"Enchaînement d'incidents" SNCF dans le sud-ouest: tous les passagers arrivés à bon port

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Des passagers bloqués dans le train Hendaye-Paris sont acheminés à Bordeaux par bus vers leurs destinations respectives le 31 août 2020
Des passagers bloqués dans le train Hendaye-Paris sont acheminés à Bordeaux par bus vers leurs destinations respectives le 31 août 2020
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© AFP, MEHDI FEDOUACH

AFP, publié le lundi 31 août 2020 à 20h34

Epuisés par une nuit "d'enfer" mais contents de "retrouver Paris", tous les voyageurs SNCF bloqués de longues heures dans le sud-ouest après un "enchaînement d'incidents" sur le réseau ferré, sont arrivés lundi à bon port en fin d'après-midi.

"Nous sommes rassurés, tout le monde est arrivé à bon port", a indiqué à l'AFP une porte-parole de la SNCF Nouvelle-Aquitaine, qui aurait souhaité que "ce soit plus tôt".

Quelque 400 voyageurs, parmi les derniers à avoir pu rallier la capitale, sont arrivés peu après 18h00 à la gare Montparnasse. "A un moment, le train s'est arrêté en pleine voie, on a tous eu très peur", a souri une journaliste de l'AFP présente dans le train.

"Je n'aurais jamais cru être si contente de retrouver Paris!", s'est également exclamé une retraitée, autre passagère.

Le réseau ferré du sud-ouest a été victime d'incidents qui ont fait passer une nuit de galère à plus d'un millier de passagers. 

En cet ultime week-end de retour de vacances, une double rame du TGV 8538, transportant un millier de voyageurs partis d'Hendaye pour normalement arriver à Paris dimanche à 16H20, a été bloquée toute la nuit, d'abord à Morcenx puis Ychoux, 50 km plus loin dans les Landes, après un incident électrique.

Après un transbordement en pleine voie et en pleine nuit, ces voyageurs ont pu repartir vers Paris où ils sont arrivés en fin de matinée.

"Vraiment, ça a été l'enfer. Voilà l'état d'esprit", a indiqué Christelle à l'AFP alors qu'Elise Michel ajoutait : "Avec les valises, avec les enfants, on est resté dans le noir dans le train sans clim', sans rien à boire ni à manger, c'était vraiment déplorable".

Pour Florian Michel, également voyageur de ce train, "on était informé d'absolument rien, on a senti que les infos étaient un peu vaseuses, mais tout le monde a été patient et plutôt très sympa", a-t-il cependant témoigné.

Deux autres trains, dont le 8546 prévu au départ d'Hendaye à 17H55 pour une arrivée à Paris-Montparnasse à 22H00, avaient dû quant à eux rebrousser chemin vers Hendaye où ils ont terminé la nuit. Des autocars ont ensuite acheminé les passagers vers Bordeaux, qui ont pu attraper un TGV dans l'après-midi.

- "sincères excuses" -

La SNCF, qui a lancé une enquête interne, tentait lundi de reconstituer le scénario de l'incident.

Reconnaissant des "retards hors normes", le PDG de la SNCF Christophe Fanichet a présenté aux voyageurs "les plus sincères excuses de la SNCF" sur son compte Twitter. 

Il a indiqué qu'il se rendrait "dès ce soir en région Nouvelle-Aquitaine pour comprendre avec les équipes ce qui s'est passé et en tirer toutes les enseignements". 

"Il s'agit d'un événement exceptionnel qui a créé un enchaînement d'incidents ayant abouti, à un moment donné, pas de suite, à l'interruption des circulations", avait déclaré dans la matinée devant la presse à Bordeaux, Jean-Luc Gary, directeur territorial réseau SNCF Nouvelle Aquitaine.

Selon lui, un élément de caténaire défectueux a été identifié à Orthez (Pyrénées-Atlantiques), qui a "endommagé la caténaire à plusieurs endroits".

"Sur quasiment l'ensemble du Sud Aquitaine, des événements se sont reproduits et sont sans doute liés à la même cause. Ce qu'on ne sait pas à cette heure, c'est qui a fait quoi, qui a créé quoi ?", a-t-il ajouté.

"Cet incident montre de manière crue la vulnérabilité de la liaison Hendaye-Bordeaux-Paris, et la nécessité d'augmenter la capacité ferroviaire avec une ligne nouvelle", a commenté dans un communiqué la région Nouvelle-Aquitaine, appelant l'Etat à "renforcer ses engagements".

La circulation des trains devrait reprendre mardi, selon la SNCF qui a fait savoir que les voyageurs des trois trains seraient dédommagés à hauteur de 300% et "tous les frais annexes, hôtels et taxis" remboursés.

Dans la nuit, sur les réseaux sociaux, certains voyageurs avaient laissé exploser leur colère, certains craignant une contamination par le Covid-19.

"Nous sommes dans le train au départ de Biarritz à 12H23 et il est 03H00 du matin. 1.100 passagers à bord: pourrait-on avoir des masques afin de ne pas ajouter aux records de ce trajet cauchemardesque celui du plus gros cluster? #tgv8538 #jesuis8538", avait lancé dans la nuit une passagère.

La direction nationale de la SNCF a assuré que ces passagers avaient fait l'objet d'une "prise en charge". "On a procédé à des acheminements de masques, distribué des couvertures, bouteilles d'eau, petits-déjeuners".

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