Fessenheim : des échanges "constructifs" et plus si affinités ?

Fessenheim : des échanges "constructifs" et plus si affinités ?
Fessenheim, salle de contrôle

Boursier.com, publié le vendredi 19 janvier 2018 à 11h11

Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique, Sébastien Lecornu, a rencontré à Colmar les représentants du personnel de la centrale nucléaire de Fessenheim qui sont  opposés à sa fermeture, échanges qualifiés de "constructifs" de part et d'autre...

L'envoyé de Nicolas Hulot inaugurait hier un déplacement de trois jours en Alsace au cours duquel il doit également rencontrer les représentants des collectivités locales et des milieux économiques alsaciens et allemands avant d'installer le comité de pilotage chargé de réfléchir à la reconversion du site...

Dialogue relancé

Les syndicats de la plus ancienne centrale nucléaire française avaient toujours refusé le dialogue avec un représentant du gouvernement, depuis que François Hollande avait annoncé la fermeture du site, en 2012, dans un délai de 5 ans finalement non tenu...

"On a constaté notre désaccord à savoir, moi qui leur ai réaffirmé la fermeture de Fessenheim, eux, quelles que soient les organisations syndicales, qui m'ont redit qu'ils étaient contre cette décision, mais une fois qu'on s'est dit ça, on a parlé de l'après", a expliqué Sébastien Lecornu, après pas moins de trois heures et demie de discussion à la préfecture.

"Les échanges ont été globalement constructifs. On a besoin de réfléchir à ce qui a été dit... On en parlera plus tard", a indiqué pour sa part le représentant de la CGT, Jean-Luc Cardoso.

Pas de solution miracle

Selon le secrétaire d'Etat, le dialogue a porté sur l'avenir des 750 agents EDF et des 330 salariés sous-traitants employés sur la centrale, sur les emplois induits, dont un millier directement, mais aussi sur la réindustrialisation du bassin d'emploi... "L'hypothèse de la création d'une zone d'activité à vocation franco-allemande a été évoquée", a souligné le ministre.

Interrogé sur la possibilité d'y instaurer une fiscalité dérogatoire, comme le souhaitent les élus locaux, il a affirmé que "si le projet est solide, et je ne doute pas qu'il sera solide, l'Etat, le gouvernement sera vigilant à ce qu'on ne manque de rien pour réussir l'après-Fessenheim".
Il a cependant précisé qu'il n'annoncerait pas l'arrivée "d'une entreprise magique comme parfois ministre a pu le faire dans le passé". Ségolène Royal, ministre de l'Environnement de François Hollande, avait évoqué en son temps l'implantation à Fessenheim du constructeur de voitures électriques américain Tesla...

Calendrier affiché

Les deux réacteurs de 900 MW qui sont en service depuis 1977 sur les bords du Rhin devraient être mis à l'arrêt en 2018 ou 2019 au moment de l'entrée en service de l'EPR de Flamanville dans la Manche, une centrale de nouvelle génération, fin 2018.

Rappelons que le Conseil d'administration d'EDF avait voté au printemps dernier une motion soumettant la fermeture de la centrale de Fessenheim à certaines conditions... Notamment, EDF avait posé pour conditions que la fermeture de Fessenheim ne prendrait "effet qu'à la date de mise en service de l'EPR de Flamanville 3", actuellement prévue en 2019 après plusieurs reports.

Autre condition du leader français de l'électricité : la fermeture de la centrale alsacienne devait à ce moment-là être "nécessaire au respect du plafond légal de production nucléaire fixé à 63,2 GW en France"

Fin de partie

L'Etat pour sa part a publié au Journal Officiel du dimanche 9 avril 2017, le texte portant sur la "fin d'exploitation de l'installation nucléaire de base située sur la commune de Fessenheim"...

Ce décret abroge la demande d'autorisation d'EDF d'exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim. Il conditionne également la cessation d'activité "à compter de la date de mise en service de l'EPR de Flamanville 3, dès lors que cette abrogation est nécessaire au respect du plafonnement de la capacité nucléaire et que la mise en exploitation de l'EPR de Flamanville 3 intervient avant le 11 avril 2020".

63,2 GW maximum pour le nucléaire

Précisément, ce décret fixe pour la première fois une date de cessation d'activité pour au plus tard le 11 avril 2020... Toutefois, la centrale de Fessenheim sera arrêtée dès la mise en service de Flamanville. "L'autorisation d'exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim dont est titulaire la société EDF (...) est abrogée", indique l'Article 1er du Décret.

Ce décret va dans le sens politique des écologistes et de la transition énergétique... A savoir : il confirme à 63,2 GW, la capacité du parc nucléaire français. "Le décret est pris en application de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte qui institue le plafonnement de la capacité nucléaire installée à son niveau actuel de 63,2 GW".

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