Farnborough: numérique et big data pour optimiser la maintenance des avions

Farnborough: numérique et big data pour optimiser la maintenance des avions
L'industrie aéronautique avance à grands pas dans la révolution numérique qui lui permet de gagner en productivité et de réduire les coûts de maintenance et d'exploitation des avions

AFP, publié le mercredi 18 juillet 2018 à 15h19

L'industrie aéronautique rassemblée à Farnborough avance à grands pas dans la révolution numérique qui lui permet déjà de gagner en productivité et réduire les coût de maintenance et d'exploitation des avions, grâce au partage et à la gestion en temps réel des données.

En parallèle du match des commandes entre Airbus et Boeing à ce salon dans la banlieue de Londres, les deux géants ont développé des solutions basées sur le big data et la maintenance prédictive pour améliorer la disponibilité des avions en exploitation.

Airbus et Boeing, qui ont engrangé respectivement 51,8 milliards de dollars et 60,8 milliards au troisième jour du salon, se mettent ainsi en ordre de bataille pour capter les services autour de la maintenance des appareils.

Le géant européen a annoncé mercredi l'ouverture aux fournisseurs de sa plateforme, Skywise, lancée en 2017.

Elle permet de collecter les données de vols des compagnies aériennes pour détecter des signaux annonciateurs d'une panne possible et fiabiliser l'exploitation des avions grâce à la maintenance prédictive.

Vingt-deux compagnies y sont associées aujourd'hui, ainsi que dix fournisseurs. Airbus collecte 150.000 données sur son dernier-né, l'A350, et 24.000 sur l'A320, contre 400 seulement il y a 20 ans.

"Notre objectif est de réduire le coût de maintenance et de possession de l'avion", a expliqué Marc Fontaine, chargé de la transformation numérique d'Airbus. "Si on optimise le prédictif avec le partage des données, c'est-à-dire qu'on anticipe les problèmes plutôt que de les résoudre, on optimise les flux, c'est-à-dire que les pièces arrivent au bon moment et au bon endroit, on va mécaniquement réduire ces coûts de maintenance", a-t-il ajouté lors d'un entretien à l'AFP lors du salon.

Son concurrent américain Boeing a lancé en 2017 une nouvelle offre regroupant les activités de plus de 800 analystes du groupe dont la mission consiste à transformer les données en informations exploitables et d'apporter des solutions efficaces à ses clients.

- Ne pas immobiliser l'avion -

"Airplane Health Management"(AHM), qui fait partie de Boeing AnalytX, intégrée à sa branche services, est un outil d'aide à la décision dans la maintenance. Il "intègre la collecte, la surveillance et l'analyse à distance et en temps réel des données sur un avion", afin de permettre à la compagnie de prendre les décisions opérationnelles, et notamment celle de la réparation ou du vol.

"Le big data et l'analyse de données tirent plusieurs segments de l'activité services", a souligné Randy Tinseth, le vice-président chargé du marketing du géant américain lors du salon. "Nous nous concentrons sur le marketing et la planification, les opérations en vol et la maintenance, l'ingénierie et les modification" des avions.

Boeing estime que les services liés à la maintenance et les opérations en vol représenteront respectivement 2.365 milliards de dollars et 1.115 milliards au cours des 20 ans à venir. Airbus, qui a publié ses propres prévisions sur un périmètre différent, estime que les services autour des avions en service, notamment la maintenance, représenteront une valeur de 2.200 milliards de dollars sur 20 ans.

Les 22 compagnies clientes de Skywise représentent environ 2.500 avions soit le quart de la flotte Airbus (10.000 avions) en exploitation. L'objectif est d'avoir "très vite" 10.000 avions, tous constructeurs confondus, afin d'arriver à une masse critique.

Pour des compagnies comme la low-cost easyJet, associée dès le départ à la plateforme, qui opère 1.600 vols par jour avec un temps d'escale moyen de 20 minutes, le moindre incident, la moindre pièce de rechange en retard ou absente peut affecter sa rentabilité.

Marc Fontaine veut en finir avec les situations où les pannes ne sont pas identifiées, mais aussi avec les réparations. "On va changer les composants avant qu'ils ne tombent en panne" afin d'éviter l'immobilisation de l'avion, explique-t-il.

"Pour le faire intelligemment, il faut avoir toute la donnée" de l'avion, de sa conception à son cycle de vie en exploitation commerciale. "On commence alors à avoir des paramètres qui sont spécifiques, qui permettent d'ajuster les opérations de l'avion", poursuit-il.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU