France / Allemagne : connaissez-vous le jeu des sept erreurs ?

France / Allemagne : connaissez-vous le jeu des sept erreurs ?
Bundesbank banque centrale allemagne

Boursier.com, publié le mardi 19 décembre 2017 à 01h20

Des PME plus puissantes, des comptes publics mieux tenus... L'Allemagne est-elle vraiment un meilleur élève en Europe que sa voisine la France ? Pas forcément, estime Allianz-Euler Hermes dans une étude publiée ce vendredi. Ses auteurs s'attachent à démonter quelques clichés.

Le premier d'entre eux concerne le nombre de naissances en France, qui rendrait son potentiel de croissance plus élevé que celui de l'Allemagne. Faux, estime cette enquête, qui rappelle qu'"avoir un meilleur taux de fertilité, et donc plus de capital humain à disposition, ce n'est pas suffisant. Les forces vives supplémentaires doivent être employées pour tirer la croissance économique vers le haut".

Austérité

Cliché numéro 2 : "La productivité du travail est meilleure en France qu'en Allemagne car la France recense plus de chômeurs". Là aussi, il s'agit d'une erreur, selon Euler Hermes, puisque après correction de l'effet de sous-emploi, la France dépasse toujours l'Allemagne en matière de productivité de +1,4% (+5% avant correction).

La troisième erreur concerne l'austérité budgétaire, de réputation plus forte en Allemagne qu'en France. Pourtant, depuis 2013, les dépenses publiques françaises n'ont cru que de +6%, soit plus de deux fois moins qu'en Allemagne (+13,6%).

Quatrième cliché : "La France a perdu la bataille de la compétitivité face à l'Allemagne". C'est faux, selon cette étude, car entre 2012 et 2017, le coût unitaire de la main d'oeuvre allemande a cru de +9%, soit près de trois plus qu'en France (+3,4%).

PME plus solides ?

L'idée reçue numéro cinq consiste à affirmer que les PME allemandes sont plus performantes que les françaises. "Les marges bénéficiaires (bénéfice net/chiffre d'affaires) des PME françaises s'élèvent à 3,1% contre 2% en Allemagne. Le rendement du capital investi est de 22,4% pour les PME françaises, contre 15,3% en Allemagne.

Avantage France également au niveau de la trésorerie, avec un ratio flux de trésorerie/chiffre d'affaires qui s'élève à 4,9% pour les PME françaises contre 4,1% pour les allemandes", rectifient les auteurs de cette étude.

Euler Hermes et Allianz montrent aussi que la France n'est pas le partenaire commercial principal de l'Allemagne... Si l'Allemagne est bien le premier partenaire de la France, cristallisant 16,5% des exportations et importations françaises de biens, outre-Rhin, la France n'est que le second partenaire commercial après la Chine, la deuxième destination d'export derrière les Etats-Unis, et le troisième fournisseur derrière la Chine et les Pays-Bas.

"Parce qu'elle croît plus vite que la France, l'Allemagne devrait investir plus que la France", selon le dernier cliché mis en avant dans cette enquête... C'est pourtant faux, car en 2016, le ratio investissement/PIB était de 22% pour la France et de 20% pour l'Allemagne. Que ce soit dans le public ou dans le privé, la France a un ratio d'investissement plus important que l'Allemagne (de +1,3 point et +1 point respectivement).

Vos réactions doivent respecter nos CGU.