Ford : le PSE validé, l'usine de Blanquefort fermera cet été

Ford : le PSE validé, l'usine de Blanquefort fermera cet été©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 05 mars 2019 à 10h05

"Nous avons conscience des répercussions importantes que le choix de mettre fin à la production de Ford Aquitaine Industries (FAI) aura sur nos salariés, leurs familles et sur la communauté locale", déclare Ford dans un communiqué.

C'était le dernier obstacle légal à la fermeture du site industriel... Le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) présenté par Ford pour l'usine de Blanquefort (Gironde) a été homologué lundi soir par les pouvoirs publics. L'usine de boîtes de vitesse automatiques, qui emploie 850 personnes, devrait donc mettre la clef sous la porte au mois d'août, conformément aux voeux du constructeur automobile américain.

"Nous avons conscience des répercussions importantes que le choix de mettre fin à la production de Ford Aquitaine Industries (FAI) aura sur nos salariés, leurs familles et sur la communauté locale", déclare Ford dans un communiqué. "Nous saluons l'étape importante franchie aujourd'hui par l'acceptation du plan social de FAI par la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi)", qui permet de "lever une partie des incertitudes qui pesaient sur nos employés quant à leur avenir", ajoute l'entreprise.

Elle précise que son plan social comprend "un plan reclassement et de retraite anticipée de même que des mesures visant à aider les salariés à retrouver un emploi (...)".

Les offres de Punch toutes rejetées

L'administration avait rejeté le 28 janvier un premier PSE en "pointant la non-conformité de la procédure au regard des éléments de droit attendus". Le seul repreneur de l'usine en lice, le groupe belge Punch, a vu la dernière mouture de son plan de reprise définitivement refusée par le groupe américain lundi dernier, mettant fin à l'espoir de sauver 400 emplois.

Le ministre de l'Economie et des finances, Bruno Le Maire, qui avait soutenu le plan Punch, avait alors dit regretter que cette offre n'ait pas été acceptée et avait fustigé l'attitude de Ford selon lui "indigne d'un grand groupe industriel".

Réindustrialiser le territoire

Un dispositif spécifique d'accompagnement va être mis en place pour les 850 salariés du site industriel de Ford à Blanquefort (Gironde), selon la promesse faite vendredi en Gironde par Emmanuel Macron. Le président a dénoncé au passage une nouvelle fois le "cynisme" du constructeur automobile américain.

Bruno Le Maire a précisé dans 'Le Parisien' qu'il avait demandé à Ford d'affecter 20 millions d'euros "à la réindustrialisation du territoire" et que le groupe devait donner une réponse "en début de semaine".

"J'ai dit que Ford devait payer"

Interrogé mardi matin sur Radio Classique, Bruno Le Maire a indiqué avoir "bon espoir" d'obtenir cette somme. "Nous avançons. J'ai bon espoir d'avoir une réponse positive de Ford. J'ai dit que Ford devait payer. Ford paiera pour son départ. Ford a refusé d'avoir une reprise par Punch (...) qui aurait pu maintenir l'activité industrielle sur le site. Ford doit maintenant payer ce qu'il doit aux salariés, aux sites et aux territoires."

Pour la CGT, désormais, la priorité, au travers d'un groupe de travail qui devrait rapidement se mettre en place avec les collectivités territoriales, l'Etat et l'intersyndicale, "c'est de trouver des solutions concrètes pour remettre de l'activité sur le site, à court terme". "L'Etat et les pouvoirs publics doivent élaborer une stratégie industrielle, cela passe par reprendre le contrôle de l'usine, de son parc machine, surtout ne pas le laisser à Ford", a estimé l'organisation syndicale.

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