En manque de bonnes nouvelles sur le Covid-19 et l'économie, Wall Street baisse à l'ouverture

En manque de bonnes nouvelles sur le Covid-19 et l'économie, Wall Street baisse à l'ouverture
Une passante devant le New York Stock Exchange (NYSE) à Manhattan (New York), le 5 octobre 2020

AFP, publié le jeudi 15 octobre 2020 à 16h35

Wall Street baissait à l'ouverture jeudi, les investisseurs manquant de bonnes nouvelles sur la lutte contre l'épidémie de Covid-19 tandis qu'un nouveau soutien à l'économie américaine est de plus en plus improbable avant l'élection présidentielle du 3 novembre.

A 14H00 GMT, l'indice vedette Dow Jones (DJIA) perdait 0,62% et le Nasdaq, à forte coloration technologique, lâchait 1,03%. L'indice élargi S&P 500 était en recul de 0,86%.

La veille, les indices avaient conclu sur des pertes plus modestes. Le DJIA avait perdu 0,58% à 28.514,00 points et le Nasdaq 0,80% à 11.768,73 points. Le S&P 500 a fini en retrait de 0,66% à 3.488,67 points.

"Depuis deux, trois jours, il n'y a guère de nouvelles positives. Il est difficile de parier sur un plan d'aide avec des sénateurs républicains aussi éloignés des propositions démocrates", a commenté Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.

Un accord sur un nouveau plan de soutien à l'économie américaine avant l'élection semble en effet de plus en plus difficile à atteindre, en raison de positions "très éloignées" entre le gouvernement Trump et l'opposition démocrate. 

Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, qui négocie pour la Maison Blanche, a redit mercredi matin qu'"un accord sera difficile à obtenir avant l'élection mais on essaye dur".

"Plus les jours passent, plus l'espoir diminue" chez les investisseurs, a résumé Gregori Volokhine.

Par ailleurs, "il y a le barrage des nouvelles négatives sur le Covid-19 avec deux essais de vaccins suspendus chez Johnson and Johnson et Eli Lilly. Tout cela pèse sur le moral des investisseurs", a poursuivi l'analyste. "Sans parler des nouvelles venant d'Europe" sur la crise sanitaire, a-t-il ajouté. 

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a jugé jeudi l'évolution de la pandémie en Europe "très préoccupante", alors que le nombre de décès y est remonté à 1.000 par jour.

Pour Patrick O'Hare de Briefing, "il y a une inquiétude réelle concernant le fait que les cas de coronavirus ont fortement augmenté en Europe, ce qui a entraîné de nouvelles restrictions dans des pays comme le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne".

"La préoccupation supplémentaire est que les États-Unis pourraient peut-être être forcés de suivre le même chemin de fermeture", s'est-il inquiété alors que de nombreux Etats américains voient les contaminations se répandre.

Les indicateurs publiés jeudi pèsent aussi sur le sentiment des marchés. Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis sont reparties à la hausse la semaine passée, de manière inattendue, montrant la fragilité de la reprise économique.

Au 10 octobre, quelque 898.000 personnes ont pointé au chômage, un plus haut depuis août, contre 845.000 la semaine précédente, un chiffre revu à la hausse.

L'activité manufacturière a en outre évolué de manière contrastée en octobre, enregistrant une croissance modérée dans la région de New York mais un net rebond dans les environs de Philadelphie, selon les données des antennes régionales de la Fed.

Tous les secteurs du S&P, sauf l'immobilier, étaient dans le rouge à commencer par l'énergie (-1,95%) alors que le pétrole chutait aussi.

Amazon perdait 1,22%, Tesla -1,56%. Les compagnies aériennes chutaient: -4,45% pour United Airlines, qui a annoncé de grosses pertes la veille, lors d'un début de saison de résultats qui n'avait pas mal commencé pourtant. Les banques, particulièrement celles qui tirent leurs revenus de Wall Street, ont annoncé de solides profits, comme Morgan Stanley (+0,55%) ou Goldman Sachs (-0,69%).

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