En Egypte, le rêve d'une nouvelle capitale en plein désert

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 Des ouvriers sur le chantier de construction de la nouvelle capitale administrative égyptienne, à 45 km à l'est du Caire, le 18 octobre 2017

Des ouvriers sur le chantier de construction de la nouvelle capitale administrative égyptienne, à 45 km à l'est du Caire, le 18 octobre 2017

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© AFP, MOHAMED EL-SHAHED
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AFP, publié le dimanche 10 décembre 2017 à 10h15

Des hôtels de luxe, des quartiers résidentiels huppés, un aéroport moderne, une tour de 345 mètres... l'Egypte espère épater le monde avec sa nouvelle capitale en plein désert, un projet pourtant loin de faire l'unanimité.

"Nous avons un rêve", lance Khaled El Husseiny, chargé par les autorités de présenter le site à une quinzaine de journalistes étrangers à l'occasion d'une visite officielle.

A 45 kilomètres à l'est du Caire, entre les routes de Suez et d'Ain Sokhna, quelques camions s'affairent sur des voies toutes neuves qui sinuent à travers une vaste étendue de sable quasiment vierge.

Sur le chantier du futur siège du Conseil des ministres, les ouvriers s'attèlent à la construction de ce qui sera le quartier gouvernemental, censé abriter à terme le palais présidentiel, le Parlement, 32 ministères et plusieurs ambassades.

"Je travaille plus de douze heures par jour sur ce chantier bidon où personne ne vient nous voir", confie l'un d'eux, le teint mâte et un foulard enroulé autour de la tête pour se protéger du soleil.

"Tu veux passer à la télévision? Non? Alors retourne travailler!", s'écrie furieusement le contremaître.

Annoncée en 2015 par le président Abdel Fattah al-Sissi, cette nouvelle capitale est officiellement entrée en octobre dans sa première phase de conception. Sur environ 170 km2, elle est censée être en partie opérationnelle dès 2019 et accueillir progressivement plus de 6 millions d'habitants.

Les autorités disent notamment vouloir répondre au surpeuplement du Caire, connue pour ses interminables embouteillages. Avec ses 18 millions d'habitants, le Grand Caire devrait voir sa population augmenter jusqu'à 40 millions d'ici 2050, selon les chiffres officiels.

- Enième ville nouvelle -

Mais à l'heure où les premiers bâtiments sortent des sables du désert, le projet peine à convaincre urbanistes et investisseurs.

Avec ses résidences aux murs blancs et gris, toits pentus en brique, le premier quartier résidentiel de la nouvelle capitale ressemble à ceux qui pullulent déjà dans la trentaine de nouvelles villes construites en Egypte depuis les années 1960.

Inspirées du mode de vie américain et du Golfe, elles sont excentrées, souvent chères et dépourvues de transports publics pratiques.

Parmi les plus emblématiques, la ville du Six Octobre, construite dans les années 1980, est censée abriter 6 millions d'âmes à l'horizon 2027.

Quatre millions d'habitants devaient initialement peupler le Nouveau Caire, une ville construite au début des années 2000 à l'est du Caire, selon l'Autorité des nouvelles communautés urbaines (NUCA). Quelque 1,5 million de Cairotes vivent actuellement dans cette ville où des banques et entreprises ont élu domicile.

"​On peut comparer la nouvelle capitale au Nouveau Caire"​, estime Ahmed Zaazaa, architecte et urbaniste à 10 Tooba, un groupe de chercheurs promouvant une politique urbaine alternative. Avec ses malls inatteignables sans voiture et ses rues sans vie, "ce n'est pas une réussite que l'on pourrait prendre en modèle", estime-t-il.

Loin de répondre aux besoins réels des Cairotes, la nouvelle capitale confine selon lui à de la propagande politique. "Depuis Nasser, sous chaque pouvoir, il y a eu l'idée d'une nouvelle ville censée représenter l'espoir, l'avenir, la modernité", dit M. Zaazaa.

Les autorités assurent que le nouveau projet est différent: "Ce sera une ville intelligente utilisant des technologies modernes", promet le général Ahmed Zaki Abdin, qui dirige l'entité chargée de le gérer, l'Administrative Capital for Urban Development (ACUD).

- Frilosité des investisseurs -

Le ministère de la Défense et le ministère du Logement financent et gèrent ensemble ce projet, précise M. El Husseiny à l'AFP.

Pour le mener à bien, le gouvernement compte pour l'instant sur les entrepreneurs égyptiens habituels. Le nom d'Orascom, l'entreprise de bâtiment et travaux publics de la famille milliardaire Sawiris, trône sur plusieurs sites en construction.

