France Telecom et son ancien PDG condamnés pour harcèlement moral

France Telecom et son ancien PDG condamnés pour harcèlement moral©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 20 décembre 2019 à 12h31

Ce délibéré clôt un procès long de deux mois, durant lequel les différentes parties ont tenté de faire la lumière sur les pratiques managériales en vigueur au sein de l'opérateur historique français au cours des années 2000.

France Telecom a été condamné vendredi pour "harcèlement moral", une première pour une entreprise de cette envergure. Son ancien PDG Didier Lombard écope de la même sanction dans l'affaire déclenchée par une vague de suicides de salariés il y a un peu plus de 10 ans.

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné l'ancien dirigeant à un an de prison, dont huit mois avec sursis, et 15.000 euros d'amende et le groupe, rebaptisé Orange en 2013, à 75.000 euros d'amende pour des faits datant de 2007 et 2008.

A l'exception du sursis, les juges ont prononcé les peines maximales, suivant en cela les réquisitions du ministère public. L'ex-directeur des opérations de France Telecom Louis-Pierre Wenes, qui fut le bras droit de Didier Lombard, et le directeur des ressources humaines de l'époque, Olivier Barberot, ont écopé des mêmes peines que Didier Lombard.

Quatre autres anciens dirigeants ont été déclarés coupables de complicité de harcèlement moral et condamnés à quatre mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende.

Orange a indiqué dans la foulée qu'il ne ferait pas appel de cette condamnation.

Le procès a duré deux mois

Ce délibéré clôt un procès long de deux mois, durant lequel les différentes parties ont tenté de faire la lumière sur les pratiques managériales en vigueur au sein de l'opérateur historique français au cours des années 2000.

Les juges d'instruction avaient retenu 39 cas individuels - près de 20 suicides, des tentatives et des dépressions - qui ont été passés en revue à l'audience. Des dizaines de témoins, experts, anciens salariés et proches de personnes qui se sont suicidées ont pris la parole au cours des débats.

Les faits reprochés se sont déroulés alors que l'entreprise mettait en oeuvre un plan visant à réduire les effectifs de 22.000 personnes et à en transférer 10.000 autres. Pressions sur les agents, mutations forcées, et contrôles tatillons étaient notamment au programme pour les salariés. Ces pratiques, signes d'une "banalisation du mal", répondaient à une "logique financière", a accusé la procureure Françoise Benezech lors du réquisitoire prononcé le 5 juillet.

Les prévenus ont contesté les faits et défendu la légitimité de leur plan.

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