En Île-de-France, les loyers sont 52% plus chers qu'ailleurs

En Île-de-France, les loyers sont 52% plus chers qu'ailleurs©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 09 octobre 2019 à 16h40

Certes les salaires sont plus élevés, mais dans la région, la proportion de ménages pauvres a augmenté deux fois plus vite qu'ailleurs, selon un rapport de la Fondation Abbé Pierre.

"Alarmants", c'est le terme utilisé par la Fondation Abbé Pierre pour qualifier les chiffres de son rapport annuel sur le mal-logement dans la région Île-de-France. Si les Franciliens gagnent 26% de plus que la population français, leur loyer est 52% plus élevé, dans une région où la proportion de ménages pauvres a augmenté deux fois plus vite qu'ailleurs. Conséquence, avec l'augmentation des loyers, ces derniers ont dû multiplier par deux la part de leurs ressources consacrées au logement (40,8% en 2013 contre 20,1% en 1988).

Les écarts sont surtout notables dans le parc privé, où le prix moyen de location est de 19,4 euros/m2, contre 12,8 euros/m2 pour la moyenne nationale. Concernant les locations dans le parc social, il est de 6,6 euros/m2 de surface habitable, contre 5,0 à 5,9 euros/m2 dans les autres régions.

19% de Franciliens en difficulté de paiement

Le revenu moyen des ménages atteint 4.117 euros par mois, mais la fondation précise que l'Île-de-France, qui rassemble 18,2% de la population française, concentre également 33% des habitants en bidonvilles, près de 34% des demandes d'HLM et 41% des expulsions locatives effectives.

"Faute d'une dynamique de construction suffisante, de continuité et de lisibilité dans l'action, de volontarisme dans l'encadrement des marchés et de financements adéquats pour réduire les déséquilibres territoriaux la crise du logement reste très ancrée en Île-de-France", a affirmé la fondation.

Quelque 19% des Franciliens se déclarent en difficulté de paiement à la fin du mois, même si seulement 5% des ménages se retrouvent en situation d'impayés. La région est aussi celle qui reste la plus touchée par les expulsions. En effet, elle enregistre 26% des décisions de justice prononçant l'expulsion et 41% des expulsions effectives du territoire national.

Employés et ouvriers "écartés du marché de l'acquisition"

Le rapport met aussi en lumière de fortes disparités chez les propriétaires, qui sont 48% en Île-de-France. Les prix d'achat ont été multiplié par 13,9, tandis que les revenus l'ont été par 7,2 en 40 ans. D'ailleurs, "les employés et ouvriers ont littéralement été écartés du marché de l'acquisition des logements anciens", selon les auteurs de l'étude. Leur part est en effet passée de 15% en 1998 à 5% en 2018 à Paris et de 27% à 19% pour l'ensemble de l'Île-de-France.

La Fondation Abbé Pierre, qui rappelle qu'1,2 million de personnes mal logées vivent dans "la région la plus riche de France", a appelé les collectivités à respecter leurs obligations, réclamant la construction de logements accessibles et la mise à disposition de logements sociaux.

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