Équipementiers automobiles: les "Sam" de Decazeville manifestent pour défendre l'emploi

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Des centaines de salariés de l'équipementier automobile Sam ont manifesté pour protester contre de possibles suppressions d'emplois, à Rodez, le 11 mars 2021
Des centaines de salariés de l'équipementier automobile Sam ont manifesté pour protester contre de possibles suppressions d'emplois, à Rodez, le 11 mars 2021
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© AFP, José A. Torres

AFP, publié le jeudi 11 mars 2021 à 16h12

Quelque 600 salariés, 450 selon la police, de l'équipementier automobile Sam ont manifesté jeudi à Rodez pour protester contre de possibles suppressions d'emplois en marge d'une table ronde organisée par la préfète de l'Aveyron en présence d'un représentant du groupe Renault.

Quelque 600 salariés, 450 selon la police, de l'équipementier automobile Sam ont manifesté jeudi à Rodez pour protester contre de possibles suppressions d'emplois en marge d'une table ronde organisée par la préfète de l'Aveyron en présence d'un représentant du groupe Renault.

"Aujourd'hui (jeudi), c'est pour montrer que les salariés ont un visage", explique Sébastien Lallier élu CGT au CSE de la Société aveyronnaise de métallurgie (Sam) de Viviez (Aveyron) en périphérie de Decazeville, un ancien bastion industriel et minier en plein cœur de ce département rural.

La majorité des 357 ouvriers de la Sam, qui occupent depuis mardi leur usine de fonderie automobile, sont venus avec une pancarte autour du cou portant la mention "moins un" pour signifier la disparition annoncée de leur emploi.

"Il faut se battre parce que sinon le territoire va mourir à petit feu", lance le représentant CGT avant de participer à la table ronde organisée par la préfète de l'Aveyron, Valérie Michel-Moreaux, en présence d'élus locaux et d'un représentant du groupe Renault, le principal donneur d'ordre de la Sam.

Devant la salle des fêtes, les manifestants rejoints par des soutiens de l'Unsa, de Sud solidaires, de la CGT Bosch ou de la Confédération paysanne, se sont exprimés bruyamment à grand renfort de pétards et de fumigènes.

C'est au total un millier d'emplois qui pourraient disparaître sur les bassins d'emplois de Decazeville et Rodez, car aux 214 suppressions de poste prévues par le groupe espagnol CIE Automotive seul candidat à la reprise de l'activité de la Sam, s'ajoutent les 750 emplois que la direction de l'usine Bosch d'Onet-le-Château prévoit de faire disparaitre d'ici à 2025.

- "Patriotisme économique" - 

"Il y a un gros problème au niveau national concernant les équipementiers dans le domaine de l'automobile. Je pense que l'Etat français devrait faire en sorte que 50% des équipements soient fabriqués en France", estime Christian Teyssèdre le maire de Rodez.

Les salariés de la Sam et de Bosch "ont raison de vouloir faire entendre leur voix", a-t-il insisté.

Il s'agit d'"un premier point d'étape très important", a indiqué la préfète de l'Aveyron à l'issue de la table ronde.

Mme Michel-Moreaux a souligné que le projet de reprise du groupe espagnol CIE, "qui est le leader mondial de l'aluminium", devait être "retravaillé, amélioré" sur le plan "social mais aussi industriel" avec notamment le concours de Renault.

"Le chiffre d'affaires (réalisé) avec Renault peut être augmenté par rapport à ce qui était prévu initialement", a déclaré la représentante de l'Etat.

Une solution mise en avant depuis plusieurs mois par les salariés qui dénoncent le manque de "patriotisme économique" du groupe français.

Les salariés de la Sam ont prévu de manifester le 21 mars à Decazeville, soit un mois jour pour jour après une première manifestation qui avait réunis plus de 2.000 personnes dans cette cité de 5.000 habitants, qui, en 40 ans, a perdu près des deux tiers de ses habitants.

Un table ronde similaire doit se tenir en préfecture le 19 mars autour, cette fois, du dossier Bosch.

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