France : près de 35% des entreprises fragilisées par des retards de paiement

France : près de 35% des entreprises fragilisées par des retards de paiement
les entreprises sont de plus en plus nombreuses à engager des politiques en faveur du développement durable.

Boursier.com, publié le vendredi 21 février 2020 à 16h44

Ces retards augmenteraient les risques de défaillance si les délais dépassent un certain seuil, indique un rapport de la Banque de France.

La Banque de France a fait les comptes... D'après un bulletin publié ce vendredi, près d'un tiers des entreprises implantées en France (34,7%) ont subi des retards de paiement sur la période étudiée, soit entre 2014 et 2017. Les délais de paiement accordés aux clients exposeraient "les fournisseurs à des problèmes de trésorerie" et sont "susceptibles de les mettre financièrement en difficulté", précise l'institution.

Dans le détail, "les retards de paiement clients créent un risque d'accroissement de la probabilité de défaillance de près de 25% en moyenne par rapport à la probabilité de défaillance des entreprises dont les délais clients sont sous le plafond légal de 60 jours", peut-on lire dans le rapport.

La banque centrale estime toutefois que "seules 8 entreprises défaillantes sur 100 sont potentiellement exposées à ce risque, dont les trois quarts à cause de retards supérieurs à 30 jours". "Néanmoins, si les retards prennent de l'ampleur, tous les types d'entreprises sont concernés, quelles que soient leur taille, leur ancienneté ou leur situation financière", ajoute-t-elle.

Une véritable "culture" du retard de paiement ?

Pour rappel, la loi de modernisation économique (LME) de 2008 avait en effet permis d'instaurer un plafond légal fixé à 60 jours, contre 90 auparavant. Cette mesure n'a donc pas suffi à endiguer le problème.

Le think tank Terra Nova, qui s'était d'ailleurs penché sur la question, avait d'ailleurs évoqué une véritable "culture du retard de paiement", et ce malgré la mise en place, ces dernières années, d'un cadre juridique renforcé. "Véritables leviers de croissance pour l'économie et l'emploi", les PME seraient les premières à en souffrir, avait ainsi révélé le centre de réflexion dans une note publiée en octobre dernier.

Selon Terra Nova, les entreprises victimes de ces retards se retrouveraient dans "l'incapacité d'agir pour préserver la relation commerciale qu'elles entretiennent avec leurs clients, et ce particulièrement lorsque le rapport de force de marché joue en leur défaveur".

Tendance baissière

"Les acteurs à l'origine des retards de paiement, majoritairement les grandes entreprises et les acheteurs publics (collectivités locales, hôpitaux, etc.), doivent intégrer les bénéfices globaux que pourraient engendrer des pratiques plus rigoureuses en la matière", a ajouté le think tank.

Dans son rapport, la banque centrale fait toutefois remarquer que la proportion d'entreprises ayant été confronté à ce problème a tendance à baisser sur la période s'étalant entre 2004 et 2017. En effet, entre 2004 et 2008, la part des établissements ayant subi un retard supérieur à 90 jours est estimée à 20,5%, contre 15,6% entre 2009 et 2013 et 14,5% entre 2014 et 2017. La tendance est la même pour les retards de 60 à 90 jours.

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