Eurogroupe : les Pays-Bas accusés de bloquer les négociations

Eurogroupe : les Pays-Bas accusés de bloquer les négociations©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 08 avril 2020 à 15h40

"Je ne veux pointer du doigt personne parce que je pense que ce serait totalement inutile", assure le ministre français des Finances. Mais en coulisses, les Pays-Bas sont accusés d'avoir bloqué les discussions.

C'était une réunion très attendue, alors que la pandémie de coronavirus continue de faire des ravages considérables dans l'économie... Malgré plus de 16 heures de discussions, les ministres des Finances de la zone euro ont annoncé mercredi n'être pas parvenus à ce stade à trouver un accord sur les mesures à prendre pour faire face aux conséquences économiques de la crise.

Les mesures attendues portent sur un ensemble de décisions représentant plus de 500 milliards d'euros, avec des pistes qui divisent les participants, comme la création de "coronabonds", des obligations mutualisées, ou encore le recours au Mécanisme européen de stabilité (MES) - dispositif de gestion des crises financières mis en place en 2012...

Responsabilité politique

Le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a ainsi exhorté mercredi ses homologues à boucler un accord dans les 24 heures.

"Je ne veux pointer du doigt personne parce que je pense que ce serait totalement inutile et parce que je crois profondément (...) que notre responsabilité politique est d'aboutir à un accord dans les 24 heures, un échec est impensable", a-t-il déclaré lors du compte rendu du conseil des ministres à l'Elysée. "Nous mettrons tout notre poids dans cette bataille pour parvenir à un accord", a-t-il ajouté.

Les Pays-Bas accusés de bloquer les discussions

Mais en coulisses, un pays est particulièrement visé, accusé d'avoir paralysé les négociations ces dernières heures. Le blocage par les Pays-Bas, d'une décision sur le mécanisme européen de stabilité est "incompréhensible" et "ne peut pas durer", a déclaré mercredi une source à la présidence française à l'agence de presse Reuters.

Pour ses partisans, le recours au MES constitue une alternative valable à l'émission de coronabonds. L'Italie et l'Espagne, pays de la zone euro les plus lourdement frappés par la pandémie, sont aussi les plus fervents partisans de la création de ces obligations mutualisées.

La France et six autres pays plaident également en faveur de ce nouvel instrument de dette commun. Mais les Pays-Bas, l'Allemagne et d'autres Etats comme la Finlande s'opposent toujours à cette idée...

Les Etats-membres envisagent par ailleurs d'apporter 25 milliards d'euros de garanties à la Banque européenne d'investissement (BEI) qui lui permettrait d'accorder en retour jusqu'à 200 milliards de prêts additionnels. Les discussions doivent reprendre jeudi matin...

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