqué une augmentation de la pauvreté, estime l'OIT. Au niveau mondial, les revenus du travail, qui ne comprennent pas les transferts et les prestations des pouvoirs publics, étaient en 2020 inférieurs de 3.700 milliards de dollars É.-U. (8,3%) à ce qu'ils auraient été en l'absence de pandémie. Pour les deux premiers trimestres de 2021, ce manque à gagner équivaut à un recul des revenus du travail de 5,3%, soit 1.300 milliards de dollars.

Par rapport à 2019, on estime que 108 millions de travailleurs supplémentaires sont extrêmement ou modérément pauvres, ce qui signifie qu'eux mêmes et les membres de leur famille doivent vivre avec moins de 3,20 dollars par jour en termes de parité de pouvoir d'achat.

Reprise

Au niveau mondial, la reprise devrait entraîner la création nette de 100 millions d'emplois en 2021 puis de 80 millions en 2022. Toutefois, l'emploi prévu en 2021 ne sera toujours pas à la hauteur de son niveau d'avant la crise. Il est également probable "qu'il y aura moins d'emplois que ceux qui auraient été créés en l'absence de pandémie. Si l'on tient compte de cette croissance perdue de l'emploi, le déficit mondial d'emplois induit par la crise devrait s'élever à 75 millions en 2021 et à 23 millions en 2022", peut-on lire dans le rapport.

Autre donnée inquiétante : un grand nombre des emplois nouvellement créés devraient être de faible productivité et de mauvaise qualité. Entre 2019 et 2022, le taux de croissance moyen de la productivité du travail devrait tomber au-dessous de celui d'avant la crise pour tous les pays, sauf ceux à revenu élevé. Le manque de possibilités d'emplois productifs sera plus grave dans les pays à faible revenu, en raison de la croissance atone du produit intérieur brut et de la forte augmentation de la population en âge de travailler...

Travail indépendant

Le passage au travail indépendant - qui se caractérise de manière disproportionnée par un travail informel à faible productivité - est un autre signe de la détérioration de la qualité du travail. Dans 14 pays à revenu intermédiaire dont les données sont disponibles, l'emploi indépendant a moins reculé que l'emploi salarié au deuxième trimestre de 2020.

Les jeunes très touchés

"La crise a touché de nombreux jeunes à un moment décisif de leur vie, perturbant leur passage de l'école ou de l'université au travail", note aussi l'organisation. L'expérience des crises précédentes montre que l'entrée sur le marché du travail pendant une récession réduit les probabilités d'emploi à long terme, les salaires et les perspectives d'acquisition de compétences sur le tas.

La part des jeunes sans emploi et ne suivant ni étude ni formation a augmenté entre 2019 et 2020 dans 24 des 33 pays disposant de données...

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