En Catalogne, la tentation du départ pour les petits patrons

En Catalogne, la tentation du départ pour les petits patrons

Créer une entreprise parallèle à Madrid, imprimer des étiquettes en espagnol, ou déménager son siège: des petits patrons catalans jonglent encore pour contourner le boycott et l'incertitude ayant accompagné la menace de ...

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AFP, publié le lundi 27 novembre 2017 à 15h15

Créer une entreprise parallèle à Madrid, imprimer des étiquettes en espagnol, ou déménager son siège: des petits patrons catalans jonglent encore pour contourner le boycott et l'incertitude ayant accompagné la menace de sécession de leur région.

Même si la situation en Catalogne, mise sous tutelle par le gouvernement central, s'est momentanément stabilisée, le patron d'un groupe familial de vins et spiritueux n'a pas renoncé à monter une société de distribution parallèle à Madrid. "Une décision que tu prends quand tu n'as plus le choix", confie-t-il.

Les appels au boycott des produits catalans continuent de produire leurs effets et les ventes de son entreprise vers le reste de l'Espagne ont fondu de plus de 30% depuis début octobre, explique-t-il.

Distribuer depuis Madrid lui permettra de ne plus faire fuir les clients avec une adresse catalane, tout en conservant la production en Catalogne.

"Sinon, on ne vendait plus", résume dans sa boutique barcelonaise ce quinquagénaire, qui préfère l'anonymat "en raison du conflit".

Par crainte du boycott ou de l'incertitude qu'entraînerait une sécession, plus de 2.700 sociétés ont transféré leur siège social hors de la région et la liste continue de s'allonger, même si le rythme des départs a diminué.

Cette décision purement administrative fait cependant craindre des déménagements réels à terme.

Parmi les entreprises ayant déplacé leur siège social, de grands groupes représentant 30% du PIB catalan, notamment des banques, mais aussi une myriade de petites et moyennes entreprises.

Dans un quartier cossu de Barcelone, une petite société de distribution de médicaments a accéléré un transfert déjà envisagé de son siège social vers Séville, reconnaît son affable patron, qui refuse lui aussi que son nom soit cité, vu la sensibilité du sujet.

Ses ventes ont baissé de 10 à 20% cet automne dans les pharmacies d'Andalousie (sud), où l'entreprise réalise la majorité de son chiffre d'affaires. 

"Les patients disent: donnez-moi un produit qui ne soit pas catalan (...) Cela ne s'était jamais produit", assure le directeur, expliquant aussi avoir voulu éviter de se retrouver hors du cadre juridique européen en cas d'indépendance de la Catalogne. 

"Nous ferions faillite, car les médicaments que nous importons seraient soumis à des droits de douane", explique-t-il.

- "Pression politique" -

La majorité des petites entreprises ayant changé leur siège ont surtout "eu peur d'un boycott", mais "conservent fabriques, direction et emplois" en Catalogne, nuance Enric Rius, fiscaliste qui a assisté plusieurs sociétés dans leurs démarches.

"Si cela m'affectait, je m'en irais, mais pour l'instant mes affaires ne s'en ressentent pas", explique Francisco Castillo, patron d'une entreprise de transports proche de Barcelone. Néanmoins "tout s'est arrêté, personne ne prend de décision, n'achète de machines dans ce contexte", confie-t-il.

Alors que nombre de petits patrons catalans ne cachent pas leurs sympathies indépendantistes, les décisions de changement de siège sont loin d'être toujours bien vues.

Dans la grande ville de Terrassa, à 30 km au nord de Barcelone, Aleix Pons i Coll, esprit vif et cheveux blancs, a ressenti "colère et douleur" début octobre, lors de l'annonce du départ des deux principales banques catalanes.

La mutuelle Previsio, dont il est vice-président, travaillait étroitement avec elles mais envisage désormais un changement de cap. 

