Flamanville : le délai maximal de mise en service de l'EPR repoussé à 2024

Flamanville : le délai maximal de mise en service de l'EPR repoussé à 2024
EPR Flamanville Manche réacteur nucléaire EDF, photo prise en novembre 2009

Boursier.com, publié le vendredi 27 mars 2020 à 14h33

Le gouvernement a repoussé la date butoir de la mise en route de l'EPR de Flamanville à 2024. Le décret initial, signé en 2007, fixait à 10 ans le temps de construction.

C'est désormais officiel... Le gouvernement a fixé un nouveau délai maximal de mise en service de l'EPR de Flamanville, en construction dans la Manche. Le décret initial du 10 avril 2007 prévoyait un délai maximal de 10 ans. Un second, publié en mars 2017, avait rallongé le délai de construction à 13 ans, soit jusqu'à avril 2020.

Ainsi, le texte signé par le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre de la transition écologique et solidaire Elisabeth Borne indique que le nouveau décret publié ce vendredi "porte à 17 ans, au lieu de 13, le délai de mise en service de l'installation nucléaire de base dénommée Flamanville 3".

Cette annonce n'est pas une surprise. Pour rappel, le chantier avait pris du retard après la découverte de soudures défectueuses l'an dernier. Dans un communiqué publié à l'automne dernier, EDF avait alors indiqué que la mise en service de l'EPR ne pouvait être envisagée "avant fin 2022", soit avec trois ans de retard par rapport au calendrier déjà réaménagé par le gouvernement.

La facture atteint 12,4 milliards d'euros

Le groupe avait également affirmé devoir débourser 1,5 milliard d'euros supplémentaires pour les soudures. Le coût de l'EPR atteindrait actuellement 12,4 milliards d'euros, soit presque quatre fois plus que ce qui était prévu à l'origine du projet.

Dans un avis sur ce nouveau délai accordé par le gouvernement,l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a par ailleurs indiqué qu'elle n'avait pas encore donné son feu vert à la mise en service de l'EPR. Ce report "ne préjuge pas des conclusions de l'instruction en cours de la demande d'autorisation de mise en service de l'installation", a-t-elle affirmé.

Impact du Covid-19 ?

L'impact de la pandémie de coronavirus sur le chantier reste encore difficile à évaluer. Mi-mars, les deux réacteurs voisins de l'EPR ont activé leur plan pandémie, alors qu'ils sont à l'arrêt pour maintenance. Ce plan doit permettre à l'électricien de faire face, sur chacun de ses sites de production électronucléaire et hydraulique, à 40% d'absentéisme durant deux à trois semaines et à 25% jusqu'à 12 semaines.

Le chantier de l'EPR de Flamanville n'est pas totalement stoppé, mais un porte-parole du groupe avait indiqué qu'un ralentissement des travaux était à prévoir.

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