En difficulté, Kingfisher va fermer 11 magasins de bricolage, dont 9 Castorama, en France

En difficulté, Kingfisher va fermer 11 magasins de bricolage, dont 9 Castorama, en France
L'enseigne de bricolage française Castorama le 29 novembre 2012, à Englos dans le nord de la France

AFP, publié le mercredi 20 mars 2019 à 13h19

Le groupe britannique de magasins de bricolage Kingfisher va fermer 11 magasins en France dans ses enseignes Castorama et Brico Dépôt, dont les performances décevantes contribuent au départ prochain de sa directrice générale Véronique Laury.

Kingfisher a annoncé mercredi dans un communiqué la fermeture de plusieurs magasins en Europe, jugeant leur rentabilité insuffisante.

Dans le détail, 9 Castorama et 2 Brico Dépôt, dont la localisation n'a pas été précisée, vont baisser le rideau en France entre octobre 2019 et novembre 2020. Ces fermetures concernent 789 salariés, qui se verront proposer un poste équivalent au sein de ces enseignes dans le pays, selon la direction.

Mais, "on ne peut pas prendre les gens pour des pions, les gens ont une vie, ils ne sont pas mobiles au gré des besoins", a réagi auprès de l'AFP Jean-Paul Gathier, délégué FO au sein de Castorama, ayant participé mercredi au CCE au siège de l'enseigne à Templemars (Nord). 

Selon lui, "les syndicats s'y attendaient". "Les magasins Castorama concernés sont des magasins pour lesquels on avait fait des alertes de rentabilité qui datent de 2015 (...) mais l'entreprise n'a pas écouté ses salariés et n'a pas fait le nécessaire, elle est responsable de cette situation", a-t-il estimé.  

Selon les syndicats, les magasins Castorama concernés se situent à Lille, Paris et la région parisienne (Seine-et-Marne, Val-d'Oise, Essonne), ainsi qu'à Darnetal (Seine-Maritime) et Angers (Maine-et-Loire).  

"C'est dramatique pour toutes les familles concernées, certains salariés ont déjà subi un premier PSE (...) Nous sommes en colère, les exigences des actionnaires conduisent à des fermetures de magasins mettant en péril l'avenir de familles", a affirmé Chrystelle Derrien, déléguée CFDT.

Pascal Le Mangouero (CFE-CGC) juge pour sa part ces annonces "scandaleuses". "Ce sont les 50 ans de Castorama, c'est normalement festif et on apprend qu'on va fermer neuf magasins... On n'est pas sûr que ça permettra de relancer la boutique", a-t-il dit à l'AFP.

Le 1er juin 2018, un accord majoritaire syndicats-direction avait été signé à Castorama et Brico Dépôt, entérinant la suppression de 409 postes en France dans le cadre d'une délocalisation de services en Pologne. Tous les salariés devaient se voir proposer une offre de mobilité interne.

- Castorama souffre -

Au total, le groupe britannique possède 224 magasins pour plus de 18.000 salariés en France, où le marché du bricolage est à la peine.

Kingfisher indique avoir ciblé des magasins dont la fréquentation était irrémédiablement en baisse malgré des tentatives de relance.

Les 11 magasins français sont compris dans un plan de 15 fermetures en Europe, auxquelles s'ajoutent celles de 19 magasins en Allemagne sous l'enseigne Screwfix, ciblant les professionnels de l'équipement domestique.

Le redressement de ses activités en France, en particulier Castorama, est "une priorité" pour Kingfisher. Il compte pour cela sur une baisse des prix, des réductions de coûts par le biais de suppressions de postes et davantage d'efficacité sur le plan logistique. 

Si Brico Dépôt a vu ses ventes légèrement progresser sur l'exercice annuel clos fin janvier, Castorama a en revanche souffert d'une activité en nette baisse, de prix plus élevés que ses concurrents ou encore du mouvement des "gilets jaunes" en fin d'année.

"Castorama France enregistre une performance décevante et nous avons commencé à mettre en oeuvre un plan clair, avec une nouvelle équipe dirigeante, pour remédier durablement à cette situation", souligne Véronique Laury, directrice générale, dont le départ prochain a été annoncé en conséquence.

Le groupe explique s'être mis à la recherche d'un nouveau directeur général et précise n'avoir pas encore fixé de date pour le départ effectif de la Française en poste depuis fin 2014.

Non seulement les résultats financiers de Kingfisher sont en berne, mais le plan de transformation du groupe qu'elle a porté depuis 2016 peine à produire ses fruits.

Ce plan devait permettre d'augmenter de 500 millions de livres ses bénéfices annuels à partir de 2021, mais Kingfisher a décidé d'abandonner cet objectif, reconnaissant implicitement les faibles progrès enregistrés.

Toutes ces annonces n'ont pas rassuré le marché, le titre de Kingfisher perdait 2,85% à 238,30 pence mercredi vers 09H50 GMT à la Bourse de Londres.

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