"Même à contrecoeur, il se peut que nous décidions de ne plus travailler avec les (banques) qui s'en vont, et de privilégier celles qui restent", explique le responsable, qui a basculé en faveur de l'indépendance en 2010, lors de l'annulation partielle par la justice espagnole d'un statut renforçant l'autonomie de la Catalogne.

Un décret facilitant la procédure de changement de siège, adopté début octobre par le gouvernement central, nourrit aussi le ressentiment, alors que Madrid incite désormais les entreprises à revenir dans une Catalogne mise sous tutelle.

"On voit clairement qu'il y a eu une pression politique. Comment peut-on leur dire qu'elles ne s'en aillent pas quand on a tout fait pour!", s'agace M. Pons i Coll.

Rares sont ceux qui estiment que les élections régionales du 21 décembre permettront de faire revenir les entreprises. "La perception est que (la société catalane) va continuer à se jouer des lois, et ça, c'est dangereux pour l'activité", estime le directeur de la société pharmaceutique.

 
2 commentaires - En Catalogne, la tentation du départ pour les petits patrons
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    JON-DE-LIONNE -

    JON-DE-LIONNE - Il y a 41 minutes
    référence à l'article :

    "Droit à l'erreur" : un projet de loi présenté lundi pour améliorer les relations avec l'administration
    Statut : refusé
    Il y a 17 minutes
    le 29 11 2017 à 11 49
    Il a dans ses yeux, ce Monsieur, la profondeur noire des orbites d'un satellite qui se serait fait emporté par la rondeur des oreillers de ses sourcils, et qui eux, ont la puissance du traversin que l'on ne manque de trouver dans une chambre d'hôtel !
    Toujours adossé de la main aux dossiers comme s'il portait une valise en carton, les phrases qui lui reviennent, qu'il sert en rappel, sont le négatif de l'image qu'il veut donner. Elles complètent le sens de la portion de vie qu'il a sans doute utilisée pour capturer une capacité à se draper dans la toge particulière de ceux qui savent tirer les couvertures sans laisser la moindre chance au couvre lit de dévoiler les détails de la couche !

    signaler au modérateur répondre
    avatarJON-DE-LIONNE - Il y a 48 minutes
    Encore de la censure, toujours de la censure injustifiée sur le forum orange
    et bien puisque dans cette rubrique " finance" il semblerait qu'il y ait un bug ....

    Référence à la réaction : ( AYALOU)

    Olivier Dussopt, socialiste qui n'a pas voté le budget du gouvernement dans lequel il accepte d'entrer, ex porte-parole de Martine Aubry, finalement rallié à Manuel Valls, en opposition frontale avec le ministre sous la tutelle duquel il va devoir travailler ....Voici un nouvel exemple de la mise en pratique du "en même temps" si cher à notre président de la République. A moins que cela ne s'appelle, "diviser pour régner".

    signaler au modérateurcommenter
    Statut : refusé
    Il y a 16 minutes
    le 29 11 2017 à 10 44

    La gauche, Ayallou ! ils sont comme des taupes accrochées aux branches de leur courant avec tant de vers leur grouillant dans le ventre mou du centre de leur mouvement que l'on reste persuadé qu'ils n'ont toujours pas compris !
    Ils se sont fait chasser un jour après l'autre ; ils parlaient de printemps arabe ici ou là ne comprenant pas que c'était leur propre hiver qui s'approchait ; qu'une danse après le couplet suivant ,l'automne de leur existence illuminait puissamment le paysage politique comme un soleil retrouvé d'été, en France !

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    Droopi -

    Et cette histoire (quelle que soit l'issue) va couter cher aux Catalans en particulier et aux Espagnols en général (les grèves, les votes, les transferts d'entreprises, les éventuelles innombrables dépenses d'un hypothétique nouveau pays guère viable, ...). Aucun pays aujourd'hui ne peut s'offrir ce genre de dépense INUTILE ! Restez UNIS, gens qui constituez le peuple espagnol, vous n'en serez que plus forts !

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