Face à la crise sanitaire, le marché de gros de Toulouse mise sur la diversification

Chargement en cours
Des producteurs et acheteurs au Marché d'Intérêt National (MIN), le 13 novembre 2020 à Toulouse
Des producteurs et acheteurs au Marché d'Intérêt National (MIN), le 13 novembre 2020 à Toulouse
1/4
© AFP, GEORGES GOBET

AFP, publié le vendredi 13 novembre 2020 à 17h37

Avec plus de 150 entreprises, près de 300 producteurs et des milliers d'acheteurs, le marché de gros de Toulouse, deuxième de France après Rungis, diversifie ses activités pour faire face à la crise du Covid-19.

"Au MIN (marché d'intérêt national) de Toulouse, on a depuis trois ans la volonté de développer nos services, mais cette tendance s'est nettement accélérée depuis le premier confinement", explique à l'AFP sa directrice, Maguelone Pontier.

De nombreuses petites entreprises et startups qui proposent des solutions adaptées à la situation sanitaire inédite, avec des applications de livraisons à domicile, de consignes ou de localisation des commerces autour de chez soi, se sont installées au MIN depuis le début de la crise.

Et un grand plateau de bureaux de 1.000 m² sera par ailleurs inauguré au printemps 2021.

Des associations ont également pris possession des lieux "grâce aux financements de la Région et de la Métropole", comme celle des Belles Gamelles créée par un collectif de chefs toulousains, indique Mme Pontier.

"Face à l'augmentation de la précarité alimentaire, ils ont décidé de produire des centaines de repas par jour, distribués à différentes associations ou banques alimentaires", ajoute-t-elle.

"On a dû se réinventer, apprendre à travailler autrement, mais aujourd'hui le taux d'occupation du MIN est historiquement haut, à 97%", se félicite la directrice.

A 4H00 du matin, le ballet des camions de transport et des cageots de fruits et légumes bat déjà son plein du côté des grossistes, même si le moral n'est pas toujours au rendez-vous.

"On a perdu les 3/4 de nos clients. Quand je vois l'état de nos comptes, je ne suis pas sûre qu'on puisse s'en sortir", affirme Céline Madrolle, responsable administrative d'une petite entreprise familiale qui approvisionnait une cinquantaine de restaurants toulousains.

"Aujourd'hui, ce qui nous fait tenir, ce sont quelques maisons de retraites, crèches et cantines, mais ce n'est pas assez", se désole-t-elle.

Un peu plus loin, les premiers clients se pressent au carreau des producteurs locaux.

Pour Bruno Parise, producteur de fruits et légumes en Haute-Garonne, la situation est "assez bonne", malgré la crise sanitaire.

"A part lors du premier confinement où les marchés de plein vent étaient fermés, on continue à travailler normalement, car nos principaux clients restent les primeurs", raconte le sexagénaire, disposant dans un cageot ses dernières courges spaghetti de la saison.

"Etonnamment, ce qui a été le plus dur pour nous cette année, c'est la chaleur qui a endigué une grande partie de la récolte", dit-il, pointant "un réchauffement climatique qui créé plus de casse que la crise sanitaire".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.