Hisham Talaat Mostafa, magnat de l'immobilier tout juste sorti de prison pour le meurtre de sa maîtresse en 2008, s'est quant à lui offert plus de 2 km2 de terrain.

A leurs côtés, seuls quelques entreprises du Golfe et un partenaire chinois ont exprimé un intérêt pour ce projet pharaonique, qui doit officiellement coûter 45 milliards de dollars dans une Egypte en plein marasme économique.

La China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) a signé en octobre un contrat de 3 milliards de dollars pour la construction d'un grand centre d'affaires.

"Nous sommes très optimistes quant à la participation d'entreprises chinoises dans la nouvelle capitale", assure Han Bing, ministre-conseiller chargé des affaires commerciales à l'ambassade de Chine au Caire.

Mais il insiste sur la nécessité d'une stabilité politique et d'un environnement favorable aux investissements étrangers, à quelques mois de l'élection présidentielle à laquelle devrait se présenter l'ex-chef de l'armée et président actuel.

 
2 commentaires - En Egypte, le rêve d'une nouvelle capitale en plein désert
  • avatar
    JON-DE-LIONNE -

    de la censure , encore de la censure, toujours de la censure sur le Forum Orange.
    Et bien puisque sur la rubrique Finance, un bug est là ...... moi aussi
    référence à l'article :
    Quiz Philo - Qui a dit « Le travail rend libre » ?
    Statut : refusé
    Il y a une minute
    le 09 12 2017 à 17 02


    Je ne sais qui a dit cela mais je sais ceux qui ont dit cela plus que de raison !
    je sais ceux qui pendant de nombreuses années ont questionné de leur question ceux qui en bac de philo n'avaient besoin de savoir qui avait ces raisons.
    De raison il n'est question puisque dire qu'un dire travail serait à même de donner une satisfaction alors que la force du travail est de produire ce que la raison impose pour simplement vivre et emplir les estomacs des gens qui veulent vivre libre.
    Qui vous pose la question de savoir si la drogue rend libre ?
    Qui vous pose la question de savoir si l'idéologie vous rend libre?
    Qui vous pose la question de savoir si un dogme peut vous rendre libre ?
    Qui vous pose la question de savoir si la politique vous rend libre?

    on peut poursuivre ce questionnement à l'infini! et ce simple constat suffit à se demander pourquoi ils sont si nombreux à vouloir une réponse imposée à une question qui ne s'impose pas et qu'il semble difficile de justifier.
    C'est un peu comme si ils étaient nombreux à poser la question : la mort fait-elle réellement partie de la vie ?
    Bien sûr que ceux qui se pensent éternel, qui méprisent la vie au point de penser que leur conception et leur pensée seront éternelles seront à poser toujours et encore la même question : est-ce que mon travail me rend libre de vivre et de vivre encore ma vie. Mais c'est quoi la vie quand on accepte plus de faire ce qui est nécessaire pour être libre de se maintenir en vie et que l'on refuse le moindre travail sur soi même pour accepter sa propre mort libre de toutes contraintes ?

    Ah oui j'oubliais le progressisme à la Marc Zuckerberg du revenu universel et repris par le progressiste Hamon qui eux disent : soyez nos asservis et nous vous dirons ce que libre sera dans vos souvenirs; quelle beauté mercantiliste dans leur travail d'infantilisation conduisant à l'esclavage quel abrutissement final.

    Après tout, chacun ses chaînes et pour ma part je conçois que de ne point accepter, ni chaînes virtuelles, ni chaînes réelles peut donner au travail à faire sur soi sa vrai valeur de liberté. et c'est ce travail qui red libre comme la libre pensée, Le libre arbitre et la liberté de dire " je vous emmerde" à tous ceux qui voudraient et souhaiteraient vous voir travailler à autre chose que votre propre liberté?Je suis encore libre de dire cela ? ou faut-il encore fournir un travail supplémentaire pour dire et expliquer que je suis libre ?

    Là, je pense que le travail à faire est gigantesque pour briser les chaînes de l'idéologie et de l'endoctrinement de ceux qui en sont encore à penser des questions comme au temps de la question "moyen nageuse dans ces eaux troubles" .
    Faut-il se rendre à l’évidence et se dire que l'innocence complète de la victime prévaut sur la question, sur les fondements et les raisons de la question ?

    et au fait c'est quoi la liberté ?

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    rubis20128 -

    avec çà, la COP 21 va en prendre un coup et les cimentiers vont se régaler.

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