Entre ordonnances et menace de grève, une semaine agitée pour la SNCF

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Le siège de la SNCF à Paris le 5 août 2015
Le siège de la SNCF à Paris le 5 août 2015
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AFP, publié le lundi 12 mars 2018 à 14h42

Une semaine décisive s'ouvre pour la SNCF avec la présentation mercredi de la loi sur les ordonnances permettant de réformer le secteur ferroviaire, la remise jeudi de la feuille de route de son patron Guillaume Pepy et une décision des syndicats sur une probable grève.

La ministre des Transports Elisabeth Borne doit présenter mercredi, en Conseil des ministres, le projet de loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances pour lancer sa réforme, un débat étant prévu au Parlement à la mi-avril. 

Le texte --objet d'arbitrages entre son cabinet, Matignon et l'Élysée-- devrait rester assez vague dans l'immédiat, dit-on au gouvernement. 

Il s'agit notamment de "lister les thèmes des réformes": notamment la transcription dans la loi française des textes européens qui prévoient l'ouverture à la concurrence, la transformation de la SNCF en société nationale à capitaux publics et la suppression du statut de cheminot pour les nouvelles recrues.

L'idée du Premier ministre Édouard Philippe est ensuite de remplacer progressivement les ordonnances par des amendements législatifs, au fur et à mesure que la concertation avec les syndicats et le débat parlementaire avanceront, pour les cantonner "aux seuls aspects techniques".

En annonçant sa réforme en février, M. Philippe a aussi demandé à la SNCF de lui proposer avant l'été un "projet stratégique", pour qu'elle soit plus efficace. Et Guillaume Pepy doit en présenter jeudi matin "le menu" à Mme Borne. C'est-à-dire les thèmes, la méthode et le calendrier.

Le patron de la SNCF a déjà dressé la liste des thèmes qu'il compte aborder: "efficacité industrielle, compétences élargies dans les métiers, création de nouveaux métiers polyvalents, accélération digitale, organisation locale du travail, simplification, et nouvelle organisation." 

M. Philippe veut en particulier que la SNCF "(aligne) ses coûts sur les standards européens", quand "faire rouler un train en France coûte 30% plus cher qu'ailleurs".

A cet égard, le statut représente un tiers de ces surcoûts, selon la direction. Quant à l'organisation du travail, la même direction a encore en travers de la gorge l'intervention du gouvernement précédent qui avait torpillé ses projets d'optimisation au printemps 2016, pour éviter une grève illimitée à la veille de la coupe d'Europe de football, en pleine mobilisation contre la loi El Khomri.

- #JaimelaSNCF -

Le débat a gagné les réseaux sociaux, avec notamment la floraison du mot-clef #JaimelaSNCF, repris aussi bien par des cheminots fiers de leur métier que des dirigeants de l'entreprise... et aussi avec ironie par des voix critiques se plaignant par exemple du retard de leur train. 

"Il y a chez les cheminots une crainte de l'ouverture à la concurrence et la volonté d'avoir une entreprise solide pour y faire face. Il y aussi la fierté de montrer que le rail français est le meilleur", observe un ministre pour qui le gouvernement "n'est pas tombé dans la caricature du cheminot fainéant".

Les syndicats de cheminots affichent un front unitaire depuis l'annonce du recours aux ordonnances et de la fin des recrutements au statut. Ils ont notamment appelé à manifester le 22 mars, jour de mobilisation des fonctionnaires.

Les quatre organisations représentatives --CGT, Unsa, SUD Rail et CFDT-- ont choisi d'attendre les annonces du gouvernement et de M. Pepy, avant de décider, jeudi soir, s'ils lancent ou non une grève dure.

SUD Rail a déjà indiqué qu'il "(exigerait) de l'intersyndicale qu'elle fixe unitairement une date de départ en grève reconductible".

SUD et la CGT manifesteront dès lundi soir devant le lieu festif où la direction de la SNCF célébrera les 80 ans de l'entreprise, près de la Gare de Lyon à Paris. La CFDT y prévoit une opération "originale".

La fête de lundi était "prévue de longue date", et le public pourra encore profiter des animations pendant plusieurs semaines. "La vie continue par ailleurs, il n'y a pas que la réforme", dit-on à la direction.

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15 commentaires - Entre ordonnances et menace de grève, une semaine agitée pour la SNCF
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    cracmouche -

    Moi j'ai une très bonne idée pour Macron pourquoi ne pas faire des ordonnances pour la Fraude Fiscale ? il attend quoi ? car ce sont des Milliards d'Euros qui ne rentrent pas dans la caisse de l'Etat !!!!!

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    gratel -

    bonjour soyons solidaires pas d'omelettes sans casser les œufs , aujourd'hui la SNCF après les hôpitaux l'éducation nationale la poste la police la gendarmerie l'armée , avec MACRON il faut s' y attendre au pire bientôt il faudra bosser pour un salaire imposer par l'Europe , un salaire unique 300 euros par mois

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    la_celtillonne -

    j'ai pas de transport en commun dans mon secteur; paris brest, paris quimper, mais si vous n'êtes pas sur le trajet vous allez à pied.

    dirigés par des nuls avec chauffeurs.

    je soutiens les cheminots

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    MimiReggio -

    il faut que les cheminots bloquent un max les lignes TGV !! il faut que le pays se bouge un peu plus !! on nous prend pour des moutons !! nous nous laissons faire !! stop !! Basta !! les chiffres parlent dans la langue que l'on veut bien traduire !! voilà à quoi s'amuse le gouvernement !!!

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    MimiReggio -

    cela plait . sa va !! cela ne plait pas tant pis !! avec Macron c'est comme ça !!
    à coup d'ordonnance !! il chamboule tout !! ses petits copains de la finance doivent lui demander de se bouger et de faire vite afin que l'ouverture à la concurrence puisse se faire == actionnaires == dividendes dantesques .. cherchez l'erreur !! je suis entrain de me dire qu'au fond Marine Le Pen n'avait pas tout les tords et cet épisode là ... elle l'avait évoqué !!