Fed, BCE et BoE au programme cette semaine

Fed, BCE et BoE au programme cette semaine
Fed siège de la Réserve fédérale américaine - Washington

Boursier.com, publié le lundi 11 décembre 2017 à 14h44

Les Banques centrales occidentales sont attendues au tournant cette semaine puisque trois d'entre elles se réunissent. L'occasion peut-être de replacer la politique monétaire au centre de la planète financière et de faire passer au second plan le phénomène bitcoin. Un pari loin d'être gagné alors qu'aucune surprise n'est attendue de part et d'autre de l'Atlantique.

La Réserve fédérale américaine lancera les hostilités mercredi soir. Il apparaît d'ores et déjà acté que la Fed relèvera d'un quart de point l'objectif de taux des "fed funds", soit entre 1,25 et 1,50%. L'outil FedWatch du CME Group assigne en effet une probabilité de 90,2% à une telle issue. La première économie mondiale se porte très bien comme en attestent les derniers chiffres de l'emploi dévoilés vendredi, mais la Fed reste toujours confrontée à une inflation basse, loin de son objectif de stabilité des prix. Les propos de la présidente de la Fed, Janet Yellen, sur le rythme des hausses de taux l'an prochain seront à ce titre scrutés de près par les investisseurs. Une majorité des économistes interrogés par Thomson Reuters anticipent désormais une accélération progressive du resserrement monétaire avec trois nouvelles hausses des taux en 2018, des anticipations en ligne avec les prévisions de la Fed.

Chez Nomura, on estime malgré tout que la réunion de mercredi devrait être en grande partie "un non-événement". L'équipe de recherche du broker japonais ne voit pas non plus le besoin pour la Fed d'envoyer un signal haussier ou baissier clair alors qu'il s'agira de la dernière réunion de l'Institution sous la présidence Yellen: "Nous ne pensons pas que la Fed veuille réduire la flexibilité de Powell alors qu'une période de transition de leadership va s'ouvrir. Les membres de la Fed devraient également se satisfaire d'avoir réussi à atteindre leurs prévisions initiales de taux 2017 tout en ayant vu les attentes du marché convergées vers leurs prévisions au fil de l'année".

Statu quo pour la BoE...

Après la Fed, la Banque d'Angleterre et la Banque centrale européenne seront sur le pont jeudi. Après avoir relevé pour la première fois en une décennie ses taux le mois dernier, la BoE devrait observer le statu. "Nous doutons que les nouvelles économiques aient suffisamment bougé pour que le MPC reconsidère sa vision de l'économie", affirme à 'CityAM.com' Philip Shaw, économiste chez Investec. Alors que l'inflation est nettement supérieure à l'objectif de 2% de la Banque, les faibles perspectives de productivité au Royaume-Uni laissent craindre une hausse trop rapide des taux, selon Ben Robinson, économiste au Forum des institutions monétaires et financières officielles. Le marché anticipe pour le moment deux nouvelles hausses de taux d'un quart de point d'ici la fin 2020.

Et la BCE?

La BCE devrait, quelques minutes après son homologue britannique, également laisser ses taux inchangés. Les investisseurs suivront néanmoins avec attention la conférence de presse du président Mario Draghi, à la recherche d'indications sur la future trajectoire que pourrait prendre l'institution en matière de politique monétaire. Les prévisions macroéconomiques de l'Institution seront également scrutées de près. Stéphane Déo, stratégiste chez la  LBPAM, s'attend  à une révision à la hausse des chiffres de croissance (prévisions de septembre : 1,8% pour 2018 et 1,7% pour 2019) et d'inflation à cause de l'effet mécanique des prix du pétrole (prévisions de septembre : 1,2% pour 2018 et 1,5% pour 2019).

"Il est improbable que la BCE modifie ses prévisions à court terme, provoquant des anticipations prématurées d'une première hausse des taux, en dépit des déclarations de plusieurs gouverneurs prônant plus de flexibilité", estiment les économistes de Société Générale. La BCE a annoncé fin octobre qu'elle réduirait ses achats de titres à 30 milliards d'euros par mois à partir de janvier et jusqu'en septembre prochain. Selon une enquête Reuters, une majorité d'économistes estiment que la fin de l'assouplissement quantitatif de la BCE interviendra au plus tard en décembre 2018 mais quelques-uns s'attendent à une prolongation jusqu'à la mi-2019.

Pour Franck Dixmier, directeur des gestions obligataires d'AllianzGI, il ne serait pas surprenant d'observer une évolution de la communication de la BCE, la "forward guidance", visant à rompre le lien entre la poursuite des achats d'actifs et l'inflation. "A travers quelques déclarations récentes de membres de la BCE, il semblerait que l'ancrage trop fort des taux d'intérêts sur des niveaux extrêmement bas soit perçu de plus en plus comme un danger à terme pour la stabilité financière. S'il est peut-être trop tôt pour attendre une communication précise d'une date de fin du programme d'achat -qui ne saurait néanmoins trop tarder- il va être intéressant de guetter les inflexions dans les messages aux marchés qui certes vont réduire les options disponibles pour la BCE, mais accroitre la transparence de la politique monétaire pour les investisseurs".

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.