Fermeture des bars et restaurants : des aides "insuffisantes", selon la CPME

Fermeture des bars et restaurants : des aides "insuffisantes", selon la CPME
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Boursier.com, publié le vendredi 25 septembre 2020 à 16h33

Les mesures de soutien annoncées par le Premier ministre "sont conditionnées à une baisse de chiffre d'affaires d'au moins 50%", a regretté l'organisation patronale...

Les aides annoncées ne couvriront pas l'ensemble des pertes... Alors que les nouvelles règles sanitaires imposent la fermeture totale ou partielle de cafés, restaurants ou salles de sport, les mesures d'aides annoncées jeudi soir par Jean Castex sont "insuffisantes", a estimé ce vendredi la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME).

"Des mesures de soutien ont d'ores et déjà été annoncées par le Premier ministre portant, en particulier, sur le chômage partiel, le renforcement du fonds de solidarité et sur des exonérations de charges sociales. Mais celles-ci sont conditionnées à une baisse de chiffre d'affaires d'au moins 50%", a regretté l'organisation patronale.

"Ces aides sont clairement insuffisantes", a-t-elle ainsi jugé, rappelant que l'enjeu est "celui de la survie de très nombreuses entreprises confrontées à des difficultés sans précédent et dans l'impossibilité de prévoir l'avenir de leur activité à court et moyen terme".

Retrait des mesures de restriction exigé

Mercredi, Olivier Véran avait pour rappel annoncé la fermeture pure et simple des bars et restaurants dès samedi dans la métropole d'Aix-Marseille et en Guadeloupe, et la fermeture des bars à partir de 22 heures dans une dizaine de grandes villes dont Paris à partir de lundi, afin de lutter contre une reprise de l'épidémie de Covid-19.

Ce vendredi, la préfecture de police a confirmé, dans un message transmis aux maires d'arrondissement, que les bars devront bien fermer à 22h dans la capitale. Les restaurants, qui ne servent "pas d'alcool sans nourriture", ne seront pas concernés par cette restriction anti-Covid.

Le secteur français de l'hôtellerie-restauration avait haussé le ton jeudi, en exigeant le retrait immédiat des nouvelles mesures de restriction visant les bars et restaurants. "La profession demande le retrait immédiat de ces décisions. Les organisations professionnelles défendront l'intérêt du secteur devant les tribunaux si besoin", ont ainsi déclaré quatre groupements interprofessionnels, dont l'UMIH (Union des métiers des industries de l'hôtellerie).

Appel au dialogue

"Au-delà des enjeux économiques et sociaux", la CPME a estime que "le dialogue" devait prévaloir pour "faire face à la désespérance de nombreux indépendants qui se retrouvent acculés". "Sans remettre en cause la politique sanitaire, il est maintenant impératif que les éventuels 'tours de vis' visant à éviter la propagation du virus, soient précédés de véritables échanges", a-t-elle insisté.

Dans un communiqué commun, la Fédération Nationale des Boissons, Brasseurs de France et la Fédération Française des Spiritueux ont dit également regretter "une décision prise sans concertation", dénonçant dans le même temps "une mesure stigmatisante" qui risque de "dégrader encore la situation économique de nos entreprises, des cafés et des restaurants".

Elisabeth Borne, ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion, a quant à elle parlé d'une décision "difficile mais indispensable" et a promis un renforcement de l'aide. "Il faut agir maintenant pour éviter de se retrouver dans la situation du mois de mars", a-t-elle déclaré sur CNews, soulignant que Marseille était à "cinq fois le taux d'alerte".

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