En 2020, la dette publique mondiale a augmenté d'un sixième !

En 2020, la dette publique mondiale a augmenté d'un sixième !
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Orange avec Boursier.com, publié le lundi 19 avril 2021 à 11h55

Soit l'équivalent de 8 ans d'emprunts pour lutter contre la Covid-19...

Soit l'équivalent de 8 ans d'emprunts pour lutter contre la Covid-19...

Les gouvernements du monde entier ont contracté l'équivalent de huit années d'emprunts pour lutter contre la pandémie mondiale, augmentant ainsi leur dette de plus d'un sixième (17,4 %) - c'est ce qu'indique la première édition de l'indice de la dette souveraine de Janus Henderson.

Alors que huit pays sur dix dans l'indice tombaient en récession, les gouvernements ont ajouté9.300 milliards de dollars à leur ardoise. Cela représente un septième (14,8%) du PIB mondial, une part plus importante que celle qu'il a fallu mobiliser pour remettre l'économie à flot après la crise financière mondiale.

La dette publique mondiale a terminé l'année au niveau record de 62.500 milliards de dollars, soit près de quatre fois son total de 1995 (+273%) et l'équivalent de 13.050 dollars par personne !

Le Royaume-Uni présente le déficit budgétaire le plus élevé !

Certains pays ont contracté plus de dettes que d'autres pour faire face aux défis de l'année dernière. En montants absolus, les plus grandes économies ont logiquement emprunté le plus. Les États-Unis, le Japon et la Chine représentent à eux seuls plus de la moitié des nouveaux emprunts publics en 2020.

En proportion de la taille de son économie, le plus gros emprunteur a été le Royaume-Uni avec un déficit public équivalent à un cinquième de son PIB. Mais les États-Unis, le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Espagne, le Canada, le Japon et Singapour affichent tous des déficits représentant au moins un huitième de la taille de leurs économies.

La Suède et la Suisse comptent parmi les pays ayant emprunté le moins, mais aucun pays n'approche de Taïwan, dont le ratio dette/PIB est resté quasiment inchangé en glissement annuel, grâce à une réaction déterminée face à l'épidémie qui a permis à son économie de croître...

Même avant la pandémie, les gouvernements du monde entier étaient déficitaires chaque année depuis 25 ans : leurs dépenses dépassent systématiquement les recettes fiscales. L'économie a aussi connu une croissance considérable, heureusement, créant une assiette d'imposition plus large pour porter cette montagne de dette. Malgré ça l'augmentation de la dette souveraine a quand même dépassé d'un cinquième la croissance économique...

Une dette qui se finance à bon marché...

Malgré la forte augmentation des emprunts, la charge de service de cette dette n'a pas augmenté. En 2020, les gouvernements du monde entier ne devaient payer que 2,0 % sur leurs emprunts, contre 7,6 % en 1995...

Cet effondrement des taux signifie que la facture d'intérêts du monde a augmenté d'à peine un bon cinquième, malgré une dette près de quatre fois plus élevée. Par rapport au PIB, la charge d'intérêt a été réduite de plus de moitié depuis 1995. Aucun des pays de l'indice de Janus Henderson ne payait un taux d'intérêt plus élevé en 2020 qu'en 1995...

La baisse constante des taux d'intérêt a offert de gros rendements aux investisseurs obligataires

Les gouvernements financent leurs déficits en émettant des obligations que les investisseurs peuvent acheter et vendre sur les marchés financiers. La baisse constante des taux d'intérêt sur les 25 dernières années a généré des rendements importants pour les investisseurs obligataires.

Entre 1995 et 2020, l'Indice mondial des obligations d'État a généré un rendement total de 308% en dollars US, soit près de cinq fois le taux d'inflation au cours de la même période !

L'année 2021 verra à nouveau une forte augmentation des emprunts publics, à hauteur de 4.000 milliards de dollars environ, soit 768 dollars par personne. Ceci étant, grâce à la solide relance économique, le plus haut des taux d'endettement devrait être derrière nous...

Jim Cielinski, Responsable mondial de la gestion obligataire, souligne : "Les marchés obligataires sont d'énormes machines à juger la solvabilité et la performance économique de chaque pays. Ils déterminent combien un gouvernement doit payer pour emprunter. Ils ne sont pas importants uniquement pour les investisseurs obligataires. Les taux d'intérêt fixés sur les marchés obligataires ont un impact sur la valeur de chaque actif, depuis les logements jusqu'aux marchés d'actions"."

Comme l'explique Bethany Payne, Gérante de portefeuille obligations internationales chez Janus Henderson : "La notion de dette est porteuse d'une connotation morale, comme quelque chose qu'il faut éviter. Mais cette vision moralisatrice méconnaît l'importance des emprunts publics pour soutenir l'économie en période de crise, comme en 2020. La dette a atteint un niveau record, mais les coûts de financement sont tellement bas que l'emprunt était la bonne décision. La croissance économique est la manière la moins douloureuse de résorber les dettes publiques importantes... La relance après la Covid-19 sera très inégale. Les économies axées sur les services qui ont été durement touchées en 2020, comme le Royaume-Uni, devraient rebondir plus vite que les économies manufacturières, telles que l'Allemagne, qui ont moins souffert de la baisse de la demande mondiale en 2020. De nombreux pays ont aussi concentré leur endettement récent sur des emprunts à relativement court terme. Pour ces emprunts, il existe un risque réel de devoir refinancer des montants de dette importants à des taux douloureusement plus élevés à l'avenir."

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