GB: May met en garde les députés, à deux jours du vote sur l'accord de Brexit

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Manifestation pro-Brexit soutenue par l'Ukip (Parti pour l'indépendance du Royaume Uni) à Londres le 9 décembre 2018
Manifestation pro-Brexit soutenue par l'Ukip (Parti pour l'indépendance du Royaume Uni) à Londres le 9 décembre 2018
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© AFP, Adrian DENNIS

AFP, publié le dimanche 09 décembre 2018 à 17h09

La Première ministre Theresa May a prévenu dimanche les députés britanniques que le rejet de l'accord de Brexit lors du vote historique prévu mardi au Parlement ferait courir le "risque très réel" d'un maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne.

Les députés britanniques se prononceront mardi soir sur ce " Traité de retrait" de l'UE, âprement négocié durant 17 mois avec Bruxelles, mais dont l'adoption par la chambre des Communes semble très compromise en raison des multiples critiques dont il fait l'objet, dans les rangs des conservateurs de Theresa May comme des autres partis.

Le texte déçoit tant les plus fervents "Brexiters", qui craignent un amarrage permanent du Royaume-Uni à l'UE, que les europhiles espérant encore pouvoir faire marche arrière.

A deux jours de ce vote à haut risque pour son propre avenir aux commandes de l'exécutif, la Première ministre a de nouveau mis en garde contre les conséquences d'un rejet, dans une interview au journal Mail On Sunday.

"Cela signifierait, a-t-elle déclaré, une grave incertitude pour le pays, avec un risque très réel de ne pas avoir de Brexit, ou de quitter l'Union européenne sans accord".

Ce maintien dans le club européen évoqué par la dirigeante pourrait découler d'un nouveau référendum sur l'UE, une hypothèse exclue par le gouvernement mais qui gagne du terrain au Royaume-Uni, et qu'un rejet de l'accord pourrait pousser un peu plus.

- 'Un bon accord ' -

S'adressant plus particulièrement aux parlementaires conservateurs prêts à enterrer le traité, la dirigeante a agité la menace de nouvelles élections législatives, et d'une éventuelle victoire de Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d'opposition.

"Nous avons un chef de l'opposition qui ne pense qu'à essayer de déclencher des élections générales, peu importe ce que cela coûterait au pays", a-t-elle dit, ajoutant que l'arrivée de M. Corbyn au pouvoir était "un risque que nous ne pouvons pas nous permettre".

Theresa May s'est par ailleurs entretenue par téléphone avec le président du Conseil européen Donald Tusk, a annoncé ce dernier sur Twitter, en soulignant à quel point la semaine à venir serait "importante pour le destin du Brexit".

Face à la perspective d'un échec cuisant mardi devant les Communes, la Première ministre se préparerait à se rendre en urgence à Bruxelles pour tenter d'obtenir d'ultimes concessions, quitte à reporter le vote, rapportait le journal The Sunday Times.

"Le vote aura bien lieu" mardi, a toutefois assuré le ministre du Brexit Stephen Barclay, envoyé dimanche au front sur le plateau de l'émission The Andrew Marr Show, sur la BBC, pour défendre l'accord.

"C'est un bon accord , c'est le seul accord", a-t-il martelé, usant de la maxime "le mieux est l'ennemi du bien" pour dénoncer les critiques visant le traité, qui a encore provoqué une nouvelle démission au sein de l'exécutif, celle de Will Quince, un haut responsable du ministère de la Défense.

- 'Theresa May, traîtresse' -

Evoquant d'autres possibles démissions avant le vote de mardi, le Sunday Telegraph décrivait un gouvernement en voie de "désintégration", et de potentiels successeurs de Theresa May déjà dans les starting-blocks, à commencer par l'un de ses principaux rivaux, Boris Johnson, ex-chef de la diplomatie britannique et défenseur d'un Brexit sans concession.

Interrogé sur la possibilité qu'il se déclare ouvertement en cas de rejet de l'accord, ce dernier a botté en touche dimanche sur la BBC, se contentant d'indiquer qu'il "continuerait", quelle que soit l'issue du vote de mardi, "à oeuvrer" pour sa vision du divorce.

Le débat sur l'accord faisait rage aussi dans les rues de Londres dimanche, avec une marche pro-Brexit menée par Tommy Robinson, une figure de l'extrême droite britannique, et soutenue par l'Ukip, le parti europhobe.

"Theresa May, traîtresse", pouvait-on lire sur des pancartes de participants, tandis qu'une contre-manifestation avait lieu simultanément dans la capitale britannique.

Les partisans d'un nouveau référendum se sont eux réunis dans une salle de spectacle. "Redonnons l'espoir au peuple et arrêtons ce terrible Brexit", a déclaré, parmi plusieurs intervenants, le député travailliste Stephen Doughty.

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