Farnborough: l'omnipotence d'Airbus et Boeing pourrait durer

Chargement en cours
Le salon aéronautique de Farnborough consacre l'omnipotence des deux géants Airbus et Boeing. 
Ci-contre des visiteurs du salon se reposent dans des chaises longues prè-s d'un Airbus A380 sur l'ère de Farnborough, à l'ouest de Londres, le 19 juillet 2018
Le salon aéronautique de Farnborough consacre l'omnipotence des deux géants Airbus et Boeing. Ci-contre des visiteurs du salon se reposent dans des chaises longues prè-s d'un Airbus A380 sur l'ère de Farnborough, à l'ouest de ...
1/3
© AFP, Adrian DENNIS

AFP, publié le jeudi 19 juillet 2018 à 15h57

Le salon aéronautique de Farnborough, dans la banlieue de Londres, a consacré l'omnipotence des deux géants Airbus et Boeing, qui se sont taillés la part du lion en termes de commandes et poussent leur avantage dans le numérique et les services afin d'endiguer la concurrence à venir, notamment chinoise.

Airbus et Boeing ont annoncé pour plus de 150 milliards de dollars (129 milliards d'euros) de commandes au prix catalogue au cours du salon, avec un avantage pour le géant de Seattle. Loin de les affaiblir, la rivalité qui oppose les groupes a ainsi scellé le duopole autour des deux constructeurs au détriment de leurs anciens rivaux désormais partenaires.

"L'histoire continue et malgré un carnet de commandes de plus de 6.000 avions sur le segment mono-couloir, on continue à prendre des commandes très importantes", s'est félicité Guillaume Faury, patron de la branche aviation civile de l'européen Airbus. L'avionneur a revendiqué jeudi 431 commandes depuis le début du salon.

"Vous n'avez pas vu un tel nombre de commandes depuis un moment", a déclaré Ihssane Mounir, vice-président commercial de Boeing. L'américain a revendiqué 673 commandes, dont 145 étaient déjà dans son carnet de commandes.

Le salon ouvert au public en fin de semaine se termine dimanche, mais l'essentiel des commandes a déjà été annoncé. 

Embraer, avec lequel l'Américain Boeing a annoncé un partenariat grâce auquel l'avionneur américain s'empare de la totalité des activités civiles de l'avionneur brésilien, a fait bonne figure avec une quinzaine de milliards de dollars de commandes pendant le salon.

Bombardier a quant à lui profité de son alliance avec Airbus autour du programme CSeries, re-baptisé A220 pour intégrer la gamme de l'européen, pour annoncer une nouvelle commande d'une compagnie américaine, dont le nom n'a pas été révélé, pour 60 A220-300 au prix catalogue de 5,5 milliards de dollars (4,7 milliards d'euros). Elle s'ajoute à une autre commande avec l'américaine JetBlue pour 60 A220 pour un montant équivalent, annoncée avant le salon.

Les motoristes, qui tirent parti de ces commandes dans le sillage des avionneurs, sont les autres gagnants du salon mais ils ne dévoilent pas toujours les montants de ces contrats, dont les profits sont liés à la maintenance et aux services. Le prix du moteur équivaut à la moitié du prix de l'avion sur son cycle de vie, soit 25 à 30 ans.

Forts de leur puissance industrielle, les deux géants entendent à présent profiter de la croissance du marché au cours des 20 prochaines années pour accélérer dans les services et parachever la révolution numérique dans laquelle l'industrie s'est lancée.

Grâce à la gestion en temps réel des données des avions en fonctionnement, ils comptent maintenir leur avance technologique et compétitive pour réduire les coûts de production et d'exploitation de l'avion.

- Concurrence écrasée - 

Tous deux prévoient un doublement de la flotte mondiale d'avions d'ici à 2037. Au total et en y intégrant les services, "nous prévoyons une demande totale de 15.000 milliards de dollars (quelque 12.900 milliards d'euros)" d'ici à 2037, a souligné Randy Tinseth, vice-président chargé du marketing du géant américain lors du salon.

Cela représente un besoin de 42.730 avions neufs selon Boeing, pour 6.300 milliards de dollars (5.400 milliards d'euros), et de 37.390 avions neufs selon Airbus, pour 5.800 milliards de dollars (5.000 milliards d'euros). Les deux rivaux sont au diapason et seule la différence de périmètre explique cet écart.

En moyenne, cela représente une production annuelle d'environ 2.000 avions. Or Airbus et Boeing livrent déjà à eux seuls les trois-quarts: 718 pour Airbus en 2017 et 763 pour Boeing. Ils prévoient d'atteindre ou dépasser les 800 cette année, soit plus de 1.600 avions, et l'américain promet même plus de 900 livraisons à la fin de la décennie.

En dépit des difficultés rencontrées par Airbus autour de la livraison de moteurs, il est parvenu à atteindre ses objectifs de livraison ces deux dernières années.

Pour atteindre ces nouveaux objectifs, tous deux ont engagé une montée en cadence de production d'avions qui laissera peu de place à la concurrence à venir, russe mais plus particulièrement chinoise, pour percer.

Le Chinois Comac vise une entrée en service au cours de la prochaine décennie de son C919, présenté comme le futur rival des A320 et 737 sur le moyen-courrier, mais il est déjà en retard de plusieurs années sur le calendrier initial. Il entend aussi mettre au point en commun avec les Russes un long-courrier, surnommé C-929, à un horizon plus lointain.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU