En Chine, boom des pistes de ski à l'approche des JO-2022

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Des skieurs dans une station indoor de Chengdu, le 28 novembre 2020 en Chine
Des skieurs dans une station indoor de Chengdu, le 28 novembre 2020 en Chine
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© AFP, NOEL CELIS

AFP, publié le vendredi 18 décembre 2020 à 09h00

Snowboards ou skis aux pieds, des Chinois glissent sur une piste artificielle édifiée dans un monumental bâtiment-hangar de Chengdu (sud-ouest), symbole de la frénésie de construction qui agite le pays avant les JO d'hiver 2022.

"Je suis tombé amoureux de ce sport", explique Zhang Xu, un jeune homme de 25 ans qui vient régulièrement tester la poudreuse du Sunac Snow Park, ouvert depuis juillet dans la capitale de la province du Sichuan.

"Le ski et le snowboard étaient pratiqués par une minorité en Chine. Mais désormais, c'est l'inverse. C'est l'effet JO", déclare le snowboardeur dans l'enceinte de 80.800 mètres carrés -- équivalente en superficie à 11 terrains de football.

Avec l'explosion de la classe moyenne et la multiplication par quatre en 10 ans du revenu disponible, 21 millions de personnes se sont rendues sur les pistes l'an passé en Chine.

Un intérêt croissant qui a entraîné l'apparition de nouvelles stations (extérieures et intérieures): leur nombre est passé de 200 à 770 en une décennie, selon la société américaine de conseil immobilier JLL.

Consciente des intérêts en terme de santé, d'économie et de médailles olympiques, la Chine a fixé comme objectif de convertir 10% des 1,4 million de Chinois aux sports de neige d'ici les JO-2022.

- Igloos et pandas -

Les provinces méridionales comme le Sichuan ont beaucoup de montagnes, mais les chutes de neige y sont rares. D'où la popularité du Sunac Snow Park.

"On est la première station de ski indoor dans le sud-ouest de la Chine", déclare à l'AFP Liu Jia, le directeur du site, qui comprend trois pistes de différents niveaux.

Le vaste bâtiment aux airs de hangar géant est équipé de téléskis, d'escaliers roulants, d'igloos éclairés aux néons et de faux cerisiers aux fleurs roses -- propices à la prise de selfies.

Selon Liu Jia, sa station de ski intérieure est la plus grande du monde, même si elle devrait être détrônée d'ici 18 mois par une installation en cours de construction à Shanghai (est de la Chine).

Les débutants descendent les pistes avec grande prudence, certains s'arrêtant à mi-parcours pour prendre des selfies.

D'autres protègent leur arrière-train avec des espèces de coussins en peluche, accrochés autour de leur taille et à l'effigie de pandas -- l'animal-star de la Chine et du Sichuan.

- Médailles d'or -

"La station vient d'ouvrir et c'est près de chez moi, à seulement une heure. Donc je voulais venir essayer", explique à l'AFP Yang Jin, une mère de famille de 31 ans.

"J'aimerais que mes enfants apprennent à skier", déclare-t-elle à côté de ses bambins en train de jouer dans la neige.

Sur le front des ambitions sportives, la Chine espère remporter plus de cinq médailles d'or et participer à l'ensemble des 109 compétitions prévues aux JO de 2022, selon l'agence de presse Chine nouvelle. 

Le géant asiatique a jusqu'à présent glané 13 médailles d'or, tous Jeux d'hivers confondus, la plupart en patinage de vitesse. Un chiffre à comparer aux 105 décrochées par le grand rival américain.

Les pistes indoor risquent toutefois de ne pas suffire pour étancher la soif des nouveaux pratiquants chinois.

"Je deviens meilleur au fil du temps. Donc j'ai envie de dévaler des pistes plus longues qu'ici", déclare le snowboardeur Zhang Xu. 

"J'irais probablement skier dans d'autres régions de Chine" plus au nord avec des vraies stations, souligne-t-il.

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