Fraude bancaire : des clients de moins en moins remboursés, alerte l'UFC-Que Choisir

Fraude bancaire : des clients de moins en moins remboursés, alerte l'UFC-Que Choisir
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Boursier.com, publié le jeudi 22 octobre 2020 à 11h06

Selon une enquête de l'UFC-Que Choisir, 30% des fraudes à la carte bancaire n'ont pas été remboursées par les banques cette année, soit 4 points de plus que l'année précédente...

"Les consommateurs font toujours plus les frais de fraudes"... C'est en effet ce qu'affirme l'UFC Que Choisir dans son enquête dévoilée ce jeudi. Après avoir effectué un sondage auprès de 1.535 consommateurs victimes de fraude au cours des 12 derniers mois et abonnés à sa newsletter, l'association de défense de consommateurs révèle que près d'un tiers des victimes de fraudes n'ont pas été remboursées par leur établissement bancaire.

Ce résultat inquiète, selon l'UFC-Que Choisir, car la situation ne cesse de s'aggraver. Au total, 30% des fraudes à la carte bancaire n'ont pas été remboursées par les banques cette année, soit 4 points de plus que l'année précédente. Les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur faisaient état, quant à eux, d'un taux de non-remboursement de 20% au titre de l'année 2019.

"En conséquence, et devant le risque accru d'escroqueries, l'association saisit les pouvoirs publics pour obtenir enfin le plein respect des droits des consommateurs", a indiqué l'association, qui rejette le premier motif utilisé par les établissements pour ne pas rembourser les consommateurs : "les accusations de négligence".

Une sécurité renforcée

En effet, pour l'UFC-Que Choisir, "dans la grande majorité des cas, cet alibi ne tient pas la route". Depuis septembre 2019, le recours aux codes à usage unique comme moyen d'authentification sur internet n'est plus jugé suffisant. Un mot de passe ou un système de reconnaissance digitale doivent désormais être utilisés, et selon l'enquête, seuls 46% des consommateurs sont d'ailleurs équipés d'un "dispositif d'authentification forte".

"Par conséquent, comme l'a confirmé le gouverneur de la Banque de France à la demande de l'UFC-Que Choisir, les banques qui continuent de n'utiliser que cette seule technique obsolète ne peuvent plus invoquer la négligence de leurs clients pour refuser de les rembourser", souligne l'association.

L'enquête note également que le délai moyen de remboursement s'est allongé de 4 jours pour atteindre 25 jours, "un comble alors qu'il devrait intervenir, selon la loi, au plus tard le premier jour ouvré suivant le signalement de la fraude".

Des fraudes liées au "sans contact"

Ces fraudes concernent pour la plupart des paiements "sans contact" et des paiements effectués en ligne, qui ont fortement progressé durant le confinement. "Pourtant, la sécurité de cette technologie est préoccupante puisqu'elle expose à des fraudes plus nombreuses et de montants plus élevés. Pire, faire opposition à sa carte bancaire en cas de vol ne permet pas d'y échapper", affirme l'association.

D'autant plus que lors du déconfinement, "les consommateurs se sont vu imposer une augmentation systématique du plafond du paiement 'sans contact' à 50 euros, sans pouvoir s'y opposer". "En effet, tant que le plafond de paiements sans contact successifs n'est pas atteint (jusqu'à cinq opérations ou un montant cumulé de 150 euros), cette fonction demeure utilisable, puisque le code secret n'est pas demandé et que la carte n'a pas à se connecter au réseau de la banque émettrice", explique l'UFC Que Choisir.

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