Frais d'incidents bancaires : 420 millions d'euros indûment prélevés chaque année, selon l'UFC-Que Choisir

Frais d'incidents bancaires : 420 millions d'euros indûment prélevés chaque année, selon l'UFC-Que Choisir
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Boursier.com, publié le jeudi 02 juillet 2020 à 16h22

L'association de consommateurs dénonce "la manne des doublons de frais de rejet de prélèvement indûment prélevés, qui se montent à 420 millions d'euros par an"...

"Au moins 420 millions d'euros à rembourser !"... Alors que le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a dit vouloir renforcer l'encadrement des frais d'incidents bancaires, l'UFC-Que Choisir a dénoncé ce jeudi "la manne des doublons de frais de rejet de prélèvement indûment prélevés" par les banques françaises.

"Ponctionnés par la banque lorsqu'elle refuse le paiement d'une créance (la facture d'un fournisseur de gaz, par exemple) en raison d'un manque de provision sur le compte", les ménages fragiles "sont facturés 20 euros en moyenne" chaque année, selon les estimations de l'association de consommateurs.

Or, si un nouvel ordre de prélèvement intervient dans les 10 jours, sans que le compte n'ait été alimenté entre temps, la banque prélève à nouveau ces frais, poursuit l'UFC-Que Choisir, qui estime ainsi que cette "manne" pourrait atteindre "au moins 420 millions d'euros pour la seule année 2018".

Le budget des ménages "davantage" fragilisé

L'association, qui dénonce depuis des années des prélèvements de frais d'incidents bancaires excessifs, a ainsi appelé le gouvernement à imposer des règles plus sévères aux banques, surtout en cette période de crise sanitaire qui "fragilise encore davantage le budget" des ménages.

"S'il ambitionne réellement de prévenir la fragilité financière, le gouvernement ne peut s'abstenir d'encadrer efficacement la tarification des frais d'incidents bancaires", a-t-elle estimé, précisant que ces ponctions infligées, notamment en cas de découvert, rapporteraient aux banques 6,7 milliards d'euros chaque année.

Des marges "exorbitantes"

Alors que "les consommateurs ne peuvent faire jouer la concurrence sur ce champ de la tarification", les banques s'assurent des marges "exorbitantes" estimées à 86% en moyenne, ajoute l'UFC-Que Choisir, qui appelle à imposer aux banques une application réellement élargie du plafonnement.

En cours d'examen par le Conseil d'Etat, un décret à ce sujet doit être publié en début de semaine prochaine. Ce texte doit définir précisément les populations éligibles aux offres bancaires plafonnées. Selon 'Le Parisien', qui pu consulter ce document, un client pourra être désormais considéré comme fragile s'il accumule "cinq irrégularités ou incidents de paiement au cours d'un même mois". Le gouvernement prévoit ainsi d'élargir d'au moins 15% le nombre de bénéficiaires des offres plafonnées...

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