Facture du Brexit : Theresa May prête à doubler son offre à 40 MdsE

Facture du Brexit : Theresa May prête à doubler son offre à 40 MdsE
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Boursier.com, publié le mardi 21 novembre 2017 à 20h53

Après des semaines de tiraillements politiques entre Londres et l'Union européenne, la question-clé du montant de la  facture que Londres devra payer pour quitter l'UE  pourrait trouver une réponse cette semaine.

Selon la presse britannique, la Première ministre Theresa May, qui a réuni lundi un "conseil de guerre" sur le Brexit, serait désormais prête à doubler le montant dû par Londres, pour le porter à 40 milliard d'euros (un montant qu'elle avait jusqu'ici refusé).

Londres promet mieux que des "clopinettes"

Mme May devrait faire cette nouvelle proposition dès vendredi, à l'occasion d'une rencontre à Bruxelles avec Donald Tusk, le président du Conseil européen. Le 20 septembre dernier, lors d'un sommet à Florence, elle n'avait proposé que 20 MdsE, ce qui avait entraîné un blocage des négociations avec les autorités européennes.

Le 17 octobre dernier, Antonio Tajani, le président du Parlement européen, avait même blâmé l'offre de Londres en la qualifiant de "clopinettes". Si la dernière initiative de Londres vise clairement à sortir de l'impasse actuelle, le montant de 40 MdsE reste toutefois en-deçà du montant estimé jusqu'ici par l'UE, qui réclame une somme de 50 à 60 MdsE.

Londres pressée de passer à la Phase 2 des négociations

Selon le quotidien britannique 'The Independent', Londres espère que sa nouvelle offre permettra d'obtenir de Bruxelles l'ouverture de la seconde phase des négociations, celle qui doit mener concrètement à un accord commercial régissant les futures relations entre le Royaume-Uni et l'UE après le Brexit, dont la date officielle est fixée au 29 mars 2019. Les milieux d'affaires britanniques appellent un accord de leurs voeux, craignant les conséquences néfastes d'un "hard Brexit", sans accord, sur l'économie outre-Manche qui affiche déjà quelques signes de faiblesse...

Ces dernières semaines, des doutes sérieux ont en effet émergé du côté de Bruxelles quant à la possibilité de lancer la deuxième phase des pourparlers lors du prochain Conseil européen, les 14 et 15 décembre prochain. Outre la facture du Brexit, l'UE entend ainsi boucler deux autres dossiers cruciaux avant d'ouvrir la Phase 2. Les Européens veulent d'une part régler la question de la future frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord post-Brexit, et d'autre part, obtenir des garanties claires sur le statut des expatriés européens et britanniques après le Brexit.

Un accord ambitieux reste possible, selon Michel Barnier

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a donné aux Britanniques jusqu'à "début décembre au plus tard" pour progresser sur les "dossiers prioritaires". Michel Barnier, le négociateur en chef de l'Union européenne pour le Brexit, a assuré pour sa part lundi que l'UE était prête à offrir au Royaume-Uni "le plus ambitieux" des accords commerciaux, à condition que Londres respecte les strictes conditions européennes.

M. Barnier a souligné que "si nous parvenons à négocier un retrait ordonné et à établir des règles du jeu équitables pour l'avenir, notre future relation aura toutes les raison d'être ambitieuse".

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