Facebook agit pour relâcher la pression, sans vrai risque financier

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 Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg à Sun Valley, aux Etats-Unis, le 14 juillet 2017

Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg à Sun Valley, aux Etats-Unis, le 14 juillet 2017

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AFP, publié le samedi 13 janvier 2018 à 10h06

La décision de Facebook de réduire la présence des marques et des médias sur les fils d'actualité de ses utilisateurs intervient après des mois de polémiques autour du réseau social, qui devrait perdre des recettes publicitaires à court terme mais devrait y gagner à plus long terme.

Dans sa lettre ouverte, postée jeudi sur sa page Facebook, le PDG Mark Zuckerberg affirme vouloir privilégier le "bien-être" de ses deux milliards d'utilisateurs, tout en laissant entendre que cette décision va coûter de l'argent au géant californien.

L'annonce fait écho aux voeux du fondateur du plus grand réseau social au monde qui, la semaine dernière, avait reconnu des "erreurs" et promis d'essayer d'y remédier en 2018.

Le patron en tee-shirt tente ainsi de rompre le cycle négatif dont lui et son groupe pâtissent depuis l'élection de Donald Trump.

Il avait initialement choisi une toute autre ligne, et réfuté sèchement, mi-novembre 2016, toute responsabilité de Facebook dans le résultat du scrutin présidentiel américain, qualifiant l'idée même de "folle".

Mais plusieurs éléments l'avaient ensuite contredit. Le site BuzzFeed avait notamment montré que durant les trois derniers mois de la campagne, les fausses informations avaient davantage attiré l'attention des utilisateurs de Facebook que les articles rapportant de vraies informations.

A peine un mois plus tard, le groupe de Menlo Park changeait de ton et a depuis multiplié les mesures pour désamorcer les critiques, notamment pour empêcher la diffusion de contenus violents ou choquants après qu'un jeune Thaïlandais a diffusé en direct sur la plateforme le meurtre de sa fille et son propre suicide.

Mais la controverse semblait coller aux basques du réseau social, qui s'est retrouvé mêlé à l'enquête sur une possible influence de la Russie dans l'élection présidentielle américaine.

- Tentative de rédemption ? -

Le groupe a révélé de lui-même en septembre que des comptes activés depuis la Russie avaient acheté sur Facebook des espaces publicitaires pour créer des tensions durant la campagne.

En septembre toujours, ProPublica a montré que les annonceurs pouvaient utiliser des filtres sur Facebook pour s'adresser aux utilisateurs affichant des sympathies antisémites.

Un sondage réalisé à cette époque par USA Today indiquait que l'opinion reprochait majoritairement à Facebook de ne pas avoir été plus proactif dans le dossier russe.

L'annonce de jeudi s'inscrit dans cette quête de rédemption qui dure depuis 14 mois.

Pour autant, la marque Facebook ne semble pas avoir été affectée par cette mauvaise passe. Une étude de l'institut NetBase, publiée en août, en faisait la marque préférée des internautes dans le monde.

A fin septembre, dernier pointage en date, le nombre d'utilisateurs mensuels était en hausse de 16% sur un an, à 2,07 milliards.

Et si l'annonce de jeudi a malmené le titre en Bourse vendredi (-4,47%), les analystes ne s'inquiétaient guère des perspectives du groupe à moyen ou long terme.

Pour Brian Weiser, analyste du cabinet Pivotal Research Group, des "vents contraires" sont à prévoir pour la croissance à court terme, car la moindre visibilité des marques va vraisemblablement diminuer les revenus publicitaires. Mais "ces décisions devraient être profitables à la santé de l'entreprise à long terme", dit-il.

Mark Zuckerberg dit publiquement s'attendre à ce que la modification du fil d'actualité fasse baisser le temps passé sur le réseau social, mais pour les analystes de RBC Capital Markets, "le fait de rationaliser le fil devrait", au contraire, "faire croître, avec le temps, le nombre d'utilisateurs et leur activité" sur Facebook.

Pour plusieurs analystes, fort de ses deux milliards d'utilisateurs, un portefeuille de clients qui dépasse de très loin tout ce qu'a connu le capitalisme jusqu'ici, Facebook est en position de force et peut relever les tarifs qu'il demande aux annonceurs, quitte à se concentrer sur les plus importants d'entre eux.

Co-fondatrice du site allemand Edition F, dédié aux femmes, Susann Hoffmann rappelait, en réponse au message de Mark Zuckerberg, que Facebook avait fait ce choix de manière unilatérale, sans concertation.

"Facebook décide pour ses utilisateurs ce qui est pertinent pour eux ou non", a-t-elle regretté. "Pourquoi ne pas faire preuve d'ouverture et demander aux utilisateurs de décider ce qu'ils voudraient voir ?"

