Facebook : la France crée un groupe de travail du G7 sur les cryptomonnaies

Facebook : la France crée un groupe de travail du G7 sur les cryptomonnaies©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 24 juin 2019 à 05h48

Paris souhaite que la communauté internationale fixe un cadre pour que la future cryptomonnaie Libra ne reste qu'un instrument de transaction, sans devenir une monnaie souveraine...

La France, qui préside cette année le G7, a décidé de mettre sur pied un groupe de travail dédié aux projets de cryptomonnaies dont celui de Facebook, a annoncé François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France vendredi. Le géant américain a dévoilé en début de semaine son projet "Libra", qui doit lui permettre de s'imposer dans les paiements, les services financiers et le commerce en ligne dans le monde entier à partir des milliards d'utilisateurs de ses différents réseaux sociaux...

Paris souhaite que la communauté internationale fixe un cadre afin que la future cryptomonnaie ne reste qu'un instrument de transaction sans devenir une monnaie souveraine.

Le ministre de l'Economie et des Finances "a décidé la mise en place d'une "task force" sur les projets de 'stable coins', le Libra mais pas seulement lui", a déclaré le gouverneur de la Banque de France...

Lancement en 2020

"Nous voulons allier ouverture sur l'innovation et fermeté dans la régulation", a-t-il expliqué lors d'une conférence de l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) sur la lutte contre le blanchiment de capitaux. Ce groupe du travail sera présidé par Benoit Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne, et sera constitué de représentants des banques centrales, a-t-il ajouté.

Libra, dont le lancement est prévu au premier semestre 2020, sera une devise numérique fonctionnant à partir de la technologie blockchain, censée assurer la transparence et la sécurité de toutes les transactions. L'objectif sera de permettre aux utilisateurs de Facebook et aux sites marchands de procéder à des transactions commerciales dans l'environnement Facebook, qui compte deux milliards d'utilisateurs dans le monde.

28 partenaires

Facebook s'est associé à 28 partenaires tels que les spécialistes des paiements Mastercard et Visa, des entreprises commerciales comme Iliad, Spotify ou Uber et des sociétés de capital investissement comme Andreessen Horowitz. Aucune banque ne participe pour l'instant.

Cette nouvelle monnaie suscite beaucoup de questions, mais aussi de critiques. Un des fondateurs du réseau social, Chris Hughes, estime par exemple que le projet de cryptomonnaie de Facebook risque de transférer l'essentiel du contrôle de la politique monétaire des banques centrales vers des entreprises privées, dans une tribune publiée dans le 'Financial Times'. "Si les autorités de régulation dans le monde n'agissent pas maintenant, il pourrait très rapidement être trop tard", écrit-il.

Pour cet ancien camarade de Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, à Harvard, les sociétés qui superviseront cette future monnaie numérique privilégieront leurs intérêts privés, c'est-à-dire leurs bénéfices et leur influence, à l'intérêt public...

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