Ford lâche Blanquefort, Bruno Le Maire dénonce une "trahison" !

Ford lâche Blanquefort, Bruno Le Maire dénonce une "trahison" !
manif des salariés en 2017

Boursier.com, publié le vendredi 14 décembre 2018 à 07h54

Ford a finalement rejeté le projet de reprise de son usine de Blanquefort, en Gironde, malgré les efforts de Bercy sur ce dossier. Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, dénonce une "trahison" du groupe américain. 850 emplois sont menacés...

L'implication personnelle du ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, n'aura pas suffi à sauver l'usine Ford de Blanquefort, en Gironde, un site que le constructeur automobile américain souhaite quitter...

Jeudi, Ford a ainsi fait savoir qu'il rejetait finalement l'offre de reprise du groupe franco-belge Punch Powerglide, un fabricant de boîtes de vitesse automatiques, pour cette usine située non loin de Bordeaux. C'est donc l'hypothèse de la fermeture pure et simple du site qui est privilégiée, avec 850 pertes d'emplois potentiellement à la clé.

Plan social et arrêt de la production prévu en août 2019

Dans un communiqué publié jeudi, Ford Aquitaine Industries (FAI) a indiqué avoir "informé son comité d'entreprise avoir décidé de ne pas donner de suite favorable à la vente du site de FAI à l'acquéreur potentiel". Ford a ajouté avoir "présenté un plan social complet" pour un arrêt de la production du site prévu fin août 2019. FAI a assuré avoir "présenté un plan social complet qui comprend notamment un congé de reclassement d'une durée étendue à compter d'octobre 2019".

Lors des questions d'actualité au Sénat, Bruno le Maire a vivement réagi jeudi à cette annonce. Le ministre s'est dit "révolté" et "écoeuré", dénonçant la "trahison" et la "lâcheté" du constructeur automobile américain. "Je suis révolté, je suis écoeuré, par cette décision qui ne se justifie que par la décision de Ford de faire monter son cours de Bourse", a-t-il dit...

"Mensonge" et "trahison"... Bruno Le Maire demande à Ford de réviser sa décision

"Je veux dénoncer le mensonge de Ford qui dit, dans ce communiqué, que l'offre de reprise n'est pas crédible alors que nous y travaillons depuis des mois", a encore dit Bruno Le Maire, pour qui la décision du constructeur constitue une "trahison" des 850 salariés de l'usine de Blanquefort.

"Je veux profiter de la représentation nationale pour appeler Ford solennellement à réviser sa décision et à accepter la reprise de Punch, qui garantit l'avenir du site industriel de Blanquefort", a affirmé le ministre.

Un projet appuyé par l'Etat, les syndicat et les collectivités

Bruno Le Maire avait encore appelé mardi soir le constructeur américain à accepter le projet de reprise de la société franco-belge Punch Powerglide, qui devait préserver 400 emplois. Les syndicats de Ford Blanquefort avaient eux aussi appuyé ce plan, en acceptant un gel de salaire pendant trois ans, la perte de trois jours de RTT et une modulation du temps de travail.

L'Etat, la région Nouvelle-Aquitaine et la métropole de Bordeaux devaient apporter un "soutien financier de 15 millions d'euros" à ce projet industriel.

En octobre, sous la pression du gouvernement, Ford avait accepté de suspendre sa décision de fermer son usine en Gironde, quelques heures seulement après avoir pourtant confirmé son refus du plan de reprise de l'équipementier belge Punch Powerglide.

Un plan social préférable à un projet de reprise incertain ?

Fin novembre, Ford avait allongé le délai pour prendre sa décision jusqu'au 10 décembre. Le groupe américain indiquait alors être "prêt à envisager toute amélioration substantielle du business plan proposé jusqu'au 10 décembre prochain", assurant que "les discussions, rigoureuses et détaillées, se poursuivent avec l'acquéreur potentiel et avec le soutien du gouvernement français".

Mais jeudi, Ford a finalement jugé que "malgré les discussions rigoureuses et approfondies des neuf derniers mois, et les meilleurs efforts fournis par chacune des parties, le plan proposé par le repreneur potentiel présente des risques significatifs" d'échec et de pertes d'emplois par la suite... Ford estime ainsi qu'un "plan social est préférable à un projet de reprise" que le groupe juge fragile depuis le départ...

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