 
8 commentaires - Facebook agit pour relâcher la pression, sans vrai risque financier
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    ajlbn -

    La bonne question est: "qui paye la publicité et les publicitaires?" La réponse est: "le dernier utilisateur, le client, le dernier maillon de la chaîne, la proie", c'est à dire le consommateur du produit ou du service, objet de la publicité. Et quand la publicité vous affirme qu'un produit ou un service est gratuit, alors le vrai produit, c'est: Vous!
    Ainsi, un paquet de biscottes, qui ö merveille sponsorise un événement ou un sport, et bien dans les 2 € du paquet, vous avec mettons 50-60% représentant la valeur de la part à consommer, et le reste, c'est de l'étude, de la production, de l'emballage, du marketing, du stockage, du transport, des marges, de la pub partout, du sponsoring (même si vous n'aimez pas le sport subventionné), des taxes, de la pub TV (la plus chère), des remises exceptionnelles, qu'il faut bien que quelqu'un paye, des cadeaux publicitaires, des frais de retours et de destruction, etc...Enfin tous les stades de la vie d'un produit! Et soyez certain que l'argent ne sort que d'une poche: la vôtre! Merci le dernier maillon!

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    ajlbn -

    La censure sur le Forum ORANGE rejette quasi systématiquement tous les propos qui vont à l'encontre le la nouvelle majorité, mais également tous propos, même factuels, et surtout factuels, qui peuvent ne pas convenir à la mouvance identitaire et nationaliste. Mes avis et commentaires sont rejetés des dizaines de fois, alors qu'ils respectent la charte, ne comportent ni majuscule, ni insulte, ni propos raciste, ni grossièreté, ce qui n'est pas le cas de certains commentaires qui sont pourtant publiés sans problème. Il y a donc bien ostracisme, obstruction, et volonté de museler ceux qui ne pensent pas selon le dogme! Et je ne suis pas le seul et le premier à m'en plaindre. Il y a plus qu'un simple relent de police politique ou de la pensée! Il serait temps que les censurés s'associent dans un comité de Défense de la Liberté d'expression responsable!
    Voici à titre d'exemple, deux de mes commentaires systématiquement refusés abusivement:
    Mon journal, qui n'est pas en privé, est rempli d'exemples .
    référence à l'article :
    Sondage : Macron et Philippe à nouveau en forte hausse
    Statut : refusé
    Il y a 2 heures
    Se pose la question de la composition du panel de sondés! J'ai fait un sondage honnête chez moi! 100% des personnes consultées sont mécontentes de de gouvernement. Et avec de bonnes raisons comme ci-dessous!
    Les Lois Gattaz-Valls-Hollande-Macron se heurtent aux réalités de la vraie vie! Le patronat nous voulait taillables et corvéables à merci. Pour ce faire, le gouvernement a joué la carte de la division, entre les citoyens, les salariés du privé, du public, les chômeurs, les stagiaires, les retraités, les malades, les étudiants, les artisans, etc...et la division entre les syndicats, en faisant miroiter à certains la possibilité de devenir l'interlocuteur privilégié du pouvoir! Mais les bases syndicales, les délégués de terrain, eux sont restés unis. On les a vu dans les manifs nombreuses! Nos dirigeants ont ajouté, à diverses époques du mépris des insultes à notre endroit! Le "casse toi pauv' c.." de Sarkozy ne s'adressait pas qu'à une personne! Les "sans dent" de Hollande était bien collectif, les riens, les fainéants, les fouteurs de bor..ls, les assistés et autres mots de Macron, étaient de la même veine! Patrons, nous ne serons pas vos nouveaux esclaves! Ni nos enfants et petits enfants!
    26-fois censuré-repassé
    -------------------

    référence à l'article :
    Les adhérents du Front national sont-ils opposés à un changement de nom ?
    Statut : refusé
    Il y a 2 heures
    Le nom Front National, était pendant la dernière guerre et jusqu'en 1948, celui d'un groupe de résistants proches du parti communiste! Autant dire qu'il représentait, avec d'autres, la lutte contre les nazis, les collaborateurs, et les groupuscules d'extrême droite et pétainistes! Donc rien à voir avec l'actuel mouvement!
    47- fois censuré =repassé

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    didercool02 -

    C'est quoi un fake news ? C'est une nouvelle qui ne va pas dans le sens des médias.
    C'est quoi une bonne information ?C'est une nouvelle qui va dans le sens des médias.

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    nationF -

    .youtube.com/watch?v=OyDP5PLDFPg

    I-Média#183 : Complotisme, a-t-on le droit de douter ?

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    coincoins -

    Ah les réseaux sociaux....
    S'ils étaient aussi performants, au niveau social, on ne verrait plus personne dormir dans les rues.

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