Etats-Unis : 2.200 Mds$ pour combattre la pandémie de Covid-19

Etats-Unis : 2.200 Mds$ pour combattre la pandémie de Covid-19
Etats-Unis Washington drapeau

Boursier.com, publié le samedi 28 mars 2020 à 16h22

Donald Trump a signé vendredi soir un plan historique de soutien de 2.200 milliards de dollars afin de soutenir l'économie américaine face à l'épidémie de coronavirus. La maladie a désormais touché 104.860 Américains et fait 1.711 morts dans le pays.

Après avoir minimisé l'ampleur de la pandémie de Covid-19, les autorités américaines ont mis les bouchées doubles pour apporter une réponse monétaire et budgétaire massive afin d'amortir le choc économique qui menace de plonger les Etats-Unis et le reste du monde dans la récession.

Alors que les Etats-Unis sont désormais devenus le pays du monde affichant le plus grand nombre de cas de Covid-19, le Congrès américain a adopté vendredi un plan de soutien sans précédent de 2.200 milliards de dollars à l'économie américaine, un texte qui a été promulgué dans la foulée par le président américain Donald Trump. Ce montant correspond à plus de 10% du PIB annuel des Etats-Unis.

L'épidémie a désormais touché 104.860 Américains et fait 1.711 morts dans le pays, selon le décompte de l'université américaine Johns Hopkins établi samedi après-midi.

Un chèque de 1.200$ pour presque tous les Américains

Ce plan prévoit notamment 500 milliards de dollars pour soutenir les entreprises industrielles les plus affectées via des prêts ou des subventions. Le secteur du transport aérien, frappé de plein fouet par la crise, bénéficiera de 25 Mds$ de subventions aux compagnies transportant des passagers et 8 Mds$ pour le fret aérien et les prestataires de service en aéroport, dont les services de restauration. Les aéroports eux-mêmes bénéficieront de 10 Mds$. En outre, les compagnies aériennes devraient avoir accès à 29 Mds$ de crédit.

Par ailleurs, 500 Mds$ seront affectés aux aides directes pour les Américains, sous forme de chèques envoyés à des millions de ménages, sous condition de ressources (75.000$ brut par an, soit 68.000 euros, pour une personne seule). Une personne seule recevra ainsi 1.200$, un couple 2.400$, plus 500$ par enfant à charge.

En outre, 350 Mds$ seront consacrés à des prêts aux petites entreprises, 250 Mds$ pour les mesures d'aides aux chômeurs, au moins 100 Mds$ pour les hôpitaux et le système de santé, ainsi que des fonds supplémentaires pour les autres besoins de santé et près de 150 Mds$ pour aider les Etats et les autorités locales à combattre l'épidémie.

Pas de confinement au niveau national

L'adoption de ce plan, associé à des annonces choc de la Réserve fédérale américaine, a permis aux marchés financiers de rebondir cette semaine : l'indice Dow Jones a regagné près de 13% en 5 séances après avoir abandonné plus de 17% la semaine précédente... Les investisseurs espèrent que les mesures d'exception adoptées par la Réserve fédérale et le gouvernement américain sauront atténuer le choc subi par l'économie américaine, ou du moins préparer l'économie en vue d'un redémarrage le plus rapide possible après le passage de la vague épidémique.

Le président américain Donald Trump a décrété le 13 mars dernier l'état d'urgence sanitaire aux Etats-Unis, mais il s'est refusé jusqu'à présent à appeler au confinement au niveau national. Néanmoins, parmi la trentaine d'Etats qui ont désormais pris des mesures d'urgence face à la propagation de l'épidémie, beaucoup ont adopté des mesures de confinement à des degrés divers, dont New York et la Californie.

Vers une récession courte ou une crise durable ?

Donald Trump ne cache pas sa crainte d'une grave récession économique aux Etats-Unis si les mesures de confinement se prolongent. Le 24 mars, il a émis le souhait que les restrictions soient levées pour Pâques, le 12 avril prochain.

Au niveau actuel, les cours de Bourse à Wall Street semblent plutôt refléter les attentes d'une récession brutale mais courte aux Etats-Unis, limitée à deux trimestres. Les économistes de la banque JP Morgan Chase estiment que le PIB des Etats-Unis pourrait fondre de 14% au 2e trimestre, tandis que Goldman Sachs entrevoit une chute de 24% sur la même période.

La question est désormais de savoir à quel horizon l'épidémie pourra être jugulée sur le plan sanitaire, et si après un semestre de baisse du PIB, l'économie parviendra à redémarrer rapidement, ou si la crise s'installera dans la durée, entraînant une nouvelle baisse des marchés boursiers.

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