En Israël, le père du bouclier "Dôme de fer" engagé contre le coronavirus

En Israël, le père du bouclier "Dôme de fer" engagé contre le coronavirus
Daniel Gold, responsable de la recherche et du développement au ministère israélien de la Défense, à Tel Aviv, le 9 juillet 2020

AFP, publié le dimanche 12 juillet 2020 à 13h17

Pour Daniel Gold, protéger Israël de ce qu'il considère comme des menaces existentielles est un engagement de longue date. Après avoir mis au point le bouclier antimissile "Dôme de fer", cet ingénieur déploie désormais toute son énergie pour lutter contre le nouveau coronavirus.

Responsable de la recherche et du développement au ministère de la Défense, Daniel Gold a récemment ajouté dans son agenda, en plus des habituelles réunions sur les technologies de guerre, des réunions sur les technologies médicales.

Au moment où Israël est confronté à une deuxième vague de contaminations, la nature de la menace est différente, mais ce docteur en génie électrique de 58 ans est tout aussi déterminé à la combattre que lorsqu'il a élaboré son "Dôme de Fer".

Déployé il y a presque dix ans, ce système a d'abord suscité le scepticisme quant à son efficacité. Puis il a intercepté des milliers de roquettes palestiniennes en provenance de la bande de Gaza, conférant les honneurs à son créateur.

C'est en 1991, pendant la guerre du Golfe, que Daniel Gold s'est dit pour la première fois qu'Israël avait besoin d'un dispositif capable de détruire des missiles en plein vol.

Les forces de Saddam Hussein larguaient des Scud sur Tel-Aviv et la métropole s'est vidée de ses habitants, raconte-t-il à l'AFP lors d'un entretien au ministère de la Défense: "il fallait faire quelque chose".

Quelque 15 ans plus tard, le général Gold et son équipe conçoivent une vingtaine de prototypes, avant de tous les abandonner. Puis de créer un système de zéro, en impliquant notamment des partenaires du secteur privé de la défense.

"Je présageais que les tirs de roquettes allaient devenir une menace majeure pour Israël (...), pour laquelle il n'y avait alors pas de solution", explique-t-il, soulignant que ses supérieurs ne considéraient pas la défense antimissile comme une priorité.

- Nouveau danger... -

Mais, en 2007, alors que le "Dôme de fer" est toujours en cours d'élaboration, le mouvement islamiste Hamas prend le contrôle de Gaza et tire des roquettes et autres projectiles vers le territoire israélien.

En riposte, l'armée israélienne mène des frappes et l'Etat hébreu impose un strict blocus de l'enclave palestinienne, toujours en vigueur et que les critiques dénoncent comme une punition collective pour ses deux millions d'habitants.

Il faut attendre 2011 pour que le fameux "dôme" soit déployé. Celui-ci était essentiel pour "sauver des vies" mais aussi "maintenir un semblant de vie normale en Israël", selon son concepteur: même lorsqu'une pluie de roquettes s'abattaient sur Israël, il fallait que les habitants soient "au moins capables d'aller travailler".

Une fois le système sur les rails, M. Gold, également diplômé en gestion des affaires, quitte l'armée et rejoint le secteur privé, avant de retrouver le ministère de la Défense, mais cette fois en tant que civil.

L'ingénieur dit avoir réalisé début mars combien la pandémie de Covid-19 était un danger pour son pays, lors d'une réunion au bureau du Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

Depuis, son équipe collabore étroitement avec le système de santé. Elle met notamment au point des respirateurs et développe un test de dépistage du virus devant permettre de donner en moins d'une minute des résultats précis.

Pour cela, Daniel Gold et ses associés multiplient les essais, ont recours à l'intelligence artificielle, à des tests sur l'odorat et la respiration, le tout avec l'aide de partenaires gouvernementaux et du secteur privé.

"Si nous arrivons (à mettre au point ce test de dépistage), cela changera la donne pour le monde entier", espère-t-il. Une percée scientifique israélienne sur le front de la pandémie pourrait permettre à Israël de nouer des relations avec des pays qui ne le reconnaissent pas.

Le virus a attiré l'attention de pays "avec lesquels nous n'avions jamais travaillé auparavant", ajoute M. Gold.

En juin, des entreprises israéliennes et émiraties ont signé un accord pour développer la recherche afin de combattre la pandémie, alors même que les Emirats arabes unis n'ont pas de relations officielles avec Israël.

Selon M. Gold, la recherche sur le nouveau coronavirus "crée déjà de nouvelles relations".

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