Facebook fait son mea culpa après le scandale Cambridge Analytica

Facebook fait son mea culpa après le scandale Cambridge Analytica
Mark Zuckerberg le fondateur du premier réseau social mondial Facebook

Boursier.com, publié le jeudi 22 mars 2018 à 06h41

Beaucoup lui reprochaient d'avoir gardé le silence durant les premiers jours du scandale Cambridge Analytica. D'autres l'accusaient de prendre l'affaire à la légère. Rares étaient ceux qui le soutenaient. Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, a pris position hier soir. Tous les grands médias le voulaient ? Qu'à cela ne tienne, le dirigeant s'est lancé dans un marathon puisqu'après avoir publié un communiqué, il est passé par le New York Times, à CNN ou Recode pour diffuser son message.

Et que dit ce message ? Le fondateur du plus grand réseau social du monde a fait amende honorable, ce qui semble la moindre des choses. Nous avons la responsabilité de protéger vos données, peut-on lire dans le long texte publié par le dirigeant sur son compte Facebook, et si nous n'y parvenons pas, nous ne vous méritons pas. Il reconnaît que Facebook a fait des erreurs mais que les actions pour prévenir ce type de situation ont été engagées. Zuckerberg y rappelle aussi les faits, depuis la création de Facebook en 2007, la récupération des données en 2013 grâce à une application développée par un chercheur, Aleksandr Kogan, et leur récupération par Cambridge Analytica, qui aurait dû les détruire en 2015 mais qui ne l'a pas fait. Des procédures judiciaires sont en cours à ce propos.

Des conditions d'accès plus strictes

Mark Zuckerberg explique aussi aux utilisateurs de Facebook dans sa prose qu'à la suite des premières découvertes, plusieurs barrières à l'utilisation des données ont été créées. Autrement dit, la situation actuelle est bien meilleure que lorsque Kogan avait pu récupérer des données avec son application (désormais bannie) en exploitant les failles de jeunesse du réseau social. Les conditions d'accès des développeurs aux données personnelles sont et seront à l'avenir encore plus restrictives, promet le patron du groupe, qui évoque de nouvelles initiatives en ce sens, annoncées dans les prochains jours. J'ai lancé Facebook et je suis responsable au quotidien de ce qui se passe sur la plateforme, poursuit Zuckerberg, qui reconnaît que régler ces questions prend plus de temps que ce qu'il faudrait.

Kogan mis en cause

Le mea culpa est au centre de la stratégie de communication. Avec CNN et Recode, le dirigeant a parlé d'abus de confiance majeur et a même accepté l'idée d'être entendu par une commission d'enquête du Congrès américain (pour faire court, j'en serai heureux si c'est la bonne chose à faire). Quant à Aleksandr Kogan, largement brocardé par Facebook, il estime être le bouc émissaire idéal. L'Université de Cambridge au Royaume-Uni, son employeur, a demandé à l'Américain de lui transmettre les éléments qui pourraient mettre en cause le chercheur. Mais elle précise qu'à ce stade de ses investigations, rien ne laisse penser que le docteur Kogan ait manqué aux accords qui le lient à l'institution.

L'affaire est loin d'être terminée, même si les marchés financiers, en faisant rebondir hier l'action Facebook après qu'elle eut perdu 45 milliards de dollars de capitalisation, montrent qu'ils considèrent que la sanction financière a assez duré. Le dossier pèse encore 493 Mds$, après avoir cédé environ 10% sur les deux premières séances de la semaine. Le volet politique pourrait prendre le relai. Le directeur général de Cambridge Analytica, suspendu avant-hier, a clairement indiqué dans un enregistrement réalisé à son insu que la société avait joué un rôle pour que Donald Trump accède à la présidence américaine.

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