Entre "cagnotte fiscale" et mirage économique

Entre "cagnotte fiscale" et mirage économique©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 05 février 2018 à 11h36

La croissance 2017 en France, au plus haut depuis 2011, ne signifie pas que le pays, toujours très endetté, dispose d'une "cagnotte" fiscale, a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici.

Selon l'Insee, l'économie française a affiché l'an dernier sa meilleure performance depuis 6 ans, avec une progression du produit intérieur brut de 1,9%, contre 1,7% prévu par le gouvernement, alors que les différentes projections des économistes placent le curseur à plus de 2% cette année...

Pas de miracle

"Ne cédons pas à l'illusion d'une quelconque cagnotte... Un, elle n'existe pas et deux, les produits de la croissance retrouvée doivent être utilisés à rendre la France plus performante, plus compétitive, à être mieux gérée et à transformer l'Etat", a expliqué Pierre Moscovici sur Radio J.

"La France va mieux, ses déficits se réduisent, mais la France va être l'avant-dernier pays à sortir de la procédure de déficit avec l'Espagne et que ses déficits pour les années 2017, 2018, 2019 sont proches de 3% et que la moyenne est à 0,9%", a-t-il ajouté. "La France doit continuer à réduire ses déficits structurels", a insisté l'ancien ministre de l'Economie socialiste.

Interrogé à ce sujet au Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI, le délégué général de La République en marche, Christophe Castaner, n'a pas dit autre chose : il ne faut pas "parler de cagnotte quand on a 70 milliards d'euros de déficit public" !

Bonne surprise ?

La dette publique de la France s'établissait à 2.226,1 milliards d'euros au troisième trimestre 2017, représentant 98,1% du produit intérieur brut, contre 99,1 % le trimestre précédent... Pierre Moscovici a cependant annoncé que la Commission européenne pourrait constater une amélioration des performances de la France dans les prochaines semaines... "Je pense que nous pourrions avoir deux bonnes nouvelles : d'une part la sortie de la France de la procédure de déficit excessif, et dans une autre procédure qui est moins connue, qu'on appelle la procédure de déséquilibre macro-économique, la Commission européenne pourrait constater dans les semaines qui viennent que la France a amélioré sa performance en terme de réforme".

Dispositif d'évaluation

Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a quant à lui proposé fin 2017 la mise en place d'ici deux ans d'un dispositif d'évaluation de l'impact des réformes fiscales mises en oeuvre par le gouvernement sur l'emploi et la croissance, alors que le projet de loi de finances a notamment alimenté les critiques de l'opposition de gauche, pour qui les plus riches sont gagnants avec ce texte.

"Parfaitement ouvert"

Mais pour Bruno Le Maire, l'objectif de l'exécutif est de favoriser l'investissement dans l'économie. Il s'est donc dit "parfaitement ouvert" à ce que la politique fiscale soit évaluée "d'ici deux ans".

"Nous allons regarder si la réinjection dans notre économie de moyens financiers très importants, avec le prélèvement forfaitaire unique notamment et avec la suppression de l'ISF sur les valeurs mobilières, a bien profité à la croissance, à nos entrepreneurs et à l'emploi", a déclaré le ministre lors d'un débat organisé par le cabinet de juristes d'affaires ARC